La Rochelle, un exploit au forceps

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    La Rochelle, un exploit au forceps
Publié le / Mis à jour le

Au terme d’une partie restée longtemps indécise, les Maritimes ont dominé Toulon 19 à 14. Une victoire de prestige pour les Rochelais, un relatif coup d’arrêt pour les Varois.

Par Vincent Bissonnet et Bruno Poussard

LE MATCH

La partie était annoncée indécise et spectaculaire. Si elle n’a pas affolé le tableau d’affichage du stade Marcel-Deflandre, elle a tenu ses promesses en termes de suspense et d’engagement. Les deux équipes se sont en effet livré un véritable bras de fer à coups de percussions balle en main, de batailles sous les chandelles et de luttes au sol. À ce petit jeu, les Toulonnais ont pris un léger ascendant au cours du premier acte, sans parvenir toutefois à concrétiser leurs occasions (6-3). Avec l’appui attendu du vent en deuxième période, les Varois paraissaient en position de force. Mais Uini Atonio et ses partenaires se montraient plus tranchants à la reprise et surprenaient des Toulonnais brouillons. Zach Holmes ramenait les siens à hauteur (47e) après une faute évitable de Levan Chilachava et leur permettait de passer devant après un temps fort majuscule (59e). Toulon remettait enfin la main sur le ballon et Jonathan Pélissié répliquait des quarante mètres (63e). Tous les efforts rochelais étaient finalement récompensés après une nouvelle séance de pick and go. Pierre Aguillon inscrivait l’essai de la libération à dix minutes du coup de sifflet final. D’un nouveau coup de pied, Zach Holmes écartait définitivement la menace. Le RCT se consolait tout juste avec le bonus défensif grâce à un essai de Tom Taylor après la sirène.

LA STAT – 18

Très heurtée et disputée, la première période de cette rencontre a été émaillée de dix-huit pénalités. Les Rochelais ont tout particulièrement été sujets aux coups de sifflet avec onze fautes à leur encontre. Les zones de ruck et le secteur de la mêlée fermée ont tout particulièrement été en cause. En dépit de cette indiscipline, les Maritimes ont écopé d’un seul carton jaune lors du premier acte, tout comme les Toulonnais. Un moindre mal pour les hôtes du jour. En deuxième période, les deux équipes ont largement rectifié le tir et le jeu a quelque peu gagné en fluidité.

LE TOURNANT DU MATCH

Déjà exclu temporairement à Agen une semaine plus tôt, Levani Botia aurait de nouveau pu coûter beaucoup plus cher à ses coéquipiers ce dimanche. Après un petit chambrage de l’ailier toulonnais Drew Mitchell sur son vis-à-vis Gabriel Lacroix (qui venait de pousser son adversaire en touche), le trois-quarts centre fidjien s’est de nouveau montré coupable d’un vilain geste, bras tendu sur le visage de l’Australien. Une brutalité inutile qui ne lui a finalement valu qu’un carton jaune peu avant la demi-heure de jeu, tout comme Mitchell. Mais qui aurait pu mettre l’ASR dans une posture bien plus compliquée avant la pause. Finalement, les Charentais n’ont encaissé que trois petits points dans ces dix minutes disputées à 14 à 14. Botia, lui, a mis l’engagement nécessaire pour faire oublier ce mauvais geste en deuxième mi-temps, avant de sortir sur un K.O. après une grosse percussion de Mathieu Bastareaud. Les Rochelais, eux, retiendront donc plutôt la belle victoire que la brutalité de leur puissant trois-quarts, sanctionné de deux cartons en deux semaines.

L’HOMME DU MATCH

À la 69e, c’est lui qui a délivré les joueurs de l’Atlantique stade rochelais. Après une touche conservée sur les 22 mètres toulonnais, le deuxième centre maritime Pierre Aguillon a conclu une nouvelle grosse séquence des siens devant la ligne varoise. Pour la seule action du match terminée derrière la ligne d’en-but adverse. Bien aidé par le talonneur Maxime Gau – formant ainsi un maul, le trois-quarts a donc aplati au meilleur moment, pour enfin donner un avantage considérable aux siens dans une confrontation des plus serrés. Et ce en puissance au milieu de ses avants, preuve de son énorme détermination mise dans cette rencontre. Une récompense logique pour Aguillon tant sa performance a impressionné ce dimanche. Plus qu’utile dans le jeu de pression des Rochelais pour revenir dans la rencontre après une entame subie, il a également su fréquemment se proposer dans l’alignement offensif charentais et surtout répondre au défi physique proposé par les puissants arrières du RCT souvent bien lancés. Une efficacité décisive pour l’ASR.

LA FICHE TECHNIQUE

La Rochelle – Toulon : 19-14.

Stade Marcel Deflandre,

dimanche 6 mars, 16h15 – 15 000 spectateurs

Arbitre : M. Raynal (Pays Catalan). Note : * Evolution du score : 0-3, 3-3, 3-6 (MT) ; 6-6, 9-6, 9-9, 16-9, 19-9, 19-14.

LA ROCHELLE > 15. Murimurivalu ; 14. Lacroix, 13. Aguillon, 12. Botia (21. Audy, 61e), 11. Roudil (22. Bérard, 14e) ; 10. Holmes, 9. Januarie ; 8. Amosa, 7. Kieft (20. Gourdon, 42e), 6. Graham ; 5. Cedaro (19. Qovu, 48e), 4. Sazy (18. Lagrange, 73e) ; 3. Atonio (cap) (23. Feao, 63e ; 1. Pelo, 68e ; 23. Feao, 77e), 2. Forbes (16. Gau, 48e), 1. Pelo (17. Synaeghel, 48e).

TOULON > 15. Armitage ; 14. Tuisova (21. Michalak, 68e), 13. Bastareaud, 12. Nonu, 11. Mitchell ; 10. Taylor, 9. Pélissié ; 8. Vermeulen (20. Armitage, 72e), 7. Gorgodze, 6. Fernandez Lobbe (cap) ; 5. Mikautadze (18. Taofifenua, 60e), 4. Suta (19. Smith, 60e) ; 3. Chilachava (23. Romumu, 60e), 2. Orioli, 1. Chiocci (17. Menini, 60e).

La Rochelle : 1E Aguillon (69e), 1T Holmes (71e), 4P Holmes (14e, 48e, 59e, 74e)

Carton jaune : Botia (29e).

Toulon : 1E Taylor (83e), 3P Pélissié (11e, 35e, 63e)

Carton jaune : Mitchell (29e).

Non entrés en jeu : 16. Natriashvili, 22. Escande.

Les buteurs : Holmes : 1T/1, 4P/4 ; Pélissié : 0T/1, 3P/5.

Vincent Bissonnet
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