Arbitrage : c’est quoi le problème ?

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    Arbitrage : c’est quoi le problème ?
Publié le , mis à jour

Au sortir d’un week-end marqué par les errements du corps arbitral et des comportements inacceptables venant des joueurs, Midi Olympique ouvre le dossier : qu’est ce qui cloche ?

Hiver oblige, le Top 14 n’a pas vu une superbe douzième journée, loin s’en faut. Jeu cadenassé, ballons glissants, enjeux devenant de plus en plus importants en vue de la qualification ou du maintien, elle ne restera pas dans les annales du beau jeu. Le problème, c’est que l’arbitrage a été à l’image du jeu proposé : laborieux. Par exemple, les 15 000 spectateurs rochelais auraient certainement préféré se lever plus souvent de leur chaise pour se réchauffer du climat ambiant. Seulement, ni le spectacle proposé (le jeu rochelais se réduisant à une succession de percussions dans l’axe) ni l’arbitrage tâtillon de M. Minery, lequel eu cinq fois recourt à la vidéo, ne l’autorisa ! Pour quoi, au juste ? Pas grand chose ! L’affaire a même pris une tournure presque comique en début de deuxième mi-temps quand le patron du jeu revisionna une quinzaine de fois une séance anodine pour finalement trouver une minuscule faute sur Atonio, à demi gêné par un Castrais alors qu’il n’avait pas le ballon. Atonio, un brin comédien, en profita alors pour s’effondrer au sol comme s’il avait été percuté de plein fouet… Ce genre de séquences, frustrantes pour le public, les joueurs, et les entraîneurs, furent légion ce week-end.

L’attitude inacceptable des Toulousains

Le match opposant le Racing à Bordeaux-Bègles n’a pas dérogé à la règle. Outre le manque du respect du deuxième ligne sud-africain François Van der Merwe qui adressa un très limite « Monsieur, dégage » à l’arbitre de la rencontre, M. Charabas, les officiels de ce match ont fait une erreur grossière en validant l’essai de Dumoulin, entâché d’un flagrant passage à vide d’Antonie Claassen sur le Girondin Loann Goujon. M. Charabas a pourtant bien demandé la vidéo, mais l’arbitre concerné estima que Goujon était délibérément monté sur Claassen… ce dont on peut franchement douter au vu de la vitesse de déplacement du Racingman. Mais passons.

Le match qui créa la plus grande polémique est probablement le dernier de cette douzième journée opposant le Stade français à Toulouse. Ivres de colère, les Toulousains ont protesté à la fin du match contre les deux essais refusés par M. Cardona. Mais leurs protestations étaient-elles vraiment légitimes ? Comme l’a montré l’analyse vidéo, le premier était entaché d’un évident tirage de maillot de Tolofua sur Sempéré, tandis que le second a été marqué par une charge de Marchand, non porteur du ballon, sur trois défenseurs parisiens alors incapables de défendre leur ligne. Ces deux essais méritaient-ils vraiment ces accès de colère de la part des Toulousains ? À ce titre, les images de la « ref-cam » (caméra disposée sur l’arbitre) de M. Cardona au coup de sifflet final étaient tout simplement édifiantes : on y voit Gaël Fickou avancer sur l’officiel tandis que son partenaire, Maxime Médard, lui hurle dessus : « Tu n’as pas honte ? Tu nous voles le match ! ». À voir les regards haineux des Toulousains, on se dit alors que les deux nouveaux appelés à rejoindre le XV de France ont la mémoire bien courte, puisqu’ils ont été tout les deux directement impliqués sur l’essai de Hugo Bonneval qui relança les Parisiens : Fickou parce qu’il fut pris de vitesse par l’arrière parisien, et Médard parce qu’il délaissa le côté gauche du fond de terrain. Face à autant de frustration, d’agacement, et de faux scandales, on serait tenté de renvoyer tous les acteurs à leurs chères études : les arbitres au tableau noir, et les joueurs, à leur cours de yoga.

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