Une balade vénitienne

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    Une balade vénitienne
Publié le , mis à jour

Quoi de mieux qu’un déplacement à Trévise, située à trente kilomètres de Venise et ses gondoles, pour retrouver un peu d’amour-propre et de confiance ? Le Stade français, sévèrement sonné par sa défaite à domicile samedi dernier en Top 14 face à l’UBB, a trouvé à Trévise exactement ce qu’il était venu chercher. Les Parisiens se sont imposés (17-50), empochant le point de bonus offensif. Et, face à une opposition relativement faible, ont renoué avec un jeu offensif séduisant. Parisse et ses partenaires ne sont pas tombés dans la facilité. Au contraire. Ils ont su se montrer appliqués et concentrés.

Trévise — Stade Français 17-50

Par Arnaud Beurdeley

Le résumé du match

Il n’y aura pas eu de suspense dans cette rencontre à sens unique. Le Stade français, appliqué et sans doute revanchard après sa déconvenue de samedi dernier face à l’Union Bordeaux-Bègles en Top 14, a su concrétiser chacune de ses occasions face à une très faible opposition italienne. Les trois premiers essais (Waiséa, Bosman, Williams) ont été inscrits en douze minutes (0-22). Autant dire qu’à partir du quart de jeu, le seul intérêt de la rencontre était de savoir à quel moment les Parisiens allaient décrocher le point de bonus offensif qu’ils étaient venus chercher. Il est donc arrivé à la 23e minutes de la rencontre au cœur d’un temps fort trévisan. Sylvain Nicolas, toujours l’œil vif et une bonne lecture du jeu, interceptait un retour intérieur de l’ouvreur Hayward Jayden, pour filer seul entre les perches (0-29). À la pause, le Stade français menait très largement (0-36). En seconde période, Sergio Parisse, qui a longtemps porté les couleurs du Benetton Trévise et qui compte de nombreux copains dans l’équipe, n’avait pas la moindre compassion pour ses compatriotes en inscrivant le sixième des sept essais parisiens. Toutefois, les Trévisans ont eu le mérite de ne pas se décourager et d’inscrire trois essais. Histoire de trouver le temps un peu moins long…

Le tournant du match

À tout dire, la domination parisienne s’est imposée dès la première seconde. Sur le coup d’envoi de la rencontre, le deuxième ligne Naude commettait un en-avant. C’en était fini de la rencontre. En suivant, la mêlée parisienne récoltait la première pénalité d’une longue série. Plisson ajustait les trois premiers points du Stade français. Le début, là aussi, d’une très (très) longue série.

Le plus bel essai

Au cœur du festival parisien, le troisième essai signé Arias a incontestablement décroché la palme de la rencontre. Après un échange de jeu au pied, l’arrière stadiste Djibril Camara décidait de relancer. Un premier point de fixation dont le ballon sortait rapidement dans le côté fermé à l’initiative de Jules Plisson. Et là, après une course parfaitement anglée de Meyer Bosman, Will Genia faisait parler sa technique individuelle. L’international australien, sur un demi-pas, ajustait une passe aussi rapide que précise à Paul Williams en bout de ligne. L’international samoan n’avait plus qu’à conclure une action d’une très grande maîtrise.

L’homme du match

Difficile de mettre en avant un joueur parisien tant la performance collective mérite d’être soulignée. Toutefois, le demi de mêlée Will Genia, très approximatif et parfois en panne de repère samedi dernier pour sa première titularisation sous les couleurs stadistes, a montré une toute autre image de son talent. Sans être exceptionnel, l’international australien a su jouer juste et dans le bon timing. À l’image de sa passe sur un demi-pas à destination de Paul Williams sur le troisième essai parisien. Il s’est aussi offert un joli raid en solitaire (42e) après une feinte de passe magistrale. Malheureusement, il s’est révélé un peu gourmand en choisissant de se défaire du dernier défenseur trévisan par un jeu au pied par-dessus pour lui-même, quand deux partenaires (un à son intérieur, un à son extérieur) lui offraient l’assurance d’un essai. Mais sa performance laisse augurer une belle concurrence avec Julien Dupuy.

La fiche technique

À Trévise - Samedi à 16 h 15

Arbitre : M. Carley (anglais).

Évolution du score : 0-3, 0-10, 0-17, 0-22, 0-29, 0-36 (MT); 0-43, 0-50, 5-50, 12-50, 17-50.

Stade Francais : 6E Vuidarvuwalu (4e), Arias (8e), Williams (11e), Nicolas (22e), Bosman (27e), Parisse (46e), 5T Plisson (5e, 8e, 23e, 27e, 47e), 1P_Plisson (2e).

Non entré en jeu : 18. Taulafo.

Trévise : 3E Christie (58e), Ragusi (71e), Lazzaroni (78e), 1T Hayward (72e)

Trévise : 15. McLean ; 14. Pratichetti (23.Ragusi 17e-26e, 41e), 13. Bacchin (22. Ambrosini 73e), 12.Christie, 11. Gori (cap.) (21. Sgarbi 65e) ; 10. Ambrosini, 9. Smylie ; 7. Minto, 8. Zanni, 6. An. De Marchi (20. Lazzaroni 60e) ; 5. Naude (19. Palmer 41e), 4. Paulo ; 3. Al. De Marchi (18. Harden 41e), 2. Gega (16. Santamaria 55e), 1. Zanusso (17. Traore 59e)

Stade francais : 15. D.Camara ; 14. Arias, 13.P.Williams, 12. Bosman, 11.Waisea (23. H.Bonneval 62e) ; 10. Plisson (22. Danty 72e), 9. Genia (21.Daguin 50e) ; 7.S. Nicolas, 8. Parisse (cap.), 6. Alberts (20.Lakafia 41e) ; 5. Papé, 4. Pyle (19.Gabrillagues 66e) ; 3.Alo-Emile, 2. Sempéré (16. Panis 47e), 1.H.Van der Merwe (17. Zhvania 47e).

Les buteurs

Plisson 1P/1, 5T/6, Hayward 1T/3

Les meilleurs

Au Stade français : Genia, Bosman, Williams, Pyle, Nicolas, Van der Merwe, Alo-Emile, Sempéré, Parisse ; à Trévise : De Marchi, Zanni.

Arnaud Beurdeley
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