Bilan : Ces Bleus sont encore trop tendres

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    Bilan : Ces Bleus sont encore trop tendres
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Battus au pays de Galles après deux victoires inaugurales, les Bleus ont pu mesurer que, si leur engagement reste un point fort, leur production collective n'est pas encore à même de faire plier une top nation mondiale. Bilan.

La satisfaction : le mental comme leitmotiv

Clairement, le gros point positif des deux premières rencontres dans ce Tournoi était le mental de cette équipe, chahutés au Stade de France par l’Italie puis l’Irlande mais qui, à chaque fois, avait trouvé les ressources pour s’en sortir indemne. Le constat vaut toujours, après ce déplacement en Écosse et malgré la défaite (19-10).

Cette propension à ne rien lâcher fut d’abord précieuse en première période quand, privés de ballons et martyrisé par le jeu en l’air des Gallois, les Bleus ne viraient à la pause qu’avec trois points de retard (6-3). Un petit miracle, tant la domination était clairement gallloise. Cette disposition s’est également vérifiée en seconde période. Après l’essai de North en contre (16-3), on craint très clairement que les Français ne lâchent le match et finissent par récolter une valise qui aurait fait désordre. Il n’en fut rien, puisque ce sont au contraire les Français qui ont très nettement pris la direction des débats. « Il y a de la déception d’avoir perdu mais aussi un peu de fierté d’avoir vu les mecs ne rien lâcher, se battre jusqu’au bout et inverser les tendances en seconde période. [...] Ce groupe est animé d’un superbe état d’esprit. C’est une belle base de travail » voulait positiver Yannick Bru, après la rencontre. Induisant aussi par là qu’il reste une grosse dose de travail à fournir.

 

La déception : une animation offensive qui se fait désirer

Sont-ce les restes du sérieux coup de flippe, en ouverture face à l’Italie ? Joueurs jusqu’à l’excès, cherchant la passe de plus jusqu’à verser dans la passe de trop, les Bleus s’étaient fait une sacrée frayeur et avait frôlé la correctionnelle. Depuis, ils semblent basculer dans l’excès inverse. Bousculé par les Irlandais, les Bleus avaient cherché (et trouvé) leur salut dans l’exercice de la mêlée fermée. Au pays de Galles ce vendredi, lorsqu’ils ont pu mettre la main sur le ballon en seconde période et faire monter la pression proche des lignes, ils se sont contenté d’un jeu à une passe. Des schémas trop restrictifs pour espérer faire sauter le verrou de fer des hommes de Gatland. Si ces Bleus nouveaux ont certainement besoin de temps pour se construire collectivement, il conviendra aussi de trouver un juste milieu où positionner le curseur du jeu. Sans animation offensive ambitieuse et structurée, difficile d’espérer rivaliser avec les top nations mondiales.

 

La suite : direction Murrayfield

 

Qu’on ne s’y trompe pas, le déplacement vers Edimbourg sera tout sauf une partie de plaisir. S’ils se bien inclinés lors de deux premières rencontres, les hommes de Vern Cotter sont aussi passés tout près de l’exploit au Millennium, il y a deux semaines, après avoir copieusement chahutés le XV de la Rose. Samedi dernier, ils sont allés s’imposer avec autorité en Italie. Si vous ajoutez à cela que l’Écosse demeure la nation européenne qui fut la plus proche de rallier les demi-finales de la dernière Coupe du monde, vous comprendrez que le temps des promenades de santé écossaise est bien révolu. Depuis l’arrivée de Cotter en Écosse, le XV de chardon a ajouté du muscle et de la cohérence à un projet de jeu jusque-là enfantin. Et les Bleus, s’ils ne sont pas capables d’ici le 13 mars, de rectifier le tir dans le domaine offensif, seront clairement en danger.

Léo Faure
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