La France encore trop tendre

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    La France encore trop tendre
Publié le , mis à jour

Battus à Cardiff (19-10) malgré du cœur à l'ouvrage, les Bleus ont pu mesurer l'écart qui demeure avec une top nation mondiale. Mais les raisons d'espérer sont réelles.

L'analyse : les Français

Pour se donner le droit de quitter Cardiff la tête haute, les Bleus se devaient d'être investis d'une mission de don de soi exceptionnel. En ce sens, l'équipe de France n'aura pas grand-chose à regretter. Irréprochables dans l'investissement durant les quatre-vingt-minutes qu'ils passèrent sur la pelouse, malgré quelques écarts physiques marquant avec leurs adversaires, les Français se sont au moins assurés une bonne nuit de sommeil. Et le confort de la sérénité pour continuer de travailler. Car l'autre enseignement, c'est qu'il reste du boulot.

Ce vendredi à Cardiff, les Bleus ont pu mesurer l'écart qu'il leur reste à combler avec une équipe qui évolue, grosso modo, depuis six saisons ensemble. Sans être géniaux, les Gallois proposent un rugby hyper-structuré, où la pré-action leur permet d'imposer beaucoup de vitesse malgré la masse de sa ligne de trois-quarts. Ils se montrent aussi extrêmement réalistes à l'approche des lignes, que ce soit défensivement ou offensivement. Tous les critères d'une grande équipe que ces Bleus, malgré leur bonne volonté, ne sont pas encore.

 

Le fait : Guirado quatre étoiles

Si les Bleus se posaient clairement des questions, en octobre dernier au moment de tourner la page de sept années de capitannat de Thierry Dusautoir, ils auront trouvé dans ce début de Tournoi des VI nations des raisons de se rassurer. S'il avait globalement raté sa première sortie face à l'Italie, Guirado avait déjà fait forte impression face à l'Irlande, la semaine suivante. Ce vendredi à Cardiff, le Toulonnais aura de nouveau été un leader de combat exceptionnel. Avançant sur chaque impact, extrêmement efficace dans le jeu au sol, Guirado a surtout su sortir de sa boîte, défensivement, pour imposer quelques gros plaquages dans des moments où son équipe était en souffrance. Un leader par l'exemple ? Il y a forcément de ça.

 

Le tournant : un en-avant cher payé

Tout part d'un en-avant, de Jefferson Poirot sur les 40 mètres gallois. Le battement d'aile d'un effet papillon qui amènera, une passe et soixante mètres plus loin, l'essai du break pour George North (16-3). A la base, le demi de mêlée Gareth Davies récupèrait le ballon tombé et alertait immédiatement Jonathan Davies sur l'extérieur. Le trois-quart centre clermontois se remettait dans le sens de la marche, lèvait la tête et allongeait un amour de coup de pied dans le fond du terrain français, alors déserté. A la course, North déposait Mermoz puis Plisson, ratait d'abord le ballon mais le récupèrait dans un second temps et filait aplatir. Longtemps en résistance mais sans craquer (6-3 à la pause), les Bleus ne parviendront plus à reprendre le dessus malgré un belle réaction d'orgueil.

 

Léo Faure
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