Guillard : « Heureux de retrouver ma famille »

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    Guillard : « Heureux de retrouver ma famille »
Publié le , mis à jour

À partir de dimanche, le truculent Philippe Guillard est de retour dans la grande famille du rugby. Après une parenthèse de quatre années consacrées au cinéma, il revient sur l’antenne de Canal +, tous les dimanches aux côtés d’Isabelle Ithurburu et Sébastien Chabal, pour présenter le Canal Rugby Club.

Qu’est ce qui vous a convaincu de revenir à vos premières amours ?

D’abord, c’est la volonté et l’enthousiasme d’Isabelle (Ithurburu, N.D.L.R.), de Sébastien (Chabal) et Éric (Bayle) lorsqu’ils m’ont proposé ce rôle dans le Canal Rugby Club. Ensuite, c’est aussi ma volonté, après quatre ans consacrés uniquement au cinéma, de revenir à ce que je faisais avant. Parce que le rugby me rattache à la terre et me permet de garder les pieds au sol. Ma vraie famille, c’est le rugby. Canal, c’est l’endroit où les poignées sont solidement fixées sur les murs et sur les portes. Je suis donc très heureux de retrouver ma famille.

Justement après cette parenthèse de quatre ans loin du rugby, votre regard sur ce sport a-t-il évolué ?

Je me retrouve complètement dans ce que j’ai vécu il y a quatre ou cinq ans. À cette période, les mecs étaient encore joueurs et plutôt enclins à l’autodérision. Le décalage était possible. Je pense donc que cela n’a pas trop changé. Maintenant, ne me demandez pas si cela correspond encore au rugby que moi j’ai connu lorsque je jouais. Ça, non. On en est loin et c’est assez normal. Heureusement pour le rugby. Si les joueurs de l’équipe de France faisaient autant de bringues et de troisièmes mi-temps que nous en faisions, ce n’est pas soixante-deux points qu’ils auraient pris par les Blacks, c’est cent vingt-sept (rires). Mais franchement, le rugby d’aujourd’hui me plaît. Quand je vois les essais et le jeu pratiqué, non pas par l’équipe de France malheureusement, durant cette Coupe du monde, je trouve que le rugby évolue vers un beau spectacle. Pour moi, c’est du rugby à VII, mais pratiqué à XV. Quand je vois les Argentins, les Blacks et même les Japonais, je me régale. Trouvez-moi un vieux joueur qui aujourd’hui n’est pas séduit par le rugby pratiqué dans cette Coupe du monde. Si vous en trouvez un, il faut l’enterrer (rires).

Serez-vous le trublion du Canal Rugby Club comme vous avez pu l’être à une époque avec votre petit journal d’avant-match ?

À 54 ans, je n’ai plus vraiment l’âge de jouer les trublions. Disons qu’il y a des serveurs qui apporteront les petits fours. Moi, je vais essayer d’apporter des petits rires. Parce que, soyons clairs, mon expertise du rugby, elle ne sert à rien. Je n’ai jamais été un grand joueur de rugby. Je préfère donc rester dans le décalage. Je ne serai donc qu’un serviteur de l’émission pour que dans une émission très « canal » avec une expertise sérieuse, il y ait quand même du rire. C’est quelque chose qui fait du bien. Maintenant, pour le sourire, l’émission n’a pas besoin de moi. Il n’y a pas plus beau sourire que celui d’Isabelle (Ithurburu). Que ce soit Chabal ou moi, on ne pourra pas la concurrencer dans ce secteur.

Avant de reprendre une activité de consultant sur RMC durant la Coupe du monde, vous aviez confié que votre statut sur Canal +, à l’instant d’arrêter il y a quatre ans, ne vous convenait plus, faute de pouvoir bénéficier de votre liberté de ton. Avez-vous donc l’assurance d’avoir une totale liberté dans cette nouvelle émission ?

Ce n’est pas tout à fait ce que j’ai expliqué. En fait, je sentais qu’on commençait, à l’époque, à me demander d’aller plus vers l’info que vers le décalage. Je comprenais que l’homme de terrain d’aujourd’hui ne devait plus mettre en avant les sentiments qu’il pouvait avoir pour les joueurs. Or, j’étais embêté. Quand je voyais un mec qui réglait un compte avec un coup de poing ou un coup de boule, j’étais dans l’incapacité de le dénoncer. Par mon passé de joueur, je me disais qu’il y avait toujours une raison à ça. Je n’avais pas envie que les vestiaires se ferment. J’ai préféré arrêter plutôt que de me retrouver dans une situation ambiguë. Moitié, je te balance ; moitié, je suis copain avec toi. Aujourd’hui, je suis dans un rôle qui me convient parfaitement. Évidemment, le rugby a évolué et je ne vois pas comment je pourrai mettre Woodcock (pilier néo-zélandais) par exemple en slip léopard en train de courir dans la pampa pour tourner la pub « Royal Cali ». Ça, c’était une autre époque.

Arnaud Beurdeley
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