Burrell veut sa revanche

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    Burrell veut sa revanche
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Evincé du dernier Mondial par son père spirituel Stuart Lancaster, le trois-quarts centre de Northampton a énormément souffert de cette décision. Pour le Tournoi des 6 Nations, Eddie Jones devrait pourtant le remettre en selle.

Luther Burrell, le trois-quarts centre de Northampton, n’oubliera jamais cette matinée du 27 août 2015. Il faisait beau, ce jour-là, à Bagshot, dans la lointaine banlieue londonienne. Il raconte : « Je m’étais levé vers 8 heures du matin, comme tous les jours depuis deux mois. » Son petit-déjeuner englouti, Burrell apprenait alors par la voix d’un membre du staff du XV de la Rose qu’il était convoqué dans le bureau du boss, Stuart Lancaster. « J’ai immédiatement saisi que ce n’était pas bon signe, confie le joueur à nos confrères du Daily Telegraph. Je côtoie Stuart depuis plus de dix ans. Il fut même mon entraîneur chez les jeunes, à Leeds. Je le connais par cœur et l’inverse est vrai. Quand je suis entré dans son bureau, j’ai aussitôt compris en voyant son visage qu’il n’allait pas m’annoncer une bonne nouvelle. Il était bizarre. Il semblait avoir mal. »

« Il m’a fallu du temps pour tourner la page »

La suite ? Elle est aujourd’hui passée à la postérité. Entre ces quatre murs, Lancaster annoncera donc à son ancien protégé qu’il ne figurerait pas dans le groupe anglais pour le Mondial à venir. Sam Burgess avait été considéré comme meilleur par le comité de sélection anglais. En réalité, les enjeux politiques et financiers entourant la star treiziste pesaient bien trop lourd face au talent du diamant brut Burrell. « Je n’en veux pas à Sam, poursuit le trois-quarts centre des Saints. C’est un bon mec et il n’est pour rien dans cette décision. Mais je n’ai plus reparlé à Stuart depuis. Pour tout dire, je ne me souviens même plus vraiment de ses explications. […] Dans mon esprit, il y eut comme un grand « boum » au moment où il m’a annoncé que je n’étais pas sélectionné. J’étais comme sonné, après ça. » Trois mois plus tard, l’attaquant de Northampton se revoit encore déambuler à l’entraînement qui suivit ce tête à tête, courant autour d’un petit groupe qui jouait au football, hésitant surtout à claquer la porte du Marcoussis anglais. « J’avais envie de pleurer. Je me mordais les joues pour retenir mes larmes. C’était horrible. Mais je ne voulais pas leur montrer que je souffrais. […] Sincèrement, il m’a fallu du temps pour tourner la page. Mais j’estime aujourd’hui l’avoir fait. » Auteur d’un match colossal face à Glasgow le week-end dernier en coupe d’Europe (victoire anglaise 26 à 15), Luther Burrell (1,91 m et 106 kg) a tapé dans l’œil du nouveau sélectionneur Eddie Jones et devrait faire partie du squad anglais pour le prochain Tournoi des 6 Nations. Assez pour sourire. Pas suffisant pour oublier qu’il perdit, ce matin du 27 août 2015, quatre ans de sa vie.

Marc Duzan
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