Novès fidèle à lui-même

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    Novès fidèle à lui-même
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Pour défier l’Angleterre, le sélectionneur Guy Novès n’a procédé qu’à deux changements au sein d’une équipe battue en Ecosse dimanche dernier. Deux modifications en troisième ligne où Le Roux et Goujon remplacent Lauret et Camara. Décryptage des choix du sélectionneur.

Guy Novès n’est pas homme à se renier. Au contraire. Le sélectionneur des Bleus, en procédant à deux changements au sein de l’équipe qui affrontera l’Angleterre samedi au Stade de France, s’est montré fidèle à ses idées. Certes, il avait jusque-là procédé à cinq ou six changements entre chaque rencontre depuis le début du Tournoi, mais pour cette dernière levée, notamment, en raison d’une semaine de préparation plus courte, il a préféré renouveler sa confiance en grande partie à une équipe battue en Écosse, ce qui n’était plus arrivé depuis 2006. « Ce n’est pas parce qu’on a perdu en Écosse qu’on a fait des changements, a-t-il d’ailleurs souligné. Après des victoires, on a aussi fait des changements. » Et de détailler un peu plus en profondeur ses explications : « On termine notre revue d’effectif. On a vu 28 ou 29 joueurs au sein de notre groupe de 31. » Une cohérence certaine. Ainsi, le cinq de devant et l’intégralité de la ligne de trois-quarts ont été confortés. Qu’importe les erreurs et les mauvais choix aperçus contre les « Scottishs », même si Novès a identifié des « comportements inadmissibles ». Il croit en son système et veut placer ses joueurs dans un certain confort pour qu’ils se l’approprient. Toutefois, il insiste : « Je n’installe personne, j’ai un groupe de 31 joueurs. Comme toute nation, on ne pourra pas avancer avec une seule charnière, c’est rare de voir la même pendant 4 ans. Même la grande équipe de Nouvelle-Zélande n’a pas fait tous les matches avec Carter, alors que c’est un génie. On a envie de voir nos deux charnières (Bezy-Plisson et Machenaud-Trinh-Duc) travailler et s’entraider de manière à ce que ce ne soient pas deux mecs qui soient concernés, mais quatre. »

Pour défier le XV de la Rose, le sélectionneur Guy Novès n’a donc effectué que deux petites retouches. Deux modifications en troisième ligne, secteur à la peine dimanche dernier sur la pelouse de Murrayfield. Bernard Le Roux et Loann Goujon remplacent ainsi respectivement Wenceslas Lauret et Yacouba Camara, le premier prenant place sur le banc des remplaçants, le second en tribune. « Le poste de troisième ligne est un poste de décathlonien du rugby, s’est justifié Novès. C’est un poste qui a besoin de fraîcheur. Dans ce secteur, l’équipe d’Angleterre est fournie et possède une puissance physique indéniable. » Novès ne l’a pas dit, mais ces changements ne sont pas non plus anodins. Assurément, Le Roux et Goujon, par-delà leur fraîcheur, seront chargés de faire face à cette puissance anglaise. En densifiant la troisième ligne, Novès muscle le jeu de son équipe avec le souci de rivaliser dans le défi que propose le XV de la Rose.

Pour autant, là encore, Novès ne se renie pas. Pour l’ancien patron du Stade Toulousain, hors de question de faire marche arrière sur le projet de jeu. Interrogé sur la stratégie à mettre en place pour rivaliser en termes de puissance avec les 125 kilos de Billy Vunipola ou l’explosivité d’une ligne de trois-quarts, qualifiée « d’électrique » par Wesley Fofana, Novès a rétorqué : « Nous resterons fidèles à ce que nous estimons être le rugby qui doit permettre à l’équipe de France d’être la plus compétitive possible à l’avenir. Je ne peux pas garantir que les joueurs ne lâchent pas les ballons. Mais je suis garant de cette volonté de se déplacer, de déplacer le ballon, d’être dynamique. C’est en restant sur cette ligne de conduite qu’on y arrivera. On gagnera des matchs, on en perdra. La puissance anglaise, évidemment, il faudra rivaliser avec elle. » Notamment sur le plan défensif. Mais, vous l’aurez compris, dans le secteur de l’attaque, les Bleus conserveront cette volonté de se passer le ballon et d’utiliser toute la largeur du terrain. « On ne peut pas dire des Anglais qu’ils sont puissants et qu’ils défendent de la même manière », ajoute malicieusement Novès. En creux, le sélectionneur sous-entend que de faire courir les Anglais ne peut pas être mauvais. Au contraire. « Sur les derniers matchs, on voit des brides de séquences très intéressantes qui correspondent à ce qu’on travaille et qui sont efficaces, poursuit l’ancien manager du Stade toulousain. On a parlé du premier essai en Écosse, mais il y en a eu un second qui est le fruit d’un travail d’alternance entre jeu d’avants et de jeu de trois-quarts. Cet essai-là nous a rassurés sur notre travail. Les joueurs sont en plein apprentissage d’un système. Même si les garçons sont des joueurs de haut niveau, la peur de mal faire inhibe peut-être quelques-uns d’entre-eux, mais on doit continuer à leur donner de la confiance. » Et Novès de conclure par une de ces déclarations dont il a le secret : « Si je faisais, comme certains, à dire au bout de trois matchs qu’il faut changer notre fusil d’épaule, je serai complètement stupide. » Dont acte.

Arnaud Beurdeley
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