« J'ai décidé de mettre un terme à ma carrière internationale »

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    « J'ai décidé de mettre un terme à ma carrière internationale »
Publié le , mis à jour

 Peut-être conscient qu'il ne rentrait plus dans les plans de Guy Novès et Yannick Bru, désireux de laisser la place aux jeunes talents du rugby français, le talonneur du Racing 92 et de l'Equipe de France, Dimitri Szarzewski (32 ans et 83 sélections) a choisi de mettre un terme à sa carrière internationale.

Avez-vous une annonce à faire ?

J'attendais cette question... J'ai décidé de mettre un terme à ma carrière internationale. Cela faisait un moment que ça trottait dans ma tête et je l'ai annoncé au staff de l'équipe de France et celui du racing 92. J'avais besoin de consacrer plus de temps à ma famille et mon club. Ce fut un honneur de porter à quatre-vingt trois reprises le maillot du XV de France.

 

Ne vouliez-vous pas travailler avec Guy Novès ?

Pas du tout. J'ai beaucoup entendu parler de lui et de ses discours. C'est un nouveau cycle qui va commencer pour le XV de France. Le futur de la sélection doit se faire sans moi. Il faut préparer la coupe du Monde 2019 et cela commence dès le prochain Tournoi des 6 Nations.

 

Quels souvenirs garderez-vous ?

J'ai beaucoup de bons souvenirs. Mais je n'oublierai jamais ma première sélection, ma première titularisation, le quart de finale contre les Blacks en 2007 au Millennium, le Grand Chelem de 2010... Je suis ému mais je m'y étais préparé depuis un moment. J'aurais préféré que ça se termine autrement que sur une défaite historique (62 à 13). Mais les All Blacks étaient nettement supérieurs ce jour-là. […] Dès le coup de sifflet final, je savais que ce serait mon dernier match. Je l'ai même dit à plusieurs de mes coéquipiers, dans les vestiaires.

 

Le capitanat de Guirado a-t-il précipité votre décision ?

Non. Avant que l'on parle du probable capitanat de Guilhem, j'avais déjà parlé au staff du XV de France. C'est mieux de laisser la place aux autres... Et il me reste encore de beaux jours à vivre avec le Racing jusqu'en 2019.

 

Vous ne vous êtes pas exprimé après l'échec des Bleus. Pourquoi ?

Je n'ai pas voulu entrer là-dedans. C'est facile de parler après. Si la fédération ou les coachs me demandent mon avis je le donnerai. C'est tout.

 

Regrettez-vous de ne pas avoir pu vous imposer comme le talonneur indiscutable du XV de France ?

Titulaire ou remplaçant, mon but est resté d'apporter un plus comme titulaire ou remplaçant. De toute façon, le rugby d'aujourd'hui se joue à vingt-trois. Le rôle des remplaçants est très important.

 

Guirado pourrait-il être un bon capitaine ?

Je n'ai pas trop envie de me prononcer là-dessus car je connais beaucoup d'autres joueurs qui pourraient assumer ce statut. Je ne veux vexer personne. […] J'ai la chance de l'avoir été à deux reprises. En équipe de France, tout le monde a un rôle de capitaine et généralement, tous les joueurs d'une sélection sont des leaders dans leur club.

 

Yannick Bru et Guy Novès ont-ils essayé de vous convaincre de prolonger l'aventure en Bleu ?

On a échangé. Je sentais qu'ils ne comptaient pas trop sur moi pour les années à venir. Ils avaient besoin de reconstruire quelque chose avec de nouveaux joueurs. Je vais avoir davantage de temps pour les miens. J'ai aussi deux enfants de 12 et 9 ans. Ils avaient besoin de moi à la maison. Le garçon m'a d'ailleurs demandé : « Mais tu n'arrêtes pas avec le Racing, quand même, papa ? » Je les ai rassurés sur ce point là.

 

Quel regard portez-vous sur Camille Chat, l'un de vos concurrents au poste dans les Hauts de Seine ?

 

S'il continue comme ça, avec les qualités mentales qu'il possède, Camille peut devenir un grand parmi les grands. Je vais essayer de lui transmettre mon expérience. Je pense qu'il sera rapidement appelé en équipe de France.

 

Propos recueillis par Marc Duzan

Marc Duzan
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