Un sport qui éduque

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Le rugby, sport de valeurs, permet aux plus jeunes de grandir dans un cadre rassurant pour leurs parents

Honneur aux dames, ou plutôt aux petites filles. Noémie, 10 ans, a commencé le rugby depuis le printemps dernier. « Je n’ai pas eu mon mot à dire, explique dans un éclat de rire Carole, sa maman. À l’école, Noémie a vu une démonstration de rugby, ça lui a plu. Elle a demandé à jouer en club. Le père était contre, il voyait cela comme un sport violent. Mais elle, depuis, elle ne veut plus arrêter ! » Les blessures, les chocs, il a fallu s’y habituer. « Chez les minimes (13-14 ans, N.D.L.R.) on a déjà eu 4 gamins évacués par les pompiers. Mais il n’y a jamais eu rien de grave physiquement », souligne Véronique, maman de Jonas, 14 ans. « Les premières années, ça va, mais après, nous sommes allés plusieurs fois aux urgences », se souvient Isabelle, maman de Corentin et Fabio.

La passion du ballon ovale des enfants a emporté toutes les réticences sur son passage. « Depuis tout petit, Alassane, 5 ans, aime le rugby », souligne sa mère Aïssatou. « Mon fils ne pense qu’à ça, il dort avec ses ballons », déclare Véronique, dont le fils a commencé à 8 ans.

Des effets positifs sur la scolarité

Au-delà de l’aspect strictement sportif, les mamans qui emmènent leurs enfants à l’école de rugby sont très sensibles à l’aspect éducatif et structurant de ce sport. « Au moment des 12-15 ans de Corentin, j’étais très rassurée car le rugby le cadrait. C’était un pré-ado très calme. Et je trouve que mon plus jeune fils, Fabio, qui est un peu timide, a gagné en autonomie, notamment à travers les voyages qu’il fait avec son équipe », remarque Isabelle. Véronique renchérit : « J’ai trouvé les éducateurs du club de Bagneux très bienveillants, positifs. Pas dans l’aspect compétitif de s’écraser les uns les autres. Mon fils a pris de la confiance en lui, le rugby l’a aidé à sortir du giron de ses parents. » Elle ajoute : « Le rugby lui apporte la persévérance. Ainsi que l’acceptation de l’échec puisqu’il n’est pas toujours sûr de ne pas être remplacé temporairement par un autre joueur s’il n’est pas dans son match. »

Toutes reconnaissent des effets secondaires à la pratique de ce sport en milieu scolaire : « Corentin est très concentré en classe, calme. Pour moi, cela vient de sa pratique du rugby », affirme Isabelle. « Jonas vit mieux le fait d’avoir une mauvaise note à l’école », pense Véronique.

Des interrogations sur le rugby professionnel

Car, ne nous y trompons pas, même si le rugby passionne leur progéniture, ces mamans placent l’école et l’apprentissage d’un métier en priorité. Véronique confie : « Si mon fils avait le niveau pour devenir rugbyman professionnel, cela me ferait plaisir pour lui, je pense que j’en serais fière. » Cependant, la pratique du rugby professionnel suscite des réactions mitigées : « Si mon fils passait professionnel, ce serait à lui de voir jusqu’où il s’abîme ou pas. » Les mêmes craintes reviennent dans les mots d’Isabelle : « Dans le sport professionnel, j’ai peur des produits, peur que ça abîme le corps. Pour son enfant, on pense à ça. ».

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