Oscar Midol — Valentin : « J’ai fait le maximum pour vivre à la « cantalienne »

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    Oscar Midol — Valentin : « J’ai fait le maximum pour vivre à la « cantalienne »
Publié le , mis à jour

Albert Valentin — ailier d’Aurillac le Cantalien a reçu l’Oscar Midi Olympique récompensant son excellent début de saison. Hommage mérité pour le chasseur d’essai du Stade Aurillacois.

par Thierry JOUVENTE

Que représente pour vous cet Oscar Midi-Olympique ?

Beaucoup de bonheur pour moi bien sûr, mais c’est aussi un hommage à tous mes coéquipiers, ma famille et tous mes amis. Succéder à Maxime Petitjean dans l’histoire des récompensés du club, ce n’est pas rien !

Comment atterrit-on des plages de Nouméa aux pieds du Puy Courny ?

En 2003, je suis venu disputer un tournoi de rugby à VII avec l’équipe de Nouvelle-Calédonie au stadium de Brive. Je savais, par mon oncle Gaby Maka, alors joueur du Stade aurillacois, que des superviseurs seraient présents sur ce fameux tournoi. Il faut croire que j’ai tapé dans l’œil de Walter Olombel et de Marc Brasquies puisque, trois saisons plus tard, je posais mes valises à Aurillac. Suivi de très près par Bernard Tokotuu. À deux, l’intégration s’est avérée plus facile.

À ce moment-là, vous aviez un peu plus de 17_ans, gardez-vous un bon souvenir de vos débuts ?

Oui même si pour mon premier match en juniors, la rencontre a été plutôt musclée. Mais j’ai eu la chance d’être tout de suite accepté par les tauliers de l’époque. Je pense plus particulièrement à Paul Boisset, Jean-Philippe Cassan, Pierre Séry et Antoine Fournier qui sont, eux aussi, devenus pros à Aurillac.

Malgré la présence de Bernie Tokotuu en équipe Crabos et celle de Vitto Manukula en équipe première, n’avez-vous pas connu des périodes de blues ?

Si bien sûr, mais mes parents m’ont toujours encouragé à aller au bout de mon rêve. Et mon rêve, comme celui de beaucoup de jeunes de Nouvelle-Calédonie, c’était d’évoluer à haut niveau en métropole. Très vite, j’ai pu enfiler le maillot de l’équipe première. C’était à Limoges en Pro D2 et je remplaçais Walter Olombel, celui qui m’avait permis de rejoindre Aurillac en 2006. Ensuite, je n’ai jamais quitté le groupe, sauf sur blessures. Au passage, j’ai même porté le maillot de l’équipe de France à VII.

On dit que les Cantaliens sont parfois particuliers voire renfermés. Avez-vous ressenti de la défiance à votre encontre ?

Non jamais, j’ai même trouvé des gens supers et conviviaux. Dans la cité comme dans le club, j’ai été accepté sans problème. Même si nous, les gens des Iles, nous sommes différents dans notre fonctionnement, j’ai fait le maximum pour vivre à la « cantalienne »

Au point de fonder une famille avec une jeune aurillacoise ?

Et oui, j’ai rencontré Anaïs. Elle m’a aussi permis de retrouver ici un équilibre familial. Vous savez, ce n’est pas toujours facile d’être déraciné même si c’est votre volonté. Alors à ses côtés, j’ai mûri au point d’avoir un petit garçon. Aujourd’hui, Lenny est ainsi devenu mon plus grand supporter.

Vous venez de signer un nouveau contrat de cinq_ans avec le Stade aurillacois. C’est une marque de confiance ?

Oui, cette signature démontre que le club me fait confiance. Et la confiance c’est très important pour un sportif. En contrepartie, je vais tout faire pour renvoyer l’ascenseur. J’ai envie de m’installer durablement dans ce club et dans le Cantal. Pour l’instant, je prépare, à côté du rugby, un diplôme de géomètre métreur car l’après carrière arrivera très vite. Notre projet immédiat est même de faire construire une maison dans les environs. Pour autant, si je pouvais me téléporter j’irai un peu plus souvent rendre visite à mes parents en Nouvelle-Calédonie. Il m’a fallu dix ans pour y retourner.

