Innocenti : «Les 6 Nations ? Une opportunité et la damnation»

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    Innocenti : «Les 6 Nations ? Une opportunité et la damnation»
Publié le , mis à jour

Ancien capitaine de la sélection italienne en 1987, Marzio Innocenti est le président du comité régional de Vénétie, qui va se présenter à la présidence lors du prochain scrutin. Il nous livre ses réflexions sur l'état de santé actuel du rugby transalpin.

Parmi les voix carrément en désaccord avec la politique fédérale italienne, on trouve Marzio Innocenti, 57 ans, médecin, ancien troisième ligne et capitaine des Azzurri lors de la Coupe du Monde 1987. Depuis 2013, il est président du Comité de la Vénétie, l’organisme régional peut être le plus influent dans le pays. Candidat aux prochaines élections fédérales prévues fin d’année à la tête du comité «Prêts au changement», Innocenti est supporté par le 95% des clubs de la région considérée comme un petit «Galles italien».

Quelle est, à votre avis, l’origine de l’impasse manifeste du rugby Italien?

C’est véritablement complexe. A’ partir de l’an 2000 l’Italie s’est trouvé plongée dans un système de premier niveau comme, le Six Nations, mais dépourvue de la moindre préparation au niveau structurel pour l’assumer. Si à l’époque on était devant à des nations comme l’Irlande du point de vue sportif, on ne l’était guère du point de vue de notre rugby dans son ensemble. Nous nous sommes trouvés dans l’incapacité d’exploiter les fonds générés par la participation au Tournoi. On a essayé de remédier par les Académies, mais ce fut une erreur, car ceci ne fait que désagréger le système des clubs qui est à la base du mouvement en Italie. On pourrait dire que le Six Nations c’est de l’opportunité et de la damnation dans le même temps.

Estimez-vous que l’opportunité d’entrer dans un domaine de haut niveau ait déséquilibré le système?

Lorsque on met les clubs à l’écart, on risque de sécher la plante. Ce qu’on appelle professionnalisme en Italie, c’est à dire la Ligue Celte, n’est qu’ un élément artificiel alimenté principalement par le soutien fédéral. La base, soit 92% des amateurs est laissé à son destin. Pendant dix ans, le haut niveau a perdu des régions de grande tradition comme la Sicile, la Campagne, et maintenant des régions plus forts comme la Toscane, les Abruzzes et même la Vénétie ont d » énormes difficultés à pouvoir garantir une formation adéquate aux jeunes de 14/15 ans par manque de fonds. Le rugby Italien aujourd’hui s’arrête à Rome, puis rien au sud. Ces jeunes qui sont sélectionnés dans le Académies sont progressivement insérés dans un système de sélection dont ils risquent de se faire exclure. Et ça, à quel prix, lorsque l’on constate que l’équipe nationale U20 n’a gagné que deux match et fait un match nul pendant les dix derniers Six Nations? Evidemment les cadres de formation fédérale ne son pas adéquats.

Il faut remarquer, quand même, la difficultés des clubs italiens à manquer le coche des Coupes européennes, auxqeulles ils participent depuis 1996...

On doit bien constater, que le tissu structurel des clubs reste faible. Les différences au niveau technique, sont devenues énormes, lorsque l’on constate la misère d’un 10% de victoires en 124 matches. Cela ne se passe dans aucun sport. Et si l’on voit le niveau des compos parfois alignées, on comprend que cette participation représente presque un d’ennui pour nos clubs. Le rugby italien n’a pas appris à marcher. Il lui reste encore à structurer une base forte dont nos adversaires sont déjà pourvus. Cette faiblesse pourrait nous faire sombrer, j’ai des soucis à ce propos. Propos recueillis par Diego Antenozio

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