Hueber « On ne fait pas assez confiance au demi de mêlée »

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    Hueber « On ne fait pas assez confiance au demi de mêlée »
Publié le , mis à jour

Aubin Hueber, ancien demi de mêlée de l’équipe de France dans les années 90 donne son point de vu sur l’évolution du poste.

En vingt ans, comment le poste de demi de mêlée a-t-il évolué ?

Je trouve qu’aujourd’hui le poste de numéro neuf est délaissé. Si on regarde dans les différentes équipes, il y a de moins en moins de « neuf » capitaines, alors que c’est un poste avec beaucoup de responsabilités. On ne fait pas assez confiance au demi de mêlée, et on laisse souvent la place de capitaine aux troisièmes ligne. Il y a eu une évolution de la stratégie de jeu. Aujourd’hui on demande au neuf un comportement différent : on leur demande d’être aussi des plaqueurs et des gratteurs de ballons. Il a plus le « nez dans le cambouis » qu’avant.

Quelles sont les caractéristiques primordiales pour être un bon neuf ?

Il faut connaître la priorité, le neuf doit organiser le jeu et donc avoir un état d’esprit ouvert et lucide. Mais ils ne font plus leur travail, le poste de demi de mêlée est dénaturé. Le jeu au pied est aussi essentiel, notamment les petits coups de pied par-dessus l’adversaire. Au niveau des qualités personnelles, il faut être un meneur, mais aussi avoir des qualités techniques.

Pensez-vous qu’il y a des points à améliorer sur ce poste ?

Au niveau des rucks, les neufs sont beaucoup plus contrés qu’avant. En mon temps, les deuxièmes ou troisièmes ligne étaient moins grands, aujourd’hui lorsque le neuf veut sortir le ballon, il se fait souvent contrer par des joueurs qui font près de trois mètres les bras levés… Le demi de mêlée doit aussi reprendre sa place de « leader », que l’on laisse de plus en plus au numéro 10, il doit avoir une forte personnalité. Mais il faut aussi que dans les clubs, on travaille sur la lecture du jeu, comment le neuf doit se comporter sur les temps forts et surtout les temps faibles du jeu, et je ne suis pas sûr que cela soit beaucoup travaillé.

Comment expliquez-vous qu’il y ait autant de bons joueurs à ce poste ?

Grâce à la formation ! Le demi de mêlée est un poste très convoité. A contrario, les clubs ont du mal à trouver de bons piliers ou de bons trois-quarts. Dans les clubs, il y a des jeunes très intéressants, ils sont une petite dizaine, de Parra à Serin. Le jeune demi de mêlée de l’UBB m’a d’ailleurs marqué. Il a une technique individuelle de qualité. Il est bon au pied, à droite, gauche, mais aussi à la passe, il est dynamique et complet, ce qui est très important.

Par S.T.-N.

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