Robins Tchale-Watchou : «Nous sommes attendus au tournant »

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    Robins Tchale-Watchou : «Nous sommes attendus au tournant »
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Après avoir été les premiers à faire tomber le leader Clermontois cette saison, les Montpelliérains accueillent samedi (14h30) Toulouse, un autre cador du championnat. Un défi de taille pour les coéquipiers de Robins Tchale-Watchou, déterminés à triompher pour poursuivre leur série (4 succès consécutifs) malgré un premier turnover instauré.

L’équipe commence-t-elle à prendre goût à sa présence aux sommets, avec son actuelle seconde place du Top14 ?

Peut-être pas… On va dire qu’on apprécie, qu’on savoure. Pour y prendre goût, il faudra confirmer cet investissement et ces résultats dans les semaines, les mois à venir. Je disais jeudi, à mes partenaires à l’entraînement, qu’il ne fallait pas se voir plus beaux que ce que nous sommes. La réception de Toulouse va être compliquée. Il ne faut pas se dire qu’il y aura moins d’intensité ou d’investissement car nos adversaires font tourner pour voir et essayer des choses. Bien au contraire. Nous sommes désormais attendus au tournant, car on ne bénéficie plus de l’effet de surprise qu’il pouvait encore y avoir il y a trois semaines. Toulouse sait que ce sera difficile et alignera donc la meilleure équipe du moment. Car, à la fin, les victoires à l’extérieur vont compter.

De son côté, Montpellier va pour la première fois faire tourner son effectif (Paillaugue et Tchale-Watchou sur le banc. Mowen et Mas en vacances. Titularisations de Battut, N. White, J. du Plessis, Van der Linde et retour de Ouedraogo). Est-ce un nouveau défi à relever ?

Oui, pour le groupe dans son ensemble. Les joueurs qui vont évoluer ce week-end auront à charge de tout faire pour triompher, à l’image des mecs sélectionnés pour jouer à Toulon. Et les autres, qui s’assiéront en tribunes vont se dire qu’ils auront tout intérêt à faire mieux quand ils reviendront. Je pense que les coachs sont dans une dynamique typiquement anglo-saxonne. Ils veulent avoir un challenge permanent afin que les joueurs se surpassent constamment. Il n’y a pas spécifiquement de poste où il y a un élément incontestable. On va donc voir, demain et à Toulon, ce que nous sommes capables de faire dans cette configuration. Et d’envoyer aussi un signal à nos rivaux pour leur dire que nous sommes là et qu’il faudra compter sur nous.

Depuis son arrivée, Jake White a entamé un travail de fond sur l’état d’esprit du groupe. Aujourd’hui, votre formation dégage-t-elle une sérénité inconnue auparavant ?

Non, même si cela commence. On va dire qu’il (White, N.D.L.R) nous a fait comprendre que si nous voulions espérer gagner le Top14, nous devions être capables d’afficher de la régularité. C’est un discours qu’il martèle tout le temps. Il nous répète qu’aujourd’hui il est impossible de gagner ce championnat sans constance et sans la capacité de gérer une rencontre ou de triompher à l’extérieur. Et on voit les effets de ses paroles. Nous avons eu un passage à vide à Pau et on a ensuite réussi à mettre les choses dans l’ordre à Bordeaux. On se construit. Mais à mon avis, il est encore trop tôt pour dire que tout va bien. Après Toulouse et Toulon, on verra déjà sérieusement la tendance en termes de tempérament. Et ensuite, nous verrons comment nous arriverons à basculer sur la Challenge et à revenir au championnat. Cela va aussi compter.

Pour triompher de Toulouse, il faudra appliquer la même tactique et rendre une copie similaire à celle livrée contre Clermont ?

Au moins. On sait que Toulouse est une équipe joueuse et quand on la regarde évoluer, sans mettre d’intensité et d’agressivité, on a l’impression qu’ils jouent à sept avec des cadets ! Il faudra donc au minimum ces deux ingrédients. Tant que ce jeu s’appellera rugby, il y aura des incontournables. Aujourd’hui et peut-être plus que jamais, si tu n’es pas présent en conquête, en défense, sur le jeu au sol et si tu subis au contact, tu ne peux pas gagner. Il faut des moyennes qui dépassent les 60 % et de la discipline.

Votre regard sur le jeu très physique développé par votre équipe ?

Il faut être réaliste. Par le passé, on a souvent joué, on a fait de belles parties et à la fin, on avait la frustration d’avoir perdu. À un moment donné, on joue aussi pour gagner. C’est vrai qu’il n’y a peut-être pas les grandes envolées que nous avons connues avant, mais si cette tactique peut nous permettre d’avancer et de triompher, c’est aussi bien. Et au fond, la nature de notre championnat impose cela. Si tu veux finir dans le dernier carré, si tu veux faire la Coupe d’Europe, tu ne peux pas jouer constamment. C’est devenu quasiment impossible. Car qui dit jouer, dit s’exposer. Et tu ne peux pas te le permettre. Notre passif le démontre.

Pensez-vous alors avoir gagné en maturité ?

Effectivement. Je pense aussi que le fait que des joueurs de qualité, formatés comme ça, contribue à ce nouveau jeu. Ils nous amènent de la maturité. Après, il ne faut pas oublier que notre manager (White, N.D.L.R.) est un « général » aussi. Ici c’est comme à l’armée (sourire). Non, plus sérieusement, je voulais vous faire comprendre que nous ne sommes pas dans une classe de scoutisme et qu’il fallait avancer.

Propos recueillis par Julien Louis

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