• Yoann Maestri « La qualification ? Plus la tête à ça »
    Yoann Maestri « La qualification ? Plus la tête à ça »
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Yoann Maestri « La qualification ? Plus la tête à ça »

Malmenés il y a une semaine en Irlande (défaite 38-0) les Toulousains retrouvent l’Ulster et auront à cœur de montrer un meilleur visage. Si la qualification n’est plus à l’ordre du jour, faire bonne figure serait le moindre mal pour Yoann Maestri.

Vous retrouvez une semaine après la même équipe de l’Ulster qui vous a battu 38-0 la semaine dernière. C’est une aubaine pour se refaire la cerise…

La semaine dernière on a pris l’eau. Donc c’est important d’avoir cette chance d’avoir une revanche. Parce qu’honnêtement dans le sport de haut niveau quand on se fait marquer de la telle manière par un adversaire on le ressasse un moment. Or là on peut rapidement tenter de réagir face à cette même équipe de l’Ulster.

Après une défaite 38-0 on imagine que la motivation est toute trouvée…

Rien que la défaite nous a marqués parce que nous avions beaucoup d’ambition avant la rencontre. Mais, le score aidant, c’est évidemment plus douloureux. Donc avant de parler de « motivation » on prend déjà une revanche sur nous-même. On attend une réaction et on aura à cœur de faire beaucoup mieux face à cette belle équipe de l’Ulster.

Justement ne peut-on pas craindre un excès d’engagement de votre part ?

Il ne faudra pas. Je pense qu’il faut savoir s’engager mais on doit avant tout respecter notre plan de jeu et rester alerte par rapport à tout ce qui se fait pendant la rencontre. Parce que le problème qu’on a eu la semaine dernière, c’est qu’on s’est engagé durant les vingt premières minutes puis on a perdu le fil et on n’a pas su rattraper notre retard. Donc il faudra s’engager tout en sachant qu’on affronte une très belle équipe de rugby. Et eux ne sont pas juste bons dans l’engagement car en plus ils ne sont pas brouillons. Donc nous ne pourrons pas nous permettre de mettre simplement de l’engagement. Il faudra être engagés, solidaires et précis par rapport à ce qu’on a mis en place et ce qu’on voudra faire.

Avez-vous été surpris par leur volume de jeu ?

Surpris non. On savait que c’était une belle équipe. Mais je pense que c’est notre visage à nous qui n’a pas été positif. Il y a quelques semaines nous étions allés au Racing 92, et je ne pense pas qu’ils soient inférieurs à l’Ulster. Et là-bas on a perdu, mais on a fait un tout autre match dans l’engagement. Et comme c’était un match que nous avions ciblé, le match avait un tout autre corps. Là on a été complètement absents et dépassés et ce sera à nous de l’avoir dans un coin de la tête.

Le Stade Toulousain ne semble, depuis plusieurs saisons, pas à la hauteur de son palmarès…

Le palmarès il est pour nous c’est sûr, mais en termes de passé proche on ne peut pas se targuer d’être une référence européenne. Je pense que d’autres équipes ont été bien supérieures à nous dans cette compétition depuis quelques saisons. Et cette année encore on a subi deux défaites qui nous handicaperont pour la qualification. Et même si on peut encore se qualifier mathématiquement, je pense qu’on n’a plus ça en tête. Nous, on veut simplement montrer un tout autre visage dès dimanche.

Vous avez semblé en difficulté face à l’intensité proposée par l’Ulster. Comment pouvez-vous l’expliquer ?

On n’a pas été surpris. On connaissait cette équipe donc on pouvait le présager, comme c’est le cas quand on affronte l’équipe d’Irlande d’ailleurs. Mais ils ont mis un rythme énorme en engageant beaucoup de jeu autour de joueurs dynamiques. Mais honnêtement ils avaient des joueurs beaucoup moins costauds que nous devant, avec notamment une première ligne moins solide mais plus dynamique et ils nous ont mis à mal dans ce secteur. Donc ce sera à nous de nous remettre en question, en ayant à cœur d’être beaucoup plus haut dans l’intensité, que ce soit dans nos courses comme dans nos actions. Je crois d’ailleurs que c’est le propre de la Coupe d’Europe. Et honnêtement ça peut expliquer le mal que l’on a depuis plusieurs années. On est une équipe solide mais quand on voit les meilleures équipes européennes c’est un tout autre niveau, en termes d’intensité, de déplacement et d’envie de reproduire les efforts. Ça se rapproche plus du niveau international, où les joueurs sont plus prêts physiquement, plus racés et plus toniques.

Est-ce lié au niveau du Top14, qui serait plus exigeant ? Est-ce possible, aujourd’hui, de figurer sur les deux tableaux ?

Je ne pense pas que ça ait un rapport avec le Top14. Quand on voit Toulon et Clermont on se dit que c’est possible. Par contre c’est une préparation mentale et physique qui va au-delà du championnat. La différence avec les équipes anglo-saxonnes, et plus particulièrement les anglaises, c’est qu’elles n’ont pas de stars ou de joueurs particulièrement connus, mais elles sont disposées à envoyer énormément de jeu et elles sont très dynamiques. Ce ne sont ni les joueurs les plus costauds, ni les plus grands noms, mais par contre ce sont des équipes avec une préparation extrêmement pointue et des joueurs qui ont une envie de se montrer disponibles dans le jeu. Ils donnent également leurs chances à de jeunes joueurs. Et même si, avec la mise en place de ce système, ils ont mis du temps à trouver la bonne formule, je pense que c’est très adapté à leur rugby. C’est un bon exemple à suivre pour la France quand on voit que leurs équipes sont à 90 % formées d’Anglais. Pierrick Ilic-Ruffinatti

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