Bourg-en-Bresse, le contre-exemple

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    Bourg-en-Bresse, le contre-exemple
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Leader de sa poule avec dix points d’avance sur le second, Bourg-en-Bresse est, à deux journées de la fin, assuré de terminer premier. Une performance qui mérite d’être soulignée, d’autant qu’à la différence de bon nombre de formations de Fédérale 1, l’US Bressane s’est appuyée sur un effectif de jeune joueurs issus du sérail.

Soixante et un points, treize victoires, deux défaites… Jusqu’à maintenant, il apparaît clair que l’USPBA fait honneur à ses ambitions et à son budget et compte aujourd’hui neuf points d’avance sur le second, Aubenas, qui est au demeurant sa bête noire. En effet, c’est Aubenas qui a brisé la série de quatre victoires bressanes d’affilée en début de saison pour s’imposer d’une courte tête à Verchère (27-28) au début du mois de novembre. Un accroc toutefois vite réparé, puisque la semaine suivante les Bressans se sont imposés chez un des cadors de la poule, Chambéry, sur le score de 22 à 12. La seconde et dernière défaite fut concédée trois mois plus tard à Aubenas, où les hommes de Laurent