France - Irlande : les avants au crible

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    France - Irlande : les avants au crible
Publié le , mis à jour

Dans le sillage des Guirado ou Slimani, plusieurs avants français ont été à leur avantage.

PREMIÈRE LIGNE

Atonio a souffert, Slimani a tout changé

Le tournant de cette rencontre s’est assurément produit à la 45e minute avec le remplacement des deux piliers. Jusque-là, Uini Atonio avait constamment souffert dans l’épreuve de force. Son hors-jeu dans un ruck (2e) avait donné le ton de sa prestation. Le pilier de La Rochelle a ensuite été sanctionné à deux reprises en mêlée fermée, le flanc droit tricolore étant fréquemment mis en difficulté (12e, 38e). Son intense activité dans le jeu – huit prises de balle — sera restée vaine. De l’autre côté, Jefferson Poirot a relativement mieux tenu son rang et s’est démené, faisant fi de la timidité inhérente à une première titularisation. À noter son sans-faute au plaquage (10/10). Les rentrées conjointes de Rabah Slimani et Eddy Ben Arous auront permis à la mêlée bleue de prendre l’ascendant sur phase arrêtée. Après avoir obtenu une première pénalité (55e), la première ligne française, dans le sillage de Slimani, a poussé son adversaire au supplice dans les dix dernières minutes. Après s’être vue accorder trois pénalités, la mêlée a mis Maxime Médard sur orbite.

TALONNEURS

Guirado a montré la voie

Le capitaine tricolore a répondu présent. Elu à juste titre talent d’or du match, Guilhem Guirado s’est signalé dès la 3e minute par une première charge intéressante. Par la suite, il s’est montré précis sur ses lancers – un ballon volé par l’alignement irlandais, précieux dans les rucks et énergique en défense. Son plaquage haut sur Dave Kearney (27e) aurait pu lui valoir une pénalité voire un carton jaune. Il n’en témoigne pas moins de sa détermination à combattre. Sorti un temps en raison d’un choc, il est revenu en fin de rencontre où son abattage, en défense où il a réalisé onze plaquages comme en attaque avec ses charges au ras, s’est révélé décisif. Camille Chat aura connu sa première cape. Le Racingman s’est montré fébrile avec un premier lancer non maîtrisé (53e).

DEUXIÈME LIGNE

Maestri, départ en fanfare

Yoann Maestri avait connu un départ pianissimo face à l’Italie. Le Toulousain n’a cette fois pas manqué son entame. Il a régulièrement dominé ses vis-à-vis physiquement et a asséné plusieurs plaquages offensifs. Le deuxième ligne en comptabilise dix pour zéro échec. Il a cédé sa place à Paul Jedrasiak à la 59e minute. Le Clermontois a pris le relais de son aîné, fort de sa dimension physique et de sa belle énergie. En mêlée, positionné à droite, il a assisté Rabah Slimani dans son œuvre de destruction. Alexandre Flanquart aura, entre autres choses, permis au XV de France de rivaliser dans le secteur de la touche. Le Parisien s’est beaucoup démené autour des rucks et a ferraillé en défense pour repousser les assauts celtes. En attaque, il s’est proposé à onze reprises, le plus haut total des avants. A défaut de créer des différences, il s’est montré propre sur ses interventions.

TROISIÈME LIGNE

Un duo tout en contrastes

Une semaine après avoir rendu une copie mitigée face à l’Italie, le Racingman était confronté à un défi de taille : rivaliser avec les références irlandaises de la troisième ligne. Il s’est distingué par un contre-ruck important dans les vingt-deux mètres tricolores (41e). Une de ses précédentes interventions lui avait valu un coup de sifflet (28e). À son crédit, on retiendra aussi ce ballon volé sur lancer irlandais, dans une période de domination adverse (3e). Si offensivement, son apport reste trop limité, en défense, son abattage s’avère précieux, comme lors du premier acte. Sur le côté opposé, Yacouba Camara s’est encore démené sans compter. Sa couverture du terrain lui a permis d’être présent sur les points de rencontre. Balle en main, il s’est activé et a passé les bras à deux reprises. Il possède le profil pour être le troisième ligne de champ tant attendu. Mais comme face à l’Italie, le Toulousain a connu un déchet conséquent avec trois en-avant consécutifs en début de seconde mi-temps. Entré en jeu à la 68e minute, Loann Goujon s’est positionné en numéro 8 sur la mêlée décisive. S’il a commis une faute dans les 22 mètres irlandais, il a démontré une activité intéressante et a récupéré le dernier ballon d’attaque irlandais dans un ruck (79e).

NUMÉRO 8

Chouly tel qu’en lui-même

Damien Chouly a été fidèle à son image. Le Clermontois a été propre techniquement sans véritablement peser sur la défense irlandaise. Ses vingt-trois mètres parcourus illustrent ses limites offensives : il n’est pas parvenu à casser de plaquages ou à assurer la continuité du jeu pour lui donner de la vitesse ou de l’ampleur. Les charges de Louis Picamoles manquent décidément au XV de France… BISSONNET Vincent

Vincent Bissonnet
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