Londres et les exilés de l’Ovalie

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    Londres et les exilés de l’Ovalie
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Londres abrite depuis longtemps des clubs gallois, irlandais et écossais. Un particularisme que le professionnalisme n’a pas réussi à éliminer.

Londres fut longtemps au centre de l’univers. Pendant environ cent cinquante ans, au bord de la Tamise, s’étalait la capitale de l’empire britannique. Il en reste quelque chose dans le monde du rugby. Car la capitale anglaise abrite trois clubs d’exilés : les London Irish, Welsh et Scottish. Paradoxalement, ces trois clubs furent longtemps les seuls dont le mot « London » figurait dans le nom officiel. Les Harlequins, Wasps ou Saracens ne jugeaient pas utiles de faire figurer leur appartenance géographique dans leur appellation. Les clubs d’exilés sont une survivance d’une époque où les clubs de rugby servaient de point de ralliement pour les étudiants et les actifs déracinés dans la métropole. Un lieu de socialisation puissant qui correspondait parfaitement à l’ère du rugby amateur. Les clubs d’exilés accueillaient des joueurs de haut niveau et les week-ends de tournoi, il n’était pas rare de voir au moins un exilé dans chaque équipe celte.

SARACENS, LES SUD-AFRICAINS DE LONDRES

En 1969 (année prise au hasard), l’Irlande en accueillait deux pour affronter la France, idem pour l’Écosse et le pays de Galles. Évidemment, avec le rugby professionnel, les choses ont changé. Il y a eu quelques péripéties mais vingt ans plus tard, ces clubs sont toujours là, curieusement. Les London Irish en première division depuis longtemps, les autres en deuxième. Les London Welsh sont même revenus dans l’élite pour deux saisons (2012-2013) et (2014-2015). Pour l’anecdote, on a même présenté parfois les nouveaux Saracens comme une sorte d’équipe des Sud-Africains de Londres, mais ce n’est pas tout à fait le même contexte.

Les trois équipes historiques sont donc encore vivaces et on a même parlé d’elles pour rejoindre la Ligue celte. Ce ne furent que des idées lancées de-ci de-là, mais le projet a de quoi séduire. Il permettrait à ce championnat fermé de poser un pied sur le grand marché londonien, facile d’accès pour les supporters visiteurs. Pour les clubs, ce serait l’occasion de rejoindre un championnat sans descente et les avantages qui en découlent : possibilité de recruter, de former et trouver des partenaires plus sereinement.

Jérôme Prévot
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