Le jour où les Wallabies mirent les Bleus à genoux...

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    Le jour où les Wallabies mirent les Bleus à genoux...
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Avant d’être au sommet du rugby mondial, l’Australie fut une nation mineure. Et un jour, les Wallabies mirent le feu au rugby français en venant gagner contre les Bleus à Toulouse...

« Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… » N’en déplaise à Charles Aznavour, nous réécrirons son texte pour évoquer un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître. Le temps où l’Australie n’était qu’une nation mineure du rugby mondial, et luttait face à leurs voisins et rivaux néo-zélandais, mais aussi contre les nations majeures de l’hémisphère Nord comme le pays de Galles, l’Écosse, l’Angleterre et… la France, bien sûr. Par exemple, les Australiens ont attendu trente ans avant de remporter leur première série de tests contre l’Afrique du Sud : en remportant deux tests sur trois en 1964, ils ont ainsi vaincu un signe indien qui les poursuivaient depuis 1934, année de leur première opposition contre les Boks. L’année suivante, en 1965, les Iles britanniques vinrent infliger une véritable leçon aux Wallabies, avec un cinglant 31-0 encaissé à Bribane. Déjà humiliant aujourd’hui, il faut souligner qu’à l’époque les scores n’atteignaient jamais de tels écarts. La défaite encaissée ce jour-là par les Wallabies valait largement le 62-13 administré par les Blacks à nos Bleus en quart de finale…

Flagrand délit de suffisance

Mais plus une série dure, plus on s’approche de sa fin. Et les Australiens finirent par prendre leur revanche, contre les Bleus à Toulouse. C’était le 20 novembre 1971. Ce jour-là, les hommes du capitaine montois Benoit Dauga recevaient des Wallabies qui n’avaient pas gagné en France depuis le 22 janvier 1928 et un match organisé au mythique stade de Colombes (11-8). Pire, ils venaient de perdre à Limoges contre une sélection de joueurs français issus de la seconde division. L’équipe, avec un pack rugueux composé d’Iraçabal, Yachvili, Cester, Biémouret et du très technique Claude Spanghero avait de quoi concasser n’importe quel adversaire. Derrière, les esthètes Bérot, Trillo et Villepreux devaient donner le tournis aux Wallabies. Il n’en fut rien. Faciles vainqueurs de la première mi-temps (11-6 à la pause) avec deux essais de Skrela et Bertranne, les Bleus croyaient que le travail était fait. Mais les Wallabies remirent la main sur le match, à mesure qu’ils récoltèrent trois ballons en mêlée fermée sur introduction française (impensable, à l’époque) et dans les rucks grâce au travail de leur attelage Butler-Gregory. L’ailier Cole traversa le rideau bleu, et servi le centre du Queensland L’Estrange pour que ce dernier signe un doublé. Vexés d’être vaincus, les Bleus perdirent leur sang-froid, et la rencontre fut émaillée de plusieurs bagarres. La semaine suivante, les Tricolores prirent leur revanche à Colombes contre ces mêmes Wallabies (18-9), et retrouvèrent une partie de leur fierté…

Simon Valzer
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