Carter: «Je ne serai jamais parfait»

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    Carter: «Je ne serai jamais parfait»
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Vendredi après-midi, plus de cinquante journalistes du monde entier avaient répondu présent, pour accueillir le meilleur joueur du monde au Plessis-Robinson, centre d’entraînement du Racing 92.

Qu’avez-vous ressenti, au jour où vous avez pris connaissance des attentats à Paris ?

J’ai évidemment été très choqué, au départ. Franchement, je n’ai pas du tout pensé à mon futur et à ce nouveau défi. J’ai immédiatement songé au drame que traversait le peuple français. Des amis parisiens m’ont appelé dans la foulée pour me rassurer. La vie continue, en somme. Et c’est une bonne chose.

Pourquoi avoir choisi le Racing et non pas un autre club européen ?

L’ambition de Jacky Lorenzetti m’a d’abord séduit. Son projet est vraiment enthousiasmant. Le Racing veut des titres. Ayant connu beaucoup de succès avec les All Blacks ou les Crusaders, je ne pouvais me projeter que dans une équipe ambitieuse.

Quoi d’autre ?

L’Arena sera prêt dans un peu plus d’un an. Ce sera un endroit magnifique pour jouer au rugby. J’ai également cru comprendre que le centre de formation, dont est issu mon parrain au club Henry Chavancy, était enfin très efficient.

Dans quel état êtes-vous après le Mondial ?

Pour l’instant, un peu fatigué par le décalage horaire et les trente heures de vol… J’ai fermé un chapitre de ma vie après la Coupe du monde et j’en ouvre aujourd’hui un nouveau. Quand je suis motivé, le corps suit. […] J’ai connu deux saisons difficiles en 2013 et 2014. Je n’ai ni été épargné par les blessures, ni par les critiques. Cela n’a pas été facile à vivre mais j’ai bossé pour revenir à mon meilleur niveau.

Quels sont vos premiers projets ?

Je vais d’abord apprendre le français. C’est mon objectif numéro 1. Cela accélérera mon intégration.

En quoi cette aventure est-elle différente de celle de 2009, à Perpignan ?

À l’époque, je savais qu’au bout de six mois, je repartirai au pays pour préparer le Mondial. Cette fois, c’est différent. J’y suis, j’y reste. Le rugby international est derrière moi. Je n’ai plus qu’à me concentrer sur le Racing.

Rêvez-vous d’un parcours à la Jonny Wilkinson ?

Bien sûr. Ce qu’a réalisé Jonny à Toulon est incroyable. Il a gagné la Coupe d’Europe, le championnat… J’aimerais faire aussi bien.

Qu’avez-vous ressenti à l’annonce de la mort de Jonah Lomu ?

J’étais dévasté. J’aurais adoré jouer aux côtés de Jonah et n’en ai malheureusement jamais eu l’occasion. Cet homme a changé le rugby. Je garde à l’esprit l’image d’un géant dévastant ses adversaires directs. Et aussi quelqu’un d’extraordinairement humain…

L’attente autour de votre réputation est-elle une pression supplémentaire ?

J’adore la pression. Elle fait partie du jeu et ne m’a jamais tétanisé. Je ne serai jamais parfait. Je manquerai toujours des coups de pied, je commettrai toujours des en-avant… Mais je donnerai le meilleur.

Comment vivez-vous le fait de croiser Ma’a Nonu en Top 14 ?

Il ne me tarde pas de le croiser, soyons francs… Ma’a est un joueur hors du commun. Quand on affronte des amis, le désir de l’emporter est néanmoins plus fort qu’en d’autres circonstances.

Allez-vous redynamiser la neuvième attaque du Top 14 ?

Un seul homme ne changera pas une équipe. Je ferai de mon mieux, c’est tout ce que je peux vous dire aujourd’hui.

Regrettez-vous d’avoir dû quitter la Nouvelle-Zélande pour gagner plus d’argent ?

On gagne aussi de l’argent en Nouvelle-Zélande. Ce n’est pas si mal, vous savez…

Pensez-vous que les All Blacks vous trouveront rapidement un successeur ?

L’Australie et l’Afrique du Sud ont récemment fait évoluer leur politique. Mais c’est différent en Nouvelle-Zélande. Il y a tellement de bons joueurs au pays…

Avez-vous réellement appris les lancements de jeu du Racing dans l’avion ?

Non, mais j’ai beaucoup échangé avec Ronan O’Gara et le staff à ce sujet.

Un barbecue est semble-t-il prévu chez vous dimanche…

Ah bon ? Vous me l’apprenez… Mais venez nombreux, les cartons du déménagement sont encore à défaire !

Marc Duzan
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