La vie sans Vakatawa

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L’équipe de France à VII s’est envolée en fin de semaine dernière pour la deuxième tournée de la saison pour les troisièmes et quatrièmes étape du circuit HSBC sans son arme fatale : Virimi Vakatawa, retenue par le sélectionneur du XV de France Guy Novès.

Virimi Vakatawa est à l’équipe de France à VII, ce que Dan Carter est au All Blacks : un joueur décisif et une tête de gondole. Pour sa première sortie sur le circuit mondial cette saison, il a tout simplement été élu « impact player » du tournoi de Dubaï. Une récompense honorifique mais surtout symbolique de ce que représente le joueur d’origine fidjienne au sein de la formation tricolore. Sur cette seule étape, ses statistiques sont impressionnantes : 19 ballons portés pour sept « off load » décisifs et cinq franchissements nets. Rien que ça. Vakatawa, même si la qualité de sa défense demande encore quelques ajustements, est capable sur un coup de rein de déstabiliser les défenses les plus hermétiques. Sur le circuit HSBC, il est aujourd’hui considéré par beaucoup d’observateurs comme le meilleur joueur du monde. Autant dire que son absence lors des deux prochaines étapes de Wellington et Sydney pourrait se faire sentir. « Je ne suis pas sûr, rétorque Jean-Claude Skréla le manager des Bleus. Nous avons aujourd’hui une équipe bien plus complète, bien plus homogène que par le passé. Notre réussite ne repose pas sur une seule individualité. Un garçon comme Terry (Bouhraoua) peut tout autant être décisif. »

C’est sans doute la raison pour laquelle Jean-Claude Skréla a accepté de libérer son joueur en faveur du XV de France. Mais pas seulement. « Je suis plutôt favorable à ce que Virimi joue avec le XV de France, explique encore l’ancien DTN de la FFR. Si Guy Novès juge qu’il est apte, je n’y vois pas d’inconvénient. Aujourd’hui, il est peut-être le meilleur ailier sur le marché. Et pour nous, il est important de démontrer qu’un joueur sous contrat fédéral à VII peut se voir ouvrir les portes du XV de France. » D’aucuns y verront alors un choix politique, ce que réfute Skréla. « Pour moi, ça pourrait juste être une jurisprudence. » « Je trouverais ça très bien, reprend justement Frédéric Pomarel. Ça validerait le travail de l’équipe de France à VII et ça montrerait que les passerelles existent, même à très haut niveau. Ce serait une réussite fédérale et une démonstration faite à ceux qui n’y ont jamais cru. » Un message clair et sans ambiguïté.

Surtout, dans le même temps, Jean-Claude Skréla, après un long travail de sape, est parvenu à convaincre plusieurs clubs de Top 14 de libérer certains de leurs joueurs afin que ces derniers puissent renforcer l’équipe de France à VII. Ils seront quatre (Martial, Ouedraogo, Retière et Bruni) sur les deux prochaines étapes (lire par ailleurs). Avec pour mission de faire oublier l’absence de l’arme fatale.

Arnaud Beurdeley
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