London irish : le spectre de la descente

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    London irish : le spectre de la descente
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Les Exilés ont totalement manqué leur début de championnat. Vont-ils se retrouver en D2 après plus de vingt ans de présence dans l’Élite ?

Les London Irish font partie des clubs historiques du « Premiership ». Destiné à l’origine à recevoir les Irlandais exilés à Londres, ils n’ont plus de lien avec la fédération irlandaise et ils se sont parfaitement fondus dans le contexte (lucratif) du rugby anglais depuis l’apparition du rugby professionnel. Depuis 1988, date de la première édition, ils n’ont manqué qu’une seule saison (94-95). Ils ont même connu une vraie période faste dans les années 2000. Entre leur victoire en Coupe (2002) et leur place en finale du championnat 2009. Ils ont même vécu une demi-finale européenne en 2008, battus de peu par le Stade Toulousain. Mais depuis les années 2010, la machine s’est lentement mais sûrement grippée. Ils ont terminé à la dixième place (sur douze) en 204 et 2015 et cette saison, les « exilés » comptaient toujours zéro point après cinq journées de championnat. Ils ont subi cinq revers dont deux à domicile en encaissant toujours au moins 24 points. Leur « meilleur » résultat fut leur résistance face aux Saracens, 24-14 chez leurs adversaires. Mais à domicile, les « LI » ont sacrément dérouillé avec ce 45-14 infligé par Bath le 7 novembre. Leicester est aussi venu leur dicter leur loi en ouverture (28-16). On mettra leur défaite 33-15 face aux Wasps un peu à part puisqu’elle a eu pour théâtre Twickenham dans le cadre du fameux rendez-vous à quatre des clubs londoniens. Les « LI » essaient de ne pas paniquer en se disant que leur calendrier ne leur était pas favorable avec la réception de trois cadors du championnat. Mais ils ne peuvent pas ne pas penser au spectre de la relégation. Ils ont déjà deux points de retard sur Newcastle. Si les London Irish perdent chez les Harlequins ce week-end et que Newcastle venait à réaliser l’exploit face aux Saracens, l’écart pourrait être substantiel. En plus les London Irish sont en train de perdre ce qui faisait naguère leur force : la fidélité de leur public. Ils se contentent désormais de moins de 8 000 personnes dans un stade de Reading qui sonne de plus en plus creux. Construit pour les footballeurs locaux, le Madjewski Stadium peut accueillir 25 000 personnes environ. Les adversaires viennent y jouer avec de moins en moins de pression négative.

Greffe sudiste en échec

Visiblement la greffe sudiste n’a pas pris. Les London Irish pensaient pourtant avoir pris un nouveau départ l’été dernier avec l’arrivée de trois techniciens néo-zélandais venus du Super Rugby sous la direction de Tom Coventry, ancien entraîneur adjoint des Chiefs. Ils pensaient avoir fait un bon recrutement avec les signatures du pilier des All Blacks Ben Francks et du trois-quarts aile international écossais (mais formé en Nouvelle-Zélande) Sean Maitland, mais ils étaient pris par la Coupe du Monde. Ce n’était pas le cas du deuxième ligne anglais Mat Symonds qui s’est fait connaître en Nouvelle-Zélande. Vainqueur du Super 15 avec les Chiefs il a la réputation d’un redoutable compétiteur, mais ça n’a pas suffi. En plus, ils n’ont pas eu de chance avec Andy Goode. Le demi d’ouverture international anglais (35 ans, 17 sélections) a dû mettre un terme à sa carrière plus tôt que prévu à cause de multiples douleurs. Il venait de débarquer chez les London Irish en provenance des Wasps. Malgré son âge, il semblait de nature à apporter son expérience et comble de malheur, les autres ouvreurs (Geraghty et Noakes) ont eu aussi des soucis de santé. Ce début de saison loupé est donc un échec majeur pour les nouveaux propriétaires du club, les quatre hommes d’affaires qui ont formé un consortium qui a pris le contrôle du club en 2013 en investissant quatre millions d’euros d’un coup. Ces patrons groupés autour de Mick Crossan avaient de grands projets à leur arrivée et notamment un retour dans un stade londonien proprement dit pour retrouver le public qui s’effilochait. Ils risquent pour l’instant d’envoyer carrément le club en D2 pour la première fois depuis 22 ans.

Jérôme Prévot
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