« Faire taire les critiques à son égard »

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    « Faire taire les critiques à son égard »
Publié le , mis à jour

Renaud Gély – entraîneur de Saint-Sulpice Le technicien est ravi d’intégrer le champion du monde all black Piri Weepu dans ses rangs. Mais une fois la surprise passée, il doit l’intégrer sans perturber l’équilibre de son équipe qui fonctionnait bien jusqu’alors…

Piri Weepu à Saint-Sulpice, comment est-ce possible ?

Par un heureux concours de circonstances. Nous avons un joueur, Manasa Bola, qui est ami intime avec Sitiveni Sivivatu. Ce dernier vient souvent au stade à Saint-Sulpice voir jouer son ami. Ils connaissent bien Neemia Tialata, qui joue à Toulouse et qui héberge Piri Weepu. Nous avons un dirigeant (Lilian Cler, N.D.L.R.) qui est bien intégré dans leur milieu et qui a fait le lien entre Piri et notre club. Il vient nous donner un coup de main et en contrepartie nous lui remettons modestement le pied à l’étrier. C’est une superbe opportunité !

Comment allez-vous intégrer un tel joueur dans votre équipe ?

On fera tout pour lui faciliter la vie et pour qu’il se sente à l’aise. Il a déjà fait deux entraînements avec nous et il a montré de très belles choses. C’est un garçon déjà très attentif, très à l’écoute. À ce niveau-là, en deux soirées, il a déjà intégré la façon dont l’équipe joue. Les lancements n’auront bientôt plus de secret pour lui.

Tout le monde a beaucoup à apprendre à voir évoluer un champion du monde. Comment vos joueurs l’ont-ils accueilli ?

Tout d’abord, c’est un honneur de pouvoir entraîner un tel mec. Il va falloir gérer sans déséquilibrer. Bien entendu tous les joueurs l’ont accueilli à bras ouverts. Piri, c’est un plaisir de le voir évoluer. Sa gestuelle… C’est propre, appliqué… La passe est belle et précise des deux côtés bien sûr… C’est magnifique à voir.

Comment allez-vous l’utiliser ?

Bonne question ! On ne sait pas encore vraiment. Cela dépendra de plusieurs facteurs. De son ressenti et de nos besoins. À ce niveau, inutile de préciser qu’il peut jouer à tous les postes de la ligne de trois-quarts. Nous envisageons de l’utiliser numéro 9, numéro 10 ou centre. La grosse difficulté va être de l’intégrer sans perturber l’équilibre de l’équipe qui tournait bien avant son arrivée (premier de poule 1, N.D.L.R.). On va prendre du recul, laisser passer l’euphorie, prendre le temps de discuter avec lui et voir ce qui est le mieux pour tout le monde.

Quel est son ressenti depuis son arrivée ?

Nous avons pu « débriefer » ses deux premiers entraînements en sa compagnie. Il se dit très content. Son retour est très positif. Cela m’a étonné mais il a l’air de se régaler !

Quels sont les termes de son contrat moral vis-à-vis du club ?

Nous allons l’aider à retrouver du plaisir en jouant au rugby. En contrepartie, nous lui demanderons de faire grandir ce groupe de jeunes qui ne demande qu’à apprendre. Sa présence sera forcément positive.

Quand commencera-t-il à jouer en match officiel ?

Cela risque d’être un peu juste pour qu’il soit parmi nous dimanche. Cela ne paraît pas, mais muter un joueur ne se fait pas en claquant des doigts. À l’heure de cet entretien, il nous manque le tampon du comité du Lyonnais (comité de l’ancien club de Piri, Oyonnax, N.D.L.R.). Cela est en cours mais il le timing risque d’être trop serré pour dimanche. À voir…

Quel coup de projecteur incroyable sur votre petit club…

Oui, nous n’étions pas habitués. Il faut composer avec les journalistes désormais. Cela va sûrement se tasser. En attendant, nous espérons sincèrement que Piri Weepu pourra redevenir un joueur de rugby chez nous. Depuis son licenciement d’Oyonnax, on lit des choses terribles : joueur fini, alcoolisme, descente aux enfers… Nous voulons l’aider à se remettre le pied à l’étrier et à prendre du plaisir sans pression.

Par David Bourniquel

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