Nantes : bientôt professionnels ?

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    Nantes : bientôt professionnels ?
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Le Stade nantais enchaîne les succès depuis le début du championnat. Leader incontesté de sa poule, il est jusqu’ici invaincu, avec dix points d’avance sur son dauphin Suresnes. Décryptage d’un club en pleine ascension.

Ambition. C’est certainement le mot qui résume le mieux la situation du Stade nantais. En pleine restructuration depuis 2008, l’ancien SNUC, connaît cependant depuis quatre ans, une progression de taille. L’arrivée d’une nouvelle équipe dirigeante avec à sa tête, Olivier Massicot (Président), a marqué le commencement d’un projet d’une durée de cinq ans, avec pour objectif : hisser le rugby nantais dans le professionnalisme. Ce projet repose sur trois axes : professionnaliser le secteur administratif et sportif du club, la formation et l’implication du club dans la vie sociale de la ville. Et quelle ville ! Avec près de 900 000 habitants, Nantes abrite une très grande dynamique étudiante, mais surtout sportive. Football, handball, basket… beaucoup de sports collectifs à Nantes évoluent à haut niveau : « L’objectif de ce projet était avant tout de réparer cette anomalie : l’absence de rugby professionnel dans une ville comme Nantes. Elle mérite le haut niveau surtout dans un sport comme le rugby qui est de plus en plus sous le feu des projecteurs. » confie Olivier Massicot quant à ce projet qu’il qualifie « d’aventure humaine ». Une aventure humaine, qui engage des dirigeants, mais surtout un groupe d’hommes majoritairement composé de Nantais. L’équipe développe donc une identité et crée, d’après le président, une émulation et une attractivité autour de cette étoile montante : « Au départ, des gens ont adhéré au projet. Puis, régulièrement, nous avons rendu des comptes pour acquérir la confiance de nos investisseurs. Il y a eu des périodes de doute, comme partout, mais le cap fixé a toujours été respecté. Nos partenaires sont devenus nos ambassadeurs. ». Des ambassadeurs fidèles et de plus en plus nombreux si l’on en croit les chiffres. Le Stade nantais est passé de 40 partenaires à plus de 120. Un chiffre qui, s’il continue d’augmenter, devrait pouvoir un jour concurrencer les prestations d’autres sports collectifs nantais. Cohabiter auprès du football et son omniprésence à Nantes, n’est certainement pas évident pour développer un sport comme le rugby, mais Olivier Massicot se montre tout sauf pessimiste : « Il y a quand même toujours eu un public rugby dans l’ouest. Le nombre de licenciés au comité est très représentatif. » affirme-t-il. Avec un budget d ‘un million d’euros (subventions pour l’entretien des installations sportives comprises) le Stade nantais a, semblerait-il, toutes les armes pour s’installer au niveau supérieur.

Le secteur sportif également en pleine évolution

L’an dernier, Nantes s’était arrêté en seizièmes de finale après être arrivé quatrième de sa poule. Un bilan à l’image de la progression du club, qui cette saison, enchaîne les bonnes performances. En effet, depuis le début du championnat, les Nantais sont invaincus (9 victoires, 6 bonus offensifs). Le secteur sportif se porte donc très bien et a bénéficié d’une vraie valeur ajoutée avec un recrutement important. Inaki Basauri, ancien international américain, tout droit arrivé de Tarbes, en fait partie. Il n’est cependant pas une recrue comme les autres puisqu’il évolue en tant que deuxième ligne tout en se chargeant de la préparation physique. D’après-lui, les résultats du club sont tout à fait justifiés : « Un travail est en marche depuis un certain nombre d’années à Nantes. Mais le recrutement de cette année a été conséquent, et aucune recrue n’a déçu depuis son arrivée. Le recrutement fait ici me rappelle celui que Pierre-Henri Brocan avait effectué à Tarbes : avec des hommes de caractère. Étant en charge de la préparation, je suis d’autant plus conscient des conditions physiques de chacun, et elles sont très bonnes. Certains des mecs font des performances du niveau Pro D2. C’est une équipe très complète, qui marche très bien ensemble. Le tout attire du monde et des partenaires. » Les brillants résultats du Stade nantais ne peuvent en effet que satisfaire ses participants et ses spectateurs. Dimanche, les hommes de Bertrand Guilloux et Pierric Moison se déplaceront à Orléans, 6e de la poule, dans l’espoir de décrocher une énième victoire. En considérant les autres prétendants à la Fédérale 1 et les phases finales connues pour être tranchantes, le rêve de professionnalisme du Stade nantais pourrait bien arriver plus vite que prévu. Par Fanny Canals

Crédit photo : Serge Mantion

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