Confessions balbyniennes

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Publié le , mis à jour

Coumba Diallo et Assa Koita, deux jeunes joueuses du club de Bobigny (93), sont revenues sur leurs souvenirs du Grand Chelem qu’elles ont gagnées avec le XV de France féminin en 2014. Mais elles parlent aussi de leur avenir. Entretien croisé entre deux joueuses qui ont le rugby dans la peau.

Aujourd’hui où en est ton aventure avec l’équipe de France féminine ?

Coumba Diallo : Il s’avère que j’ai eu une grosse entorse à la cheville et une fissure au niveau du tibia, cette blessure m’a donc fait quitter le Tournoi précipitamment cette année. Mais je vais beaucoup mieux. J’ai repris la course doucement et j’ai repris l’entraînement mercredi soir pour voir comment ça allait. Maintenant, au vu de ma blessure, le staff prend de mes nouvelles c’est normal, ils me demandent de temps en temps comment va ma cheville et je pense toujours à faire partie du groupe pour la suite. Mais rien est sûr j’attends les prochaines échéances pour voir ce que ça va donner. Assa Koita : Je suis toujours dans le groupe élargi, je suis toujours suivie. Mais après la coupe du monde 2014 qui s’est déroulée en France j’ai relâché un peu, j’avais besoin de me détacher du rugby ne serait-ce que pour un temps. J’en ai profité pour reprendre mes études, je passe actuellement un diplôme d’état pour devenir éducatrice. Maintenant j’ai toujours dans un coin de ma tête la prochaine coupe du monde en 2017. Physiquement je commence à être de mieux en mieux, je me sens prête en tout cas. Mon objectif aujourd’hui c’est de rejoindre le groupe pour la prochaine coupe du monde.

En club, tu as fait un tour du côté de Bordeaux comment ça s’est passé ?

C.D. : Pour être honnête le stade bordelais à une très bonne équipe féminine, on m’a super bien accueilli et les filles avaient toutes un bon état d’esprit. Ça a été un gros changement pour moi, je ne connaissais personne mais cette aventure s’est très bien passée. Mon retour a Bobigny s’est fait surtout parce que ma famille me manquait, les trajets aller-retour Paris/Bordeaux étaient compliqué pour moi, j’étais vite fatigué. Mais bien évidemment que le niveau n’est pas le même. À Bobigny je joue avec des filles qui sont en équipe de France, mais à Bordeaux certes sur certains matchs je sentais que le niveau était en dessous mais lorsqu’on affrontait des équipes telles que Bayonne, Lons, je me sentais bien, je sentais que j’avais des rivales de mon niveau en face. A.K. : Je suis en effet allé à Bordeaux tout comme mon amie Coumba mais une année avant qu’elle n’arrive, nous ne nous sommes même pas croisés. L’objectif quand je suis descendue à Bordeaux c’était le maintien en Top8. Cela a été difficile mais l’objectif a été atteint. À côté de tout cela, pour des soucis personnels j’ai dû remonter à Bobigny.

Comment vois-tu ton avenir dans le rugby ?

C.D. : Pour l’instant je dirais que mon avenir est à Bobigny, après pour combien de temps je ne sais pas. Pour l’équipe de France, j’espère revenir très vite. Si les coachs sont toujours intéressés par moi et que je reviens en forme, c’est avec plaisir que je réintégrerais le groupe. Si on m’appelle tant mieux, si on ne m’appelle pas, tans pis, j’aurais déjà vécu de magnifiques choses avec cette équipe de France. A.K.: Le plus important c’est que je passe avant tout mon diplôme cette année, je vais me laisser le temps de continuer à jouer et lorsque la question de savoir si je dois ou même si je peux continuer à jouer se posera, j’aviserai. Comme je disais l’objectif c’est la coupe du monde en 2017, mais la vie nous offre parfois des événements qui font que nous devons faire des sacrifices, le rugby fera peut-être partie de ces derniers, je n’en sais rien.

Peux-tu nous reparler de ce grand chelem que tu as vécu avec l’équipe de France en 2014 ?

C.D. : Mon premier souvenir lors de ce grand chelem c’est lors du premier match à Grenoble face aux Anglaises, dès qu’on a gagné les anglaises, on s’est toutes dit : « on peut faire le grand chelem ». Et c’est lors du dernier match à Pau où vraiment là on a eu la coupe entre les mains et c’était juste un moment magnifique, c’était « OUF », c’était grandiose. A.K. : « Oula », il y a beaucoup de choses à dire. C’est un moment unique que nous avons vécu. C’est une chose que j’aimerais revivre et je n’en garde que de très bons souvenirs, forcément. La cohésion au sein du groupe était permanente je n’ai rien à dire quant à ce grand chelem car les résultats se sont ressentis sur chaque match et la victoire à chaque fin de match était magnifique à vivre. C’était magique tout simplement. C’est ce genre de moments que j’aimerais revivre et j’espère que toutes les filles qui ont la chance de jouer en équipe de France le vivront un jour car c’est vraiment quelque chose d’exceptionnel. Faut vraiment le vivre pour le comprendre.

Quel est d’ailleurs ton avis sur la performance du XV de France féminin lors de ce tournoi ?

C.D. : Je ne suis pas en contact avec elle, je préfère les laisser se concentrer sur le match qui approche, je prends de temps en temps des nouvelles du groupe par le biais de ma coéquipière en club Julie Annery mais pour être franche je ne connais pas leur état d’esprit. Je les laisse dans leur match et se concentrer. Après bien évidemment je soutiens la France jusqu’au bout. Mais ce match va être très dur, l’Angleterre joue le grand chelem et elle ne va rien lâcher. Ça sera bien serré et la première qui lâchera sur ce match, perdra. Mais je suis de tout cœur avec les filles et à fond derrière elles. A.K. : Elles ont fait un très beau parcours, forcément je suis déçue de leur défaite face au Pays de Galles. Elles n’ont échoué que de deux points à un probable grand chelem. Elles ont encore tout à gagner. Mais il ne faut pas oublier que c’est un crunch, que les anglaises vont jouer le grand chelem et nous la première place. Ça va donc être un gros match et les filles ne doivent pas se sous-estimer. À chaque crunch appartient son ambiance, nous connaissons l’enjeu, mais je pense que cette équipe de France a les moyens de finir première du tournoi, elles ont les capacités, elles l’ont montré jusque-là excepté cette petite erreur face au Pays de Galles mais ça arrive.

Un pronostic sur le match de vendredi ?

C.D. : Victoire de la France 15 à 7. A.K. : Victoire de la France 20 à 12.

Par Jessica Fiscal

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