Conor O’Shea va-t-il changer l’Italie ?

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    Conor O’Shea va-t-il changer l’Italie ?
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Comme annoncé par Midi Olympique, l’Irlandais Conor O’Shea, second choix des dirigeants italiens derrière Fabien Galthié qui a décliné le poste, va prendre les rênes de la sélection italienne, moribonde depuis de longues années. Le technicien saura-t-il relever la Squaddra ?

On dit que l’histoire est un éternel recommencement… Ce n’est pas faux, surtout en ce qui concerne l’histoire des sélectionneurs italiens. Car une fois de plus, un Anglo-Saxon va prendre la succession d’un Français. L’Irlandais Conor O’Shea, qui dirigeait le club londonien des Harlequins depuis six saisons, va donc prendre la succession du Gersois Jacques Brunel l’été prochain, et conduira les hommes de Sergio Parisse jusqu’au Mondial 2019. Avant cela, Brunel (2011-2016) avait pris la succession du Sud-africain Nick Mallett (2007-2011), lequel avait remplacé l’ancien capitaine du XV de France Pierre Berbizier (2005-2007), qui avait succédé au Néo-zélandais John Kirwan (2002-2005). Amusant non ? Sur les faits, oui. Mais dans la réalité, non. En fait, pour retrouver le dernier sélectionneur italien de la Squadra, il faut remonter à 1999. Et encore, Massimo Mascioletti n’avait même pas tenu un an : juste de juin 1999 à février 2000 avant d’être remplacé par… un Néo-zélandais, Brad Johnstone. Cela fait donc 16 ans que l’Italie n’a plus connu de sélectionneur italien. C’est une évidence, la Squadra Azzurra n’a pas d’entraîneur d’envergure internationale. Elle dispose encore de quelques joueurs de ce calibre, mais pour combien de temps ?

Des moyens limités

Soyons francs : O’Shea prend l’Italie alors qu’elle est moribonde. L’année dernière, les Italiens n’ont remporté qu’une malheureuse rencontre, en Écosse (22-19), leur traditionnel adversaire direct dans le triste championnat pour la dernière place. En 2014, ils ont hérité de la cuillère de bois, leur cinquième en seize Tournois. Certes, O’Shea a déjà fait des miracles. Nommé à la tête des Quins peu après l’un des plus grands scandales de tricherie du rugby moderne, le « Bloodgate » (dans lequel le manager Dean Richards avait demandé à un joueur remplaçant de simuler un saignement pour renvoyer son buteur Nick Evans sur le terrain en quart de finale de H Cup), O’Shea a reconstruit le club londonien à partir d’un champs de ruines, et l’a renvoyé vers le haut de tableau du championnat anglais, et le titre en 2012, la Champions Cup, etc.

Reste que l’Italie, toute sélection nationale soit-elle, n’est pas les Harlequins. On serait même curieux de comparer les moyens financiers, techniques et humains de ces deux formations. On serait aussi curieux de comparer leurs effectifs respectifs… Certes, il n’y a qu’un Sergio Parisse. Mais le capitaine du Stade français semble bien seul au milieu des Azzurris globalement moyens. Quand O’Shea reprit les Quins, l’effectif londonien était bardé d’internationaux anglais : Brown, Turner-Hall, Monye, Care, Marler, Robshaw, Easter étaient titulaires en finale de Challenge remporté aux dépens du Stade français (19-18)... L’Italie dispose t-elle à l’heure actuelle d’un tel effectif ? Assurément non. Donc la question se pose : Conor O’Shea parviendra t-il à mettre en place le jeu flamboyant qui a fait la réussite des Quins ces six dernières saisons ? Car si la question de la qualité de l’effectif se pose, celle du temps est tout aussi centrale. L’Irlandais n’a jamais entraîné de sélection, et en ignore sa principale contrainte : celle du temps. En un mot, la mission du sauveur des Quins s’annonce délicate. Mais qui sait… peut-être que l’Italie a (enfin) trouvé son messie.

Simon Valzer
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