Super rugby : premiers enseignements

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    Super rugby : premiers enseignements
Publié le , mis à jour

Débuté voilà trois semaines, le championnat des provinces de l’hémisphère Sud s’est installé d’emblée dans la continuité de la dernière Coupe du monde, avec un jeu aussi libéré que spontané.

Cela ne vous aura sûrement pas échappé : depuis trois semaines désormais, le Super rugby a repris de plus belle, fort de ses nouvelles franchises nippones et argentines et d’une formule plus imbitable encore pour le grand public que celle du Top 14. De quoi expliquer des stades désertés par le public en ce début de compétition ? Probablement en partie. Parce que, pour ce qui est du spectacle, rien à redire… Si le soufflé de la Coupe du monde est finalement assez vite retombé du côté de l’Hexagone avec ses parfois soporifiques rencontres de championnat, le Super Rugby s’est tout de suite inscrit au diapason du dernier Mondial en matière d’intentions de jeu. Et pas seulement des intentions, d’ailleurs…

Technique individuelle et spontanéité

Ce qui frappe, en effet ? Au-delà d’une préparation physique conséquente qui permet aux joueurs d’évoluer sur la pelouse dans des conditions optimales (ce qui facilite, quoi qu’on en dise, l’intensité des courses et la réactivité des soutiens), c’est d’abord la spontanéité des joueurs. Lesquels, s’ils évoluent dans des cadres et des systèmes de jeu précis, n’hésitent jamais à en sortir. Une liberté permise, en premier lieu, par une technique individuelle remarquable ! Le contraste est ainsi saisissant, pour peu que l’on s’aventure à se plonger dans une partie de Super rugby juste après un visionnage du dernier France-Angleterre. À ce titre, si les transmissions des trois-quarts français (souvent derrière, souvent arrêtées…) ont conduit les rares franchissements dans une impasse par manque de soutien en bout de ligne contre les Anglais, on passe du tout au tout avec le Super Rugby. En effet, aux passes réalisées dans le bon tempo (en pleine course, devant ou dans la défense) s’ajoutent des courses de soutien très justes, qui voient notamment les troisième ligne se situer la plupart du temps devant le ballon, pour anticiper les franchissements et les points de rendez-vous. De quoi faciliter la continuité du jeu…

De l’importance du jeu au pied

Toutefois, il serait injuste de résumer le Super Rugby à un jeu de courses et de passes. En effet, ces premières journées ont aussi donné lieu à de sérieuses empoignades dans les phases de conquête directe (où l’arme des ballons portés se trouve beaucoup plus utilisée qu’on peut le penser) et, surtout, une utilisation très régulière du jeu au pied. Depuis le début de la compétition, un pourcentage très important d’essais a ainsi été obtenu dans des situations de « chasses » de coups de pied. Le fruit d’un jeu plus désordonné et spontané, bien sûr, mais aussi d’une juste alternance sans laquelle même le jeu à la main le mieux organisé du monde serait impuissant. La seule réserve que l’on formulera ? Elle concerne, pour tout dire, les phases de mêlée spontanée où le combat n’est pas présent en permanence, les équipes choisissant le plus souvent de se replacer en défense sans même consommer un joueur au contest dans les rucks. De quoi faciliter des sorties de balles rapides, et offrir au jeu cette sensation de fluidité qui frappe la rétine. Laquelle, à n’en pas douter, chutera avec l’apparition des matchs à enjeu en fin de compétition.

Nicolas Zanardi
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