L'Italie ou la peur du vide

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    L'Italie ou la peur du vide
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En raison d'un nombre exceptionnel de forfaits, Jacques Brunel débute ce Tournoi des 6 Nations avec une équipe rajeunie, certes enthousiaste, mais manquant cruellement d'expérience. Un handicap de trop face à des Bleus en quête de vérité ? 

La fougue de la jeunesse. C'est le pari de Jacques Brunel, contraint de miser sur le renouvellement de génération en raison d'un groupe italien décimé par les blessures. Plus d'un tiers des joueurs présents à la Coupe du monde en Angleterre sont actuellement sur le flanc. La Squadra Azzurra n'est pas au mieux. Tout d'abord en raison de ses résultats sportifs peu reluisants depuis deux saisons mais aussi par l'absence de nouveaux talents émergents. Le rugby italien patine, même si l'équipe de Jacques Brunel a longtemps pensé créer une des surprises du dernier mondial en tenant tête à l'Irlande. A tel point que des formations comme la Géorgie, le Japon ou même, dans une moindre mesure le Canada, paraissent aujourd'hui capable de rivaliser avec les Italiens. A tel point que l'ancien sélectionneur Pierre Berbizier avoue dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport que « l'Italie vaut la troisième division. »

Pour son dernier Tournoi des VI Nations, son onzième en tant qu'entraîneur, Jacques Brunel veut insuffler une nouvelle dynamique avant de tirer sa révérence. Pour sortir la tête haute avant que le début de son mandat avait débuté avec des résultats prometteurs. Il mise sur l'enthousiasme des jeunes pour y parvenir. Odiete, Bellini, Gega et Lovotti, tous les quatre titulaires au Stade de France, porteront pour la première fois le maillot italien alors que l'ancien manager de Perpignan a décidé la direction du jeu à Canna, qui ne compte que sept sélections. Il a aussi placé deux néophytes sur le banc des remplaçants (Zanusso, Van Schalkwyk). « Des choix dictés par la volonté d'élargir la base », a commenté Jacques Brunel alors que la presse italienne parle d'une révolution.

Un enthousiasme que ces bleus devront transmettre au reste d'une légion dont les cadres, mis à part le capitaine Sergio Parisse, sont en perte de vitesse. Soit parce qu'ils se remettent tout juste d'une blessure (Castrogiovanni), soit parce qu'ils ont peu de temps de jeu dans leurs clubs, à l'image de Campagnaro qui se morfond à Exeter. L'état de forme des « anciens » est une énigme. Mais défendre les couleurs de votre pays peut vous faire retrouver vos jambes d'adolescents. C'est en tout cas le souhait de Jacques Brunel.

Nicolas Augot
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