Paris n’est plus champion

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    Paris n’est plus champion
Publié le , mis à jour

Assumer un titre de champion de France, ce n’est apparemment pas si simple. Pour affronter l’ASM Clermont-Auvergne, le Stade français a décidé de mettre de côté son statut magnifiquement acquis l’an passé sur trois rencontres de phase finale, pour retrouver un peu de sérénité et s’éviter une pression jugée inutile.

De prime abord, ce nouvel épisode des affrontements entre le Stade français et Clermont, c’est David contre Goliath. D’un côté, une équipe de l’ASM qui compile les victoires et enfile les points de bonus offensifs, une équipe en pleine confiance, sûre de son jeu, de son identité technique. Une équipe qui marche, comme souvent au cours de la saison régulière, sur le Top 14, avec son effectif pléthorique qui lui permet d’assurer une rotation permanente sans pour autant affecter la performance collective. De l’autre, les parisiens qui présentent un bilan comptable famélique (2 victoires pour cinq défaites), un jeu à des années-lumière de celui affiché au printemps dernier et une infirmerie susceptible de concurrencer le taux de remplissage d’un concert des Rolling Stones. Trois paramètres fréquemment associés à un climat de crise. D’aucuns imaginent Paris à feu et à sang si toutefois les Auvergnats venaient à enfoncer la tête des « parigots » un peu plus au fond du seau. Pourtant, rien n’est sûr.

Dans les têtes parisiennes, tout est clair. « Si on perd, vous pourrez alors commencez vraiment à écrire que l’on joue le maintien », assure le directeur général Pierre Arnald. Mais pour l’instant, du côté de Jean-Bouin, on s’en tient au classement britanniques qui n’a rien d’alarmant. Une défaite à domicile (contre Toulon) contre zéro victoire à l’extérieur. Certes, le bilan est déficitaire, mais pas catastrophique. Surtout, l’an passé, alors que les Soldats Roses ont été sacrés champions de France, ils avaient, avant cela, été battus à trois reprises sur leur pelouse de la porte de Saint-Cloud (Oyonnax, Grenoble et Toulouse). A plusieurs reprises, ils avaient également encaissés de lourdes défaites à l’extérieur (Clermont, Brive...). Mais ils avaient su pratiquer leur meilleur rugby au meilleur moment...

Pour autant, lundi matin lorsque les Parisiens se sont retrouvés dans l’intimité de leur vestiaire du stade Jean-Bouin après un nouveau week-end sans victoire, Gonzalo Quesada a envoyé un message fort à ses troupes. Changement de décor. En substance, le technicien argentin a demandé à ses joueurs d’oublier le titre de champion de France. Sans doute, le statut est-il un peu encombrant pour certains joueurs, aujourd’hui inhibés par la pression. En fin connaisseur de la nature humaine, le directeur sportif Gonzalo Quesada a donc changé son discours dans le cadre de la préparation de cette rencontre jugée « hautement capital » par les dirigeants parisiens. Le titre de champion de France ? « Aujourd’hui, nous ne sommes plus champion de France, assure le demi d’ouverture Jules Plisson. Nous sommes douzièmes, presque relégable. C’est avec ça en tête que l’on doit jouer. » Le couteau autant sous la gorge qu’entre les dents. Les Parisiens se sont préparés mentalement en conséquences. Ils savent que ce match contre l’ASM Clermont-Auvergne peut marquer un véritable tournant dans leur saison. Une victoire sur les Jaunards et ils auront quinze jours de bonheur à retrouver la grande Coupe d’Europe, la « Champions Cup » tant fantasmée pendant ces cinq années de disette. Quinze jours pour deux rencontres face à Leicester et le Munster, deux géants continentaux, contre qui ils pourront renouer avec leur identité de jeu sans pression aucune. Une défaite et la saison pourrait déjà s’annoncer longue. Très longue.

Arnaud Beurdeley
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