Maestri - Kruis, duel de gros bras

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    Maestri - Kruis, duel de gros bras
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L'issue du choc France-Angleterre se dénouera dans la fureur du jeu d'avants, entre hommes forts. Le combat tiendra ses promesses avec, en premiers opposants, Maestri et Kruis. Les gros bras ont pris rendez-vous ! 

L'heure de la revanche a sonné pour le XV de France et plus encore pour les avants français. Mieux, ils la doivent à l'ensemble de leurs supporters. Pourquoi ? Parce que notre pack a été dominé par son homologue écossais, dimanche dernier à Murrayfield. En mêlée, où l'on n'a jamais trouvé la solution. Et les Celtes ont tranquillement profité des fautes de mains tricolores pour lancer le jeu et tout autant profiter de l'arbitrage favorisant l'équipe en possession du ballon. Dans le jeu courant, le pack bleu a aussi souffert de la comparaison, manquand globalement d'impact et d'efficacité. Si Guilhem Guirado a été fidèle à son statut de capitaine courage, ses piliers n'ont pas brillé mais la plus grande déception vient de la troisième ligne où l'association Lauret-Camara-Chouly fut transparente..., Tout comme le deuxième ligne parisien, Alexandre Flanquart. Dans cet océan de marasme, la seule lumière vint du Toulousain Yoann Maestri qui s'est illustré pour son retour en tant que titulaire. A nouveau aligné d'entrée face à l'Angleterre, son duel face à George Kruis, l'héritier de Borthwick, promet d'être électrique.

Maestri, la pierre angulaire

Dans un pack mis à rude épreuve, notamment face au pays de Galles et à l'Ecosse, le deuxième ligne du Stade toulousain fait office de valeur sûre même si son début de Tournoi n'a pas été forcément rassurant. Inconstant, brouillon et nerveux, il fut dominant face aux Irlandais, qu'il a usés par sa dimension physique en attaque et sa rigueur en défense. Le Haut-Garonnais avait pourtant pris place sur le banc lors du match contre le pays de Galles, doublé par le Clermontois Paul Jedrasiak. Entré à la 44ème minute, le Toulousain a eu le temps de se rappeler au bon souvenir de son sélectionneur, même si en face, Alun-Wyn Jones et Bradley Davies réalisèrent un match admirable. A nouveau titularisé contre l'Ecosse, Maestri fut, avec Guirado, le seul avant à surnager. Il a donc prouvé qu'il était la pierre angulaire du pack français. Après quatre journées, les statistiques du Toulousain parlent d'elles-mêmes : avec près de 89 % de plaquages réussis, le deuxième ligne fait partie des défenseurs les plus efficaces du XV de France. Et cette quantité ne se fait pas au détriment de la qualité, puisqu'il compte déjà 32 plaquages. Le Toulousain apporte aussi en attaque : avec 22 charges 24 passes et 6 passes après contact, il offre  une solution précieuse pour le XV de France dans le petit périmètre. Voilà pourquoi le co-capitaine des Bleus sera forcément précieux contre les puissants anglais, qu'il compte bien contrer sur les fondamentaux. En conférence de presse, il dévolait quelques aspects de son plan de bataille : « Il faudra être beaucoup plus fort qu’en Ecosse et régulier. Mais nous avons des choses à faire valoir. Il faut mettre notre adversaire en difficulté avec un jeu de mouvement, nos ballons portés et la mêlée qui, rappelons-le, nous font gagner contre l'Irlande. »

Kruis, l'héritier

A 26 ans, le deuxième ligne des Saracens qui compte treize sélections semble être le nouvel homme de base du sélectionneur Eddie Jones, qui l'a systématiquement titularisé lors des quatre premiers matchs du Tournoi. Résultat, Kruis totalise déjà 320 minutes de jeu, et semble bien parti pour atteindre les 400 minutes puisque Jones l'a encore titularisé face à la France. A l'heure où tout le monde ne parle que de son jeune coéquipier Maro Itoje, dont le potentiel est certes indéniable, Kruis  continue dans l'ombre son chemin avec le XV de la Rose, au point que personne ne connaisse vraiment son parcours. Celui-ci fut pourtant marqué par une véritable révolution quand, alors qu'il n'avait que 14 ans, on le fit passer du poste d'ailier à celui de deuxième ligne, où l'on jugea que son double mètre serait plus utile en touche que sous les ballons hauts. Il acheva sa mutation à partir de 2009, année où il rejoignit les Saracens où évoluait une référence en la matière, l'ancien capitaine anglais Steve Borthwick. Sous la houlette de l'actuel entraîneur des avants anglais, Kruis est devenu un redoutable sauteur en touche, et un adepte des tâches obscures. Aujourd'hui, c'est lui qui fait office de cadre dans la cage des Saracens, mais aussi dans celle de l'Angleterre. Sauteur aguerri, qui compte déjà 21 prises et trois ballons volés en touche depuis le début du Tournoi, il est la principale rampe de lancement des attaques anglaises. Maestri ne devra pas le lâcher d'une semelle...

 

Simon Valzer
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