Skrela : "On va aller chercher une médaille"

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    Skrela : "On va aller chercher une médaille"
Publié le , mis à jour

Jean-Claude Skrela, manager de France VII, porte un regard avisé sur les équipes de France, filles et garçons, lancés vers leur défi olympique. Si la concurrence sera très forte, l'ancien troisième ligne aile de l'équipe de France et ancien entraîneur des Bleus, finaliste de la Coupe du monde 1999, ne cache pas ses ambitions. 

Les filles et garçons des équipes de France  participeront aux Jeux Olympiques de Rio. L'objectif est-il déjà atteint ?

Lorsque j'ai été nommé à la tête du projet VII, la France pointait à la 22e place mondiale. Aujourd'hui, nous sommes en neuvième position. Notre progression est donc constante. Au vrai, au début du projet, personne ne pensait que nous pourrions qualifier deux équipes pour Rio. Le monde du rugby, en France, est assez conservateur et il avait des doutes quant à nos capacités. Maintenant que les qualifications sont acquises, nous avons envie de plus. Une médaille est envisageable. Ce serait un rêve.

Vous dites qu'une médaille est envisageable à Rio, mais la concurrence sera très relevée …

Oui. Mais au vu de notre mode de fonctionnement actuel, tout est possible. Nous ne sommes certainement pas une équipe de championnat, mais nous sommes une équipe de coupe. Entendez par là que, sur un match, nous pouvons battre n'importe qui. Nous avons d'ailleurs déjà battu tous les cadors mondiaux, dont les Fidji. Il faudra être prêts au bon moment.

Vous dites aussi que le rugby français est conservateur. Que dénoncez-vous ?

En France, nous sommes des adorateurs de la mêlée, du plaquage, du jeu au pied tactique… Il faut se battre pour faire comprendre que le VII est le contraire de tout ça même si il y en a un peu au cours des matchs. Le VII ne doit pas s'opposer au XV, il doit vivre avec. Si les grands principes des deux jeux sont identiques -avancer, soutenir, marquer- il y a beaucoup de différence physiologiques entre les deux univers. Tout le monde ne peut pas jouer à VII à haut niveau. À titre d'exemple et sans parler du jeu en lui-même, il faut être capable d'encaisser de grandes différences de conditions et de milieu. Nous venons de jouer à Vancouver, où nous étions à 9 heures de décalage horaire défavorable, et nous filons à Hong-Kong pour nous retrouver à +7 heures ! Et tout ça, en l'espace de douze jours ! Un joueur de VII passe environ 150 jours par an loin de chez lui ...

Est-ce qu'il y aura des joueurs de Top 14 dans la sélection pour Rio ?

Il y aura sans nul doute les quatre qui évoluent déjà avec nous : Ouedraogo, O'Connor, Martial et Grosso. Ce contingent sera peut-être renforcé par un ou deux joueurs supplémentaires au maximum. En tous cas, il est hors de question pour nous de bousculer un groupe de joueurs à VII qui travaille dur depuis longtemps. Il est par exemple inenvisageable de sélectionner un joueur de Top 14 qui n'aurait jamais joué un tournoi de niveau World Rugby.

Comment se prépare-t-on aux Jeux Olympiques ?

On n'y pense pas trop, en fait. On s'imprègne petit à petit en partageant des réunions de préparation avec le CIO, à l'INSEP en discutant avec des entraîneurs d'athlètes. Ce sont des étapes imposées par le CIO qui nous rappellent que nous irons aux JO. Nous devons donner la liste à telle date, donner le nom de notre équipementier à telle autre, etc … Nous sommes rythmés par un calendrier précis. Nous ne laissons rien au hasard, l'approche de l'entraînement est scientifique, nous avons essayé de développer tous les outils de la performance.

Quel sera votre objectif ?

Aller chercher une médaille. Ce serait une magnifique récompense pour tout le travail que nous avons accompli.

Quid de Virimi Vakatawa ?

Il y a un moment que l'on joue sans lui et c'est notre meilleur joueur. Vu que l'on ne joue qu'à VII, il nous manque beaucoup ! Avec son expérience récemment acquise au plus haut niveau du XV, il va nous revenir encore plus fort. J'avais peur qu'il échoue dans sa pige de quinziste et qu'il nous revienne moralement touché, mais c'est tout le contraire qui s'est produit.

N'avez vous pas peur qu'il soit tenté de rester désormais un joueur de XV ?

S'il doit y aller, il ira. Mais je ne le pense pas. Il aime le VII et le VII lui permet de voyager, de retrouver régulièrement ses amis fidjiens. Ce sera aussi à nous de proposer ce qu'il faut pour pouvoir le garder. On verra de quoi l'avenir sera fait mais pour le moment, je suis assez confiant. Propos recueillis par David Bourniquel

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