1987 : Kirwan, tout puissant

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    1987 : Kirwan, tout puissant
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Bien en avance sur son temps, John Kirwan est devenu un dieu vivant au pays du long nuage blanc. Auteur d’un superbe essai en finale face aux Bleus, l’ailier aux mensurations herculéennes a traversé cette première édition du Mondial à pas de géant.

En 1987, le rugby n’est pas encore devenu l’incroyable machine à cash qu’il est aujourd’hui. Les caméras de télévision sont réduites à leur portion congrue. Les dirigeants du rugby mondial ne s’embarrassent pas alors avec les apparences. Cette première finale de l’histoire du Mondial semble tout droit sortie de l’une des scènes représentées par Auguste Renoir dans sa partie de campagne. Elle se déroule dans le décor champêtre de l’Eden Park d’Auckland. Sa pelouse grasse et sa route départementale en guise de décor derrière les poteaux. Le haka des origines n’a rien à voir non plus avec la terrible danse guerrière effectuée de nos jours par 23 terrifiants guerriers en transe et aux yeux exorbités. La chorégraphie se veut beaucoup plus pacifique. Le rythme d’exécution beaucoup plus lent.

Un précurseur

Et le jeu dans tout ça ? Moins spectaculaire et organisé, il offre toutefois une plus grande place à l’inspiration géniale des joueurs. Cette équipe originelle des All Blacks ne manque pas de talent d’improvisation. Le grand moment de cette finale entre Français et Néo-Zélandais reste l’essai inscrit par John Kirwan venu parachever un superbe mouvement initié par le remuant David Kirk au ras d’un regroupement.

Du haut de ses 1,92 m pour 92 kg, JK est un colosse pour son époque. L’Aucklandais préfigure ce que seront les ailiers modernes et ses dignes successeurs sous le maillot à la fougère argentée comme Jonah Lomu et Julian Savea. Puissant comme un troisième ligne, l’ailier aux épis de blés dorés est aussi vif que la foudre. JK est l’arme fatale des Blacks en attaque. Quand il est lancé, « JK bowling » est inarrêtable et renverse tout sur son passage. Éventrer les défenses adverses est pour lui un jeu d’enfant. Pierre Berbizier et Philippe Sella ont pu le vérifier à leurs dépens. Ils ont désespérément tenté de s’accrocher à ses basques. Mais malgré tout leur courage, ils n’ont pas pu arrêter la marche de JK vers la terre promise.

Jérôme Fredon
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