Bâtisseurs de leur vie

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Le lycée, CAPA BTP Rugby Blanquefort a célébré la cinquième promotion de son dispositif formation professionnelle-rugby. Régis Sonnes et le parrain Thomas Sanchou ont valorisé cette manifestation.

Très souvent intercalé, parfois même en débordement, entre les maux et les mots, le terme : formation, est probablement le plus employé dans les discussions autour du rugby. Il serait, selon la vox populi, un paravent aux problèmes, un cache-misère, et plus sûrement un recours à la bonne conscience. On en resterait à cette impression primaire s’il n’y avait dans la vie réelle l’exemple, parmi d’autres, du CAPA BTP Rugby dispensé par le Centre d’apprentissage de Blanquefort en Gironde. Son directeur David Labarbe a mis cette année à l’honneur la cinquième promotion d’une section qui permet à vingt-cinq jeunes de 15 à 21 ans, dans dix métiers différents et sur quatre niveaux d’études, de mener un double projet : formation à un métier du bâtiment et rugby.

Cinq centres

La soirée 2016 animée par Dominique Broustau n’a fait que confirmer la montée en puissance d’un dispositif qui satisfait autant les jeunes acteurs du CAPA BTP Rugby que leurs patrons ou tuteurs présents pour en témoigner auprès du prof d’EPS Florent Torregaray, ex-joueur d’élite et responsable investi au quotidien de cette formation innovante et productive. Parmi les 25 membres de la section BTP Rugby, le jeune (18 ans) et solide Sefo Tolikoli est un exemple symbolique de l’attrait de l’établissement blanquefortais. Venu de Wallis et Futuna lointaine de… 22 000 km, Sefo suit la double formation au collège (2e année CAP) et en entreprise, et pratique le rugby à Lormont. « À la base, il s’agissait d’un projet expérimental avec l’agrément de la FFR. Nous étions site pilote avec pour mission de le déployer à travers la France. Aujourd’hui il existe cinq centres », se réjouit Torregaray. Concerné, lui aussi, par l’épanouissement des jeunes sportifs sur le chemin de leur formation, l’attaquant de légende Jean Trillo était là. En vérité, la remarquable réussite de la 5e « cérémonie de baptême », a également tenu à la présence du coach de l’UBB Régis Sonnes et du parrain d’Honneur, l’ex-pro de Pau, Brive, Albi et Castres, champion de France 2013, le Pyrénéen Thomas Sanchou âgé de 34 ans et « retraité » rugby depuis juin dernier. Ce soir-là Régis Sonnes a fait une découverte et son ressenti a captivé l’assistance : « Je ressens de l’humain. Dans mon job d’entraîneur, je me rapproche de l’homme pour que le sportif soit le meilleur possible. J’ai constitué des groupes de travail sur la touche et la mêlée en laissant aux joueurs une autonomie maximale. Ils ont des devoirs chaque lundi sur le match à venir. Mon graal c’est de n’être qu’un guide, pour leur épanouissement, et ça marche. »

Au CFA de Blanquefort, le parrain Thomas Sanchou ne s’est pas senti dépaysé. Plus jeune, il a suivi une formation bac pro maçonnerie avant une parenthèse rugbystique de treize années. « J’ai vite trouvé ma voie, a-t-il confié aux jeunes apprentis. Quand je suis entré en sixième je savais où j’allais. Faire le deuil du rugby de haut niveau c’est difficile. À l’Afpa de Tarbes où je suis en formation bâti ancien, personne ne m’attendait sur le parking. J’ai trois enfants, il faut avancer, ne pas se laisser aller. On a le sentiment de ne servir à rien, il faut avoir une famille forte et un projet. Maintenant, je joue en Honneur à Laruns et j’apprends avec des garçons qui n’ont jamais fait de maçonnerie. » La « super histoire » de Thomas Sanchou, les apprentis-rugbymen pourront s’en inspirer dans la construction de leur existence.

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