Marine de Nadaï : Du VII au XV

Marine de Nadaï, deuxième ligne de Montpellier n’a pas toujours connu le rugby à XV. Elle a commencé jeune dans le rugby à VII, elle nous raconte son évolution dans le monde du rugby. De Martigues Port de Bouc à Montpellier en passant par l’équipe de France.

À quel moment de ta vie as-tu touché un ballon de rugby pour la première fois ?

Je suis arrivée au rugby par l’intermédiaire de mon père à l’âge de cinq ans, il m’a appelé lors d’un entraînement et j’ai accroché immédiatement. Mon frère âgé de trois ans de plus que moi jouait également au rugby à VII et ça a été aussi déterminant car j’ai voulu suivre ses traces. J’ai donc fait toute mon école de rugby à VII avec les garçons à Martigues Port de Bouc, dans les Bouches du Rhône. Aucunes équipes féminines n’a réussi à se constituer dans ce club, donc à 16 ans durant mon année de seconde j’ai fais du rugby à VII en UNSS et c’est un surveillant de ce lycée, qui avait entraîné avec mon père, qui a monté une équipe féminine au lycée où j’étais. Ensuite j’ai passé mon bac, je suis allée à Marseille pour mes études, et progressivement une équipe féminine s’est créée à Martigues Port de Bouc. J’y ai joué jusqu’à l’âge de 20 ans en Fédérale 3 et ensuite je suis partie sur Montpellier après l’obtention de mon BTS. Je suis donc au sein de Montpellier depuis la saison 2008/2009.

Comment cela se passe à Montpellier justement ?

Il faut savoir que je suis arrivée dans ce club par hasard. Je n’ai pas du tout été recrutée par ce club, c’est moi qui y suis allée de mon plein gré. Quand je suis arrivée au club je ne connaissais rien au rugby à XV à part ce que je voyais à la télé. D’autant plus que j’arrive dans un club avec des filles qui ont de l’expérience, ensuite on décide de me changer de poste. Je découvre ainsi le poste de deuxième ligne. Mais cela a été une expérience unique, j’ai grandi quand j’ai découvert le rugby à XV au sein de club et ça m’a ouvert aussi les portes de l’équipe de France. Aujourd’hui, dans la compétition il nous reste une journée de championnat. On joue contre Rennes ce week-end et on gagne notre match face à Perpignan puisqu’on était exempts de championnat suite à de multiples forfaits. Ensuite il nous demi-finale et finale, l’objectif étant d’aller le plus loin possible. À l’heure actuelle on ne se pose pas de questions.

Les années 2009 et 2010 ont été fortes en émotions pour toi, raconte-nous.

En effet, première saison à Montpellier en 2009 je suis championne de France. Mais ça n’a pas été facile car je m’étais blessé en septembre. Je ne suis revenue qu’en janvier et ce titre de championne arrive quelques mois après. Ensuite l’aventure équipe de France a commencé pour moi. Je suis arrivée sur le stage qui était en septembre/octobre 2010, post coupe du monde. Je suis arrivée comme la nouvelle dans cette équipe, je commençais tout juste à m’adapter à mon nouveau poste et surtout à ce rugby à XV. Je me suis frottée aux meilleures filles de France, j’ai dû faire mes preuves. La première chose que je me suis dite en arrivant en stage c’est « tu n’as rien à perdre donc accroches toi ». Par la suite, j’ai été rappelé en novembre 2010 pour un deuxième stage et en 2011, on m’a appelé pour mon premier tournoi des six nations.

Que gardes-tu de ce premier tournoi ?

Ça a été une période remplie de stress malgré tout car je suis arrivée dans cet univers où je ne connaissais rien. Et il y a aussi les anciennes qui bataillent pour ne pas te laisser leur place ce que je comprends. J’ai donc été obligé de donner le meilleur de moi-même à chaque entraînement et rencontres pour montrer que j’étais légitime aussi.

Que s’est-il passé en 2014 ?

Ça a été encore une fois une grande année, on fait le grand chelem lors du tournoi des six nations. Et la coupe du monde de rugby se passe en France en août 2014, on termine à la troisième place, on garde un goût amer mais c’est un grand souvenir. De plus, à Montpellier, on est championne de France. 2014 a vraiment été chargé encore en émotions.

Justement en parlant du tournoi, on ne t’a pas vu lors du tournoi 2016, dis-nous tout.

J’ai eu une opération en juin à l’épaule. Elle a été assez lourde et je n’ai pas réussi à reprendre à temps comme je voulais. Je pense que les coachs se sont parlé entre eux pour me laisser au repos et ainsi reprendre toutes mes forces. Le fait est qu’on est à 18 mois d’une coupe du monde, je fais encore partie du groupe élargi aujourd’hui et je travaille un maximum pour revenir à mon meilleur niveau.

Aujourd’hui où en es-tu justement du rugby, de l’équipe de France, de ton avenir professionnel ?

Niveau professionnel, actuellement je suis surveillante en collège mais je suis en train de me reconvertir car en tant que surveillante nous avons le droit qu’à des CDD d’un an renouvelables sur six ans et je viens de terminer mes six années. Ensuite au niveau du rugby, dans un avenir proche j’ai toujours en tête la coupe du monde 2017 qui va se dérouler en Irlande, mais il faut aussi que je pense à mon avenir personnel. Le rugby, aujourd’hui, ne nous fais toujours pas vivre, je vais avoir 29 ans, la trentaine approche et j’ai envie de créer d’autres projets pour ma vie privée.

Par Jessica Fiscal