LA SAINT VALENTIN !

C’est dans une halle de Lescudilliers comble, devant plus de 1 000 personnes, organisée par ovalie communication qu’Albert Valentin s’est vu oscariser la semaine dernière. Une récompense qui éclabousse tout un club.

Près d’un millier de personnes s’étaient donc précipitées pour voir le trois-quarts aile stadiste, Albert Valentin, balancé malgré lui sous les feux de la rampe. Bien plus timide sur un podium que sur les terrains de jeux, « Toko » a donc dû se dévoiler face à une foule se régalant du numéro de duettistes signé Jean Abeilhou et Romain Magellan. Voilà pour le côté scénique de cette soirée de gala. Côté parterre, Christian Millette, président du Stade aurillacois, Pierre Mathonier, le maire de la cité géraldienne, Vincent Descoeurs, le président du Conseil départemental, et Alain Calmette, député du Cantal, avaient, eux aussi, pris position parmi bien d’autres personnalités. Tous étaient venus pour féliciter le héros d’un soir sans oublier de valoriser, au passage, le club tout entier. Après avoir été titillé pour les caprices météorologiques d’Aurillac par l’ancien pilier de Grenoble, de Bourgoin et des Saracens, chacun y est allé de sa défense une fois sur scène. Si pour le numéro un du club de la préfecture, Aurillac comptait autant de jours d’ensoleillement annuels que la Ville rose, pour le président du département, Aurillac c’était Toulouse… avec la neige en plus. Quant au premier magistrat de la ville, c’est en remettant à l’oscarisé du jour un magnifique couteau baptisé « l’Aurillac » qu’il s’est distingué. Bref, une soirée rondement menée entre saynètes tournées par Romain Magellan, remises de cadeaux multiples et variés, vidéos sur les glorieux anciens du club et bien sûr une large place laissée aux exploits d’Albert Valentin.

Les qualités naturelles de « toko »

Ainsi d’un essai pirouette marqué lors du tournoi à VII Air Sevens de Londres, à une foule de réalisations inscrites pour le compte des Rouge et Bleu, le public s’est pris au jeu d’une éventuelle qualification pour le top 5 en fin d’exercice. N’oublions pas aussi l’hommage rendu par les anciens Stadistes et désormais Biterrois, Vitto Manukula et Bernard Tokottu, par vidéo interposée. Et que dire d’Antoine Renaud grimé, pour l’occasion, en un Albert Valentin aussi vrai que nature. Rien, si ce n’est l’esprit rugby ayant plané toute la soirée sur la Halle de Lescudilliers. Un esprit relancé lors de l’intervention des deux coachs cantaliens. Si pour Thierry Peuchlestrade, l’entraîneur des lignes arrière, les qualités naturelles de Toko ne font aucun doute, pour le head-coach, Jeremy Davidson, la réussite de son ailier venait d’ailleurs. « Quand nous partons en déplacement, le bus n’a pas encore quitté le stade Jean-Alric, qu’Albert dort déjà. Et ça peut durer autant de temps que dure le trajet, jusqu’à dix heures s’il le faut. Le problème, c’est qu’il s’installe juste derrière moi et que ses ronflements sont plutôt énervants, c’est à se demander ce qu’il fait de ses nuits. » De quoi plier en deux les aficionados présents avant que Romain Magellan ne balance un quizz de sa fabrication, que Jean Abeilhou ne lance l’arrivée sur scène des partenaires historiques des Oscars, le tout entrecoupé de musiques de « djeun’s ». Le mot de la fin revenant à un one-man-show obligé signé Albert Valentin. « N’étant pas très doué pour les discours, j’en ai préparé un sur mon téléphone portable… » Pourtant, après avoir lu ou plus exactement bredouillé deux ou trois phrases de remerciements, c’est au feeling, que Toko en a terminé. Les jardiniers de Jean-Alric ayant même eu droit à leur moment de gloire. Un vrai bon moment de rugby !

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