Rowe : «Le Top 14 n’est pas un modèle»

  • Rowe : «Le Top 14 n’est pas un modèle»
    Rowe : «Le Top 14 n’est pas un modèle»
Publié le , mis à jour

Très critiques envers le championnat français, le président d’Exeter Tony Rowe se livre en exclusivité pour Midi-olympique.fr

Vu de France, nous assistons à une renaissance des clubs anglais. Vous êtes désormais capable de battre Clermont ou Toulon, ce qui semblait encore impossible l’année dernière, comment cela s’explique-t-il ?

Difficile question ! (rires) Vous avez raison, il y a encore quelques temps, les clubs anglais peinaient à rivaliser avec les meilleurs clubs français. Nous n’avions pas les moyens économiques de rivaliser. Nous nous sommes donc tournés vers le développement de nos centres de formations et avons changé notre approche du jeu. Heureusement, aujourd’hui nous redevenons des adversaires sérieux, mais le fait de ne pas pouvoir rivaliser économiquement ces dernières années nous a poussés à un développement diffèrent.

L’objectif est-t-il de ramener la Coupe d’europe en Angleterre dès cette saison ou la Premiership reste-t-elle la priorité ?

J’adorerais que les clubs anglais se hissent en finale dès cette saison. Je pense que nous nous en sommes donnés les moyens. Le rugby des clubs anglais a beaucoup progressé ces dernières années et nous serions très déçus si tout ce travail n’était pas récompensé ...

Quel regard portez vous sur le Top14 ?

Le Top 14 n’est pas un modèle. Les structures des clubs sont très différentes en Angleterre. La Fédération n’a aucune influence sur la manière dont nous devons gérer nos clubs ou jouer nos matchs. En Top 14, j’ai quand même l’impression que la fédération influence grandement la vie des clubs.

Quelles relations entretenez-vous avec votre fédération, la RFU ?

Voir nos joueurs en sélection est une sorte de fierté et de vitrine pour nos clubs. Cela fait partie du rugby ! Il y a une relation d’intérêt entre les clubs et la RFU, si tout se passe bien c’est gagnant - gagnant !

Une bonne relation entre la Fédération et les clubs vous apparaît par conséquent primordiale pour avoir des clubs et une sélection performante ?

En grande partie oui. Je ne vous dis pas que la relation entre nous les clubs et la RFU est toujours harmonieuse mais nous essayons toujours d’améliorer cette relation. Parfois les coachs nationaux ne comprennent pas comment motiver et utiliser les joueurs de la meilleure des manières. La solution dans beaucoup de cas est l’échange, et puis vous savez ne pas s’entendre avec sa fédération c’est un peu comme se tirer une balle dans le pied ...

Pour parler d’Exeter plus spécifiquement, vous réussissez un parfait amalgame entre des bons joueurs d’expérience (Waldrom, Steenson) tout en faisant jouer vos meilleurs jeunes (Nowell, Slade, Franciss). En France voir des jeunes émerger semble bien plus difficile...

Nous avons axés nos efforts vers nos centres de formation, et ils fonctionnent ! Nous encourageons les jeunes joueurs et leurs bonnes performances en les intégrant vers l’équipe première. Il n’y a pas meilleur signe de confiance ! En Top 14, les clubs font plus confiance aux recruteurs qu’en leur jeunes joueurs. Nous voyons les choses différemment, nous croyons en nos infrastructures. Nos jeunes comme Slade ou Nowell ont gagné leur place mais nos coachs n’ont pas peur de les faire jouer. La facilité est de faire confiance à des joueurs confirmés, donner de la confiance à des jeunes joueurs est bien plus dur et prend plus de temps. Nos jeunes sont le futur du club, il faut leur faire confiance !

L’année prochaine vous aurez une plus grande puissance financière. Comment allez-vous utiliser cet argent ?

Je vais être clair, il n’y aura pas un débarquement de stars de l’hémisphère sud chez nous. L’objectif avec l’augmentation du salary cap est de redevenir compétitif avec les clubs français d’ici trois ans maximum. Pour cela nous ne voulons pas voir débarquer des joueurs de l’hémisphère sud. Nous voulons renforcer notre équipe en conservant les talents que nous avons déjà. Nous voulons être assez puissants pour conserver nos talents comme Slade ou Nowell tout en formant les joueurs de demain. Propos recueillis par Pierre-Olivier Chirol

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?