Caballero : « Tout le monde a mis de l’eau dans son vin »

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    Caballero : « Tout le monde a mis de l’eau dans son vin »
Publié le , mis à jour

A quelques jours d’un derby qui s’annonce capital pour le CO dans la course à la qualification, le flanker du CO, de retour à son meilleur niveau, a accepté d’évoquer la situation de son club qu’il a vu radicalement changer en quelques mois...

Ce derby est-il toujours aussi spécial ?

On ressent plus de pression que si c’était une autre équipe. Nous sommes voisins, les Castrais connaissent bien les Toulousains, et inversement alors on se chambre beaucoup… Nous nous sommes même échangés des joueurs ! Joe Tekori est parti à Toulouse, tandis que des Toulousains sont venus à Castres, Ugo Mola a longtemps joué ici… Après, je ne vous cache que de notre côté, l’enjeu dépasse largement celui d’un derby normal, puisque nous jouons la qualification. Après, il ne faut pas non plus croire que la rencontre va virer en bagarre générale après quelques minutes ! Seulement, sur le terrain, personne ne se fera de cadeau.

Que représente le derby pour les Castrais ?

Quand on affronte Toulouse, nous, Castrais, on affronte la grande ville, la capitale de la région Midi Pyrénées. C’est le plus gros club de la région, qui compte le plus grand nombre d’internationaux français et étrangers. Si on ne se mobilise pas pour ce genre de rencontre, on n’a rien à faire dans le rugby !

Le titre de champion de France et la finale disputée dans la foulée ont-ils relancé cette rivalité en faisant repasser Castres au premier plan ?

Peut-être… Mais il ne faut pas non plus oublier qu’ils nous avaient éliminés en quart de finale deux ans avant, puis en demi-finale l’année suivante… Mais il est vrai que petit à petit, j’ai le sentiment que nous sommes parvenus à nous détacher de ce complexe d’infériorité face au Stade toulousain.

Comment avez-vous préparé ce match capital ?

Nous n’avons pas préparé de plan anti-Stade toulousain ! Nous préparons ce match en nous concentrant sur notre jeu, qui tourne mieux depuis quelques semaines, même si les dernières sorties nous ont frustrés sur le plan comptable. Mais c’est du passé. Nous avons rapidement basculé sur le match du Stade toulousain, qui n’aura lui non plus pas révolutionné son rugby en une semaine. Nous l’avons vu contre le Stade français : Toulouse, c’est une équipe qui s’appuie sur des avants costauds pour avancer dans l’axe pour mettre leurs trois-quarts dans les meilleures dispositions. Si nous les regardons jouer à la baballe, on risque de se retrouver très rapidement sous nos poteaux. À nous d’imposer notre jeu.

De quoi faut-il se méfier face à Toulouse ?

À Toulouse, ils jouent tout vite : les touches, les pénalités à la main… ils se plaisent là-dedans. Si nous ne sommes pas vigilants, le score risque de gonfler. Dimanche soir, je suivais le match par internet, et j’ai cessé de suivre le score à la 71ème minute. Le lendemain, on m’a dit qu’ils avaient marqué encore deux essais. Nous voilà prévenus.

Au vu des profonds bouleversements que le club a connus, le fait que Castres soit en course pour la qualification est-il déjà une satisfaction, ou une non-qualification serait-elle considérée comme un vrai échec ?

Bien sûr qu’une non-qualification serait un échec, car nous avons le potentiel pour figurer dans les six. On peut être dans le creux pendant un moment, mais nous revenons bien. Alors nous conservons notre objectif principal, à savoir figurer dans les six. Et nous ferons tout pour le tenir.

Qu’est ce qui vous a posé le plus de problèmes cette année ?

Nous n’avons pas réussi à tenir parole sur certaines décisions prises en début de saison. Nous nous étions juré par exemple de ne pas perdre à domicile. Et puis Grenoble s’est imposé à Pierre-Antoine, suite à une très mauvaise entame de notre part et un carton rouge. Après, nous nous étions dit : « Une fois, pas deux ». Et rebelote face à Clermont : mauvaise entame, et défaite. Deux échecs à zéro point à domicile, c’est dur à rattraper. Ces deux revers nous ont retardé dans la course à la qualification.

Avec un nouveau staff et une vingtaine de joueurs en fin de contrat, l’année s’annonçait délicate. Comment la situation a-t-elle été gérée en interne ?

Le truc, c’est de se concentrer sur le rugby et de jouer le meilleur rugby possible pour éviter de tergiverser sur l’avenir. La fin de contrat est une période délicate à gérer, surtout quand les résultats de l’équipe ne suivent pas. Mais c’est passager. Et puis quand on évolue pour un club, on se doit de le défendre jusqu’au bout et de donner le maximum, quoi qu’il se passe à la fin de la saison. Je pense que c’est le cas ici, c’est une réussite du club cette saison.

Vous vous êtes justement posé ces questions…

Bien sûr, qui ne se poserais pas ces questions ? J’étais en fin de contrat, et mon objectif était de faire une bonne saison pour rester et finir ma carrière au Castres olympique. J’ai donné mon maximum, et je vais encore le faire pendant deux saisons.

Certains de vos coéquipiers, avec qui vous avez partagé beaucoup de choses n’ont pas eu cette chance et vont quitter le club. Est-ce délicat à gérer ?

Oui, même si chaque année c’est pareil. Mais là, c’est particulier avec « Ibou » (Ibrahim Diarra, N.D.L.R), car on se connaît depuis neuf ans. Nous avons vécu tellement de choses ensemble… des belles, des moins belles… Bien sûr que cela me fait ch… de ne pas le voir jouer. Mais après, même si je reste là, je sais qu’on s’apprécie assez pour rester liés.

Comment le nouveau staff et le groupe se sont-ils appréhendés ?

Le staff a présenté son projet de jeu que nous avons mis en place. Ensuite, le groupe a constaté de lui-même ce qu’il était capable ou non de faire. Nous avons alors demandé d’apporter certaines modifications… Au début, on nous répondait « Non, on fait comme ça ». Mais maintenant, le staff nous laisse davantage l’opportunité d’exposer nos points de vue ou de justifier nos choix, et c’est très bien ainsi. Après, les membres du staff restent les décideurs : s’ils ont la conviction qu’une chose va marcher, on l’applique. Tout le monde a donc mis de l’eau dans son vin, mais chacun reste à sa place : ce ne sont pas les joueurs qui entraînent, mais nous avons notre mot à dire et le staff est à l’écoute. De toute façon, tout le monde veut aller au même endroit, c’est-à-dire dans les six. Donc nous nous arrangeons pour trouver le meilleur moyen d’y arriver tous ensemble.

C’est pour cela que le fameux « Conseil des Sages » a été créé ?

Oui, il sert à faire remonter les informations, car il est impossible d’avoir quinze types qui parlent sur un terrain de rugby. Sinon, cela devient n’importe quoi. En match, il y a trois décisionnaires : le neuf, le dix et le capitaine. En dehors des matchs, les conseils des Sages servent pour n’importe quel sujet : sportif, affectif, vie de groupe, loisirs… Ce n’est pas la dictature !

Simon Valzer
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