Le Stade Français sans surprise

  • Le Stade Français sans surprise
    Le Stade Français sans surprise
Publié le , mis à jour

Vainqueurs (40-14) de la confrontation retour face à Trévise, les joueurs du Stade Français assurent le minimum : la victoire bonifiée.

Stade-Français-Trévise : 40-14

Par Guillaume Cyprien

Le résumé

Disputé dans un stade Jean Bouin au trois-quarts vide, ce match ne laissera aucun souvenir dans les annales européennes. En prenant un deuxième bonus offensif consécutif — qui lui était promis, contre une équipe qu’il avait terrassé une semaine auparavant sur son propre terrain — le champion de France s’est placé en assez bonne posture dans la course à la qualification. Mais c’est tout. Cette équipe qui doute, qui balbutie son rugby en top 14, est encore retombé dans une forme de rugby imprécis après sa bonne sortie à Trévise. Ses deux premiers essais marqués très rapidement (8e et 12e) l’ont sans doute induite en erreur, en lui laissant l’impression qu’elle allait dérouler tranquillement ses temps de jeu. Ce ne fut pas le cas. Son manque de rapidité sur ses enchaînements ne lui a pas permis de déborder la défense italienne comme elle l’aurait souhaité. Si bien que malgré sa possession de balle supérieure, elle n’a pas réussi à faire exploser l’édifice italien. Et c’est même l’inverse qui s’est produit. Trévise s’est ragaillardi, et la deuxième mi-temps, le stade Français ne l’a remporté que de justesse (19-14), grâce à un essai en toute fin de match de Doumayrou. À oublier.

Le plus bel essai

Il est signé Hugo Bonneval, à la 12e minute de la partie. L’arrière parisien n’a pas eu beaucoup d’occasions de se mettre en évidence. Le match a été trop lent, et le Stade Français a déroulé sa partition sans génie, en repiquant souvent au centre du terrain. En bout de ligne, il ne s’est passé grand-chose. Bonneval a donc puisé dans l’une de ses inspirations pour s’éclater un peu. Alors que Camara venait de glisser sur une tentative de retour intérieur aux abords de ses propres 30 mètres, l’ailier parisien a servi son arrière venu au soutien dans sa chute. Cadrage débordement immédiat sur le centre Enrico Bacchin, accélération, Bonneval a déposé ensuite le troisième ligne centre Braam Steyn, et débordé le dernier défenseur dans l’en but, pour marquer entre les perches un essai personnel de 60 mètres. Moins inspiré en deuxième mi-temps, il tentera de récidiver sur une contre attaque, en vain et en mangeant un surnombre.

Le fait du match

Dans ce match sans aucun suspens, la capacité des Italiens à sauver l’honneur en passant la ligne d’en but parisienne au moins une fois constituait la seule interrogation. On a cru pendant longtemps qu’ils s’échineraient en vain. Les Parisiens ont dépensé beaucoup d’énergie pour laisser vierge leur territoire, en repoussant trois occasions franches, sur deux touches et une interception. Sur la première, c’est le pilier Felsina qui a bien lu une combinaison entre le lanceur et le premier joueur de l’alignement. Il s’est vite déporté sur le talonneur et l’a plaqué sèchement. Sur la deuxième, c’est toute la ligne de front parisienne qui a contenu quatre minutes de pick and go sans commettre de faute. Propre et sérieux. Sur la troisième, en deuxième mi-temps, Douymayrou a réalisé un retour rageur sur le centre Sgarbi après son interception. On pensait les Italiens achevés après ce raid avorté. Mais ils ont encore insisté, et la défense a fini par craquer. Sgarbi encore lui, à l’issue d’un mouvement assez long, a fini par trouver la faille (57e). Puis le remplaçant Giazzon s’est infiltré sous la défense au sortir d’un ruck (74e). Finalement, avec ces deux essais, les Italiens ont inscrit davantage de points à Jean Bouin que chez eux une semaine plus tôt (10 points).

Le joueur

Le seconde ligne Paul Gabrillagues s’est encore distingué. Le jeune joueur de 22 ans a mis à profit sa deuxième titularisation européenne — sa quatrième de la saison top 14 confondu — pour s’illustrer dans un style sobre et efficace. Dans ce match où les imprécisions ont été nombreuses, ses interventions franches ont souvent remis les actions dans le bons sens de leur marche. À chaque prise de balle, il est rentré droit, de façon très dynamique, et a livré de bonne sortie de balle. Efficace.

Fiche technique

À Paris — Samedi 16 h 15 — 5 000 spectateurs

Arbitre : M. Garner (Angleterre).

Évolution du score : 7-0, 14-0, 21-0 (MT) ; 28-0, 28-7, 35-7, 35-14, 40-14.

Stade-Français : 6E de pénalité (8e), H._Bonneval (12e), Raisuqe (21e, 49e), Zhvania (62e), Doumayrou (78e) ; 5T M._Steyn (8e, 12e, 21e, 49e, 62e).

Non entré en jeu : 23. Waisea.

Trévise : 2E Sgarbi (57e), Giazzon (74e) ; 2T Hayward (57e), Ambrosini (74e).

Stade français : 15. H. Bonneval ; 14. Raisuqe, 13. Doumayrou, 12. Danty (22. Bosman 68e), 11. D. Camara ; 10. M. Steyn ; 9. Tomas (21. Daguin 50e) ; 7. S. Nicolas (20. Ross 67e), 8. Parisse (cap.), 6. Lakafia ; 5. Gabrillagues, 4. Pyle (19. Mostert 50e) ; 3. R. Slimani (18. Alo-Emile 45e), 2. Semperé (16. Panis 45e), 1. Felsina (17. Zhvania mt).

Trévise : 15. Ragusi ; 14. Pratichetti, 13. Bacchin (22. Christie 29e-35e), 12. Sgarbi, 11. Iannone ; 10. Hayward (23. Ambrosini 69e) ; 7. Zanni (cap.), 8. B. Steyn, 6.Barbini (21. Barbieri 59e); 5. Palmer (19. F. Paulo 50e), 4. Lazzaroni (20. Fuser 60e) ; 3. Manu (18. Harden 31e), 2.Santamaria (16. Giazzon 50e), 1.Al.De Marchi (17. Zanusso 50e).

Les Buteurs :

M.Steyn : 5T/6. Hayward : 1T/1. ; Ambrosini : 1T/1

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?