En route vers le grand chelem

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Publié le , mis à jour

Derniers invaincus dans le tournoi et rivaux historiques, anglais et gallois vont se livrer un combat sans merci à Twickenham.

On a beau croire que les Anglo-Saxons conservent leur flegme en toute occasion, ils n’ont pas leur pareil pour s’enflammer à l’approche d’un match important. Et l’on peut vous assurer qu’à une semaine du choc opposant l’Angleterre de l’ineffable Eddie Jones au pays de Galles du corrosif Warren Gatland, le Royaume-Uni est déjà en fusion. Au vrai, il s’est embrasé au lendemain de la dernière journée du 6 Nations, au terme de laquelle Gallois et Anglais sont devenus les deux derniers belligérants invaincus du Tournoi. Et comme les deux formations termineront la compétition sur un match qui semble à leur portée (les Gallois recevront l’Italie moribonde tandis que les Anglais affronteront, au Stade de France, des Bleus qui, quoi qu’il arrive, seront toujours en rodage), nombre d’observateurs d’Outre-Manche qualifient cette rencontre de « Tournament décider », le match charnière dans la quête de la victoire finale.

Le premier à avoir mis le feu aux poudres n’est autre que Neil Jenkins, l’ancien ouvreur du XV du Poireau, qui a déclaré que Twickenham n’était plus la forteresse d’autrefois : « Vous savez, j’y ai joué quelques fois, et j’en suis revenu avec des sacrés maux de tête », déclarait l’adjoint de Warren Gatland, qui avait encaissé près de cent points lors de ses deux derniers passages dans l’antre du rugby anglais. « Mais ça, c’est du passé. Depuis que Warren est avec nous, nous y avons gagné trois fois : deux fois lors de nos grands chelems, et une fois pendant le dernier Mondial. Twickenham est toujours un endroit où il est difficile de gagner, mais le XV gallois est animé d’une plus grande confiance que quand j’y jouais. » Il n’en fallait pas plus pour que l’Angleterre s’embrase. Depuis, les propos de Jenkins sont relayés partout, et toute la Perfide Albion promet l’enfer à la bande de l’impétueux rouquin.

Mc Bryde : « Nous allons cibler vunipola »

Mais au-delà du traditionnel battage d’avant-match, il reste que cette rencontre sera avant tout un duel d’hommes. Ou de colosses, plutôt, tant les deux formations ont un penchant assumé pour l’affrontement direct. En effet, Gallois et Anglais jouent à peu près de la même façon : supérieurs dans la dimension physique, ils laissent volontiers la possession à l’adversaire qu’ils usent et désorganisent par une défense ultra-agressive. Quand ils ont le ballon, leurs options de jeu ne sont pas très nombreuses, mais redoutables : soit ils tapent des chandelles qu’ils récupèrent souvent grâce à une organisation collective rigoureuse, soit ils envoient leurs mastodontes pour gagner la ligne d’avantage. Côté Angleterre, c’est le numéro huit Billy Vunipola qui remplit cette mission. Étincelant depuis le début de la compétition, le joueur des Saracens compte plus d’une cinquantaine de ballons joués en trois rencontres : « Il est immense, a été très performant sur les premiers matchs. Alors oui, nous allons le cibler. Si on lui laisse trop de place, il risque de nous faire mal », a reconnu l’entraîneur des avants gallois Robin McBryde, qui n’en reste pas moins lucide : « Nous imaginons bien qu’Eddie Jones sait que nous allons le cibler. Donc nous nous attendons à ce qu’il sorte un plan B de sa manche. » La partie de poker menteur a débuté. Jones réservera sa réponse, puisqu’il a fait vœu de silence pour les quinze prochains jours. Pour notre part, on salive déjà au duel que vont se livrer le hnuméro 8 anglais et son vis-à-vis gallois, Taulupe Faletau, lui aussi excellent depuis le début de la compétition.

Simon Valzer
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