C’est passé si près

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Publié le , mis à jour

Auteur d’une pénalité fantastique, l’ouvreur du Stade français a sauvé les Bleus d’un accident industriel. Le XV de France devra être plus fort, s’il souhaite battre l’Irlande samedi…

L’analyse

Que serait-il advenu des Bleus si Jules Plisson, avec une facilité désarmante, n’avait réussi ce but de pénalité de près de soixante mètres à la 76e minute ? L’Italie aurait-elle gagné à Paris pour la première fois de son histoire ? On est en droit de le croire, en effet… Pour le premier match du mandat de Guy Novès, le Stade de France a ainsi tremblé jusqu’au bout, soutenant néanmoins sa bleusaille avec une patience qu’on ne lui connaissait plus. Un rien maladroite, bousculée dans le combat d’avants, parfois fébrile en défense et manquant cruellement de repères dans l’animation offensive, la jeune équipe de France de Novès n’a pas encore rassuré le petit monde du rugby hexagonal. À défaut de se montrer sereine, elle fit pourtant preuve d’un indéniable culot, attaquant ses rares bons ballons avec un indéniable appétit. Passée tout près d’un accident industriel majeur, l’équipe nationale doit aujourd’hui monter en puissance si elle souhaite vaincre l’Irlande samedi…

Le fait

Au coup d’envoi de ce match, ils étaient six joueurs du paquet d’avants tricolore à avoir disputé le dernier Mondial ; six joueurs - Ben Arous, Guirado, Slimani, Maestri, Picamoles et Chouly - déjà incontournables sous le mandat de Philippe Saint-André. Dès lors, on aurait pu croire la conquête française assise sur un monticule d’expérience. Verdict ? Au Stade de France, le paquet d’avants français souffrit de la comparaison avec son homologue italien, ne permettant que trop rarement à une ligne de trois-quarts au profil alléchant d’exprimer son talent. Dans le combat collectif, une réaction est donc attendue samedi, face à l’Irlande.

Le tournant

Décisif sur le premier essai des Bleus marqué par le Fidjien Virimi Vakatawa (15e minute), Louis Picamoles se blessa néanmoins aux ischio-jambiers sur cette même action et fut aussitôt remplacé par son coéquipier en club, le jeune Yacouba Camara. Sans leur bulldozer, les Bleus eurent alors toutes les peines du monde à jouer dans l’avancée et mettre en difficulté la défense italienne. Repositionné en numéro 8, le Clermontois Damien Chouly, s’il est sans conteste un joueur de touche honnête, manque encore cruellement de puissance dans le jeu courant. Alors, le XV de France est-il dépendant de Louis Picamoles, qui deviendra l’an prochain le deuxième plus gros salaire du championnat d’Angleterre derrière Manu Tuilagi ? On serait enclin à répondre par l’affirmative. Si Picamoles était resté sur la pelouse du Stade de France, les Bleus se seraient sortis du piège italien beaucoup plus tôt…

La fiche technique

À PARIS (Stade de France), samedi 15 h 25. Arbitre : M. Doyle (Angleterre). 60 000 spectateurs environs

Evolution du score : 0-3, 5-3, 5-8, 10-8 (MT) ; 10-11, 10-18, 17-18, 20-18, 20-21, 23-21.

FRANCE > 3E Vakatawa (14e), Chouly (33e), Bonneval (60e) ; 1T Plisson (61e) ; 2P Plisson (69e, 76e).

Non entré en jeu : 16. Chat

Blessé : Picamoles (ischio-jambiers)

ITALIE > 2E Parisse (26e), Canna (45e) ; 1T Canna (45e) ; 2P Canna (46e), Haimona (74e) ; 1DG Canna (9e).

Blessé : Odiete (mollet)

LES BUTEURS Bézy 0P/1, 0T/2 ; Plisson 1T/1, 2P/2 ; Canna 1T/2, 1P/2, 1DG/1.

FRANCE 15. Médard (22. Doussain 78e) ; 14. Bonneval, 13. Fickou (23. Mermoz 57e), 12. Danty, 11. Vakatawa ; 10. Plisson, 9. Bézy (21. Machenaud 69e) ; 7. Chouly, 8. Picamoles (20. Camara 16e), 6. Lauret ; 5. Maestri, 4. Jedrasiak (19. Flanquart 73e) ; 3. Slimani (17. Atonio 51e), 2. Guirado (cap.), 1. Ben Arous (18. Poirot 51e).

ITALIE 15. Odiete (23. McLean 55e) ; 14. Sarto, 13. Campagnaro, 12. Garcia (22. Haimona 69e), 11. Bellini ; 10. Canna (21. Palazzani 78e), 9. Gori ; 7. Zanni (20. Van Schalkwyk 13e – 21e ; 67e), 8. Parisse (cap.), 6. Minto ; 5. Fuser, 4. Biagi (19. Bernabo 44e) ; 3. Cittadini (18. Castrogiovanni 65e), 2. Gega (16. Giazzon 57e), 1. Lovotti (17. Zanusso 65e).

Marc Duzan
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