À Vegas, Skréla joue carte sur table

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    À Vegas, Skréla joue carte sur table
Publié le , mis à jour

L’actualité de France 7 est riche. Les Bleus de Frédéric Pomarel s’apprêtent à disputer les étapes de Las Vegas et Vancouver après la gifle de Sydney, Virimi Vakatawa fait le buzz à XV, Yohan Huget rêve de faire les JO… Autant de sujets évoqués ici par le manager de France 7 Jean-Claude Skréla. En toute transparence.

Quels enseignements avez-vous tiré des deux dernières étapes de Wellington et Sydney où les résultats n’ont pas été très brillants ?

Il n’y a pas qu’au niveau du résultat que ça n’a pas été brillant (rires). On a évidemment fait le bilan de cette tournée, les joueurs en ont été informés. D’un point de vue rugbystique, tout n’est pas à jeter sur l’étape de Wellington. Certes, on ne s’est pas qualifié à cause d’une défaite dans les dernières secondes face à l’Angleterre, mais il y a du positif. En revanche, les joueurs ont complètement lâché à Sydney. En termes d’état d’esprit et sur le jeu, ce fut décevant. Les joueurs en sont conscients. Je ne vais pas me cacher derrière cette excuse, mais l’équipe a été fortement remaniée. Mazoué et Lakafia se sont blessés la veille de notre départ, mais ça n’explique pas tout. Ça n’explique pas en tout cas notre défaite face à l’Angleterre dans les dernières secondes. Et ça n’explique encore moins le comportement affiché à Sydney.

Comment expliquez-vous alors la déconvenue subie à Sydney ?

Après la troisième place au Cap, on s’est peut-être vu arriver un peu trop haut. Les joueurs se sont laissés griser par un environnement peu propice à la performance. Inconsciemment, je suis convaincu que ça a joué. En termes de concentration, de préparation, les joueurs n’ont pas été au rendez-vous.

Mais l’intégration de trois « quinzistes » n’a-t-il pas perturbé l’équilibre du groupe ?

Je ne crois pas car le groupe avait été prévenu très tôt. Surtout, que ce soit Martial ou Ouédraogo, ils avaient déjà été dans le groupe. Ces deux-là comme Marvin O’Connor ou Rémi Grosso savent qu’ils sont en course pour participer aux Jeux Olympiques. Et tout le groupe est au courant. Tout a été fait en toute transparence. Quant à Virgile Bruni, on le remercie de nous avoir dépannés en raison de nombreux blessés. De toute façon, il fallait bien qu’on appelle des joueurs puisque quatre des nôtres étaient blessés et un (Vakatawa) était sélectionné avec le XV de France. Et puis, ne prenons pas le problème à l’envers : plus les « septistes » seront bons, plus les « quinzistes » trouveront leur place. Pour les « quinzistes », c’est dur. J’ai discuté hier matin (lundi) avec Bryan Habana. Il me disait : « Putain, qu’est-ce que c’est dur le 7 ! ».

Vous avez donc décidé de convoquer cette fois-ci Sofiane Guitoune. Pourquoi ?

Dans la mesure où je n’ai pas pu avoir Virimi (Vakatawa), il nous fallait d’autres joueurs. Mazoué et Lakafia joueront à Vancouver, mais ne sont pas encore sûrs de pouvoir jouer sur l’étape de Las Vegas. C’est en bonne voie, mais il nous fallait d’autres solutions. Et puis, poste pour poste, Sofiane a toutes les qualités pour remplacer Virimi. Il a déjà joué à 7 par le passé. D’ailleurs, je ne l’ai pas vu dépaysé sur les entraînements. Je suis sûr qu’il va s’intégrer sans problème.

Avez-vous été tenté d’emmener Virimi Vakatawa sur l’étape de Vegas puisque le XV de France fait relâche ce week-end ?

Je vous propose d’aller demander à Guy Novès si j’ai été tenté (rires). Evidemment que j’ai été tenté. Je pense que Virimi a besoin de jouer. Par rapport aux autres joueurs du Top 14, il n’a disputé que deux Tournoi à 7 où il n’a joué que quarante à quarante-cinq minutes par tournoi. Il n’est donc pas fatigué. Ce qui m’a retenu, c’est uniquement le décalage horaire. Je me suis donc rangé à l’avis du sélectionneur du XV de France. Mais l’étape se serait déroulée à Londres ou Paris, nous l’aurions pris.

Comment l’avez-vous jugé lors de ses trois prestations avec le XV de France ?

J’ai parfois l’impression qu’il s’ennuie (rires). À VII, il touche quarante ballons par match. À XV, il en touche trois ou quatre. Je le vois constamment la main levée pour avoir le ballon, seulement le ballon n’arrive pas toujours. Après, j’ai le sentiment qu’il a tout de même fait deux bons matchs contre l’Italie et l’Irlande. Après, face aux Gallois, il a montré ses limites sur les ballons hauts. Mais globalement, c’est positif.

Avez-vous bon espoir de le conserver sous contrat avec la FFR ?

Pour le moment, il n’est parti nulle part (rires). J’ai donc bon espoir de le conserver. Je vais tout faire pour réussir. Ce sera à nous de faire les efforts financiers pour le conserver, mais ça ne m’inquiète pas. S’il continue à jouer à VII et à XV, ça ne posera pas de problème. Au contraire.

Qu’en est-il de la possibilité de voir Yohan Huget aux Jeux Olympiques ?

Alors, d’abord, je tiens à préciser que je n’ai jamais pris contact avec Yohan Huget pour lui proposer de participer aux Jeux Olympiques. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Ce n’est pas parce que certains joueurs ont envie de jouer les JO qu’ils y seront forcément. Des mecs qui veulent jouer à VII, il n’y en a pas beaucoup ; des mecs qui veulent jouer les JO, il y en a pleins. Surtout, Huget n’a toujours pas rejoué en raison de sa blessure. Je vous rappelle que pour prétendre participer aux JO, nous avons demandé à ce que les joueurs participent au moins à une étape du circuit mondial. J’ai évoqué le sujet avec Fabien Pelous car lui aussi a cru que j’avais contacté Huget. Fabien m’a envoyé un sms auquel j’ai répondu pour démentir. Pour moi, la parenthèse est refermée. Il est peu probable que Yohan Huget participe aux JO avec nous.

Pour conclure, quel est l’objectif de France VII sur l’étape de Las Vegas ?

Nous n’avons que des grosses équipes dans la poule (ndlr : Fidji, Argentine, Samoa), mais c’est très bien. Il nous faut enchaîner les gros matchs. C’est le contenu qui m’intéresse sur ces matchs-là et l’état d’esprit qu’on affichera. L’engagement des joueurs devra être irréprochable. Le travail effectué en début de semaine a été bon. Je dois dire qu’ils se sont faits un peu remonter les bretelles. À juste titre. De toute façon, si on veut gagner une médaille à Rio, il nous faut jouer contre les grosses équipes. C’est les affrontant qu’on finira par les battre régulièrement.

Arnaud Beurdeley
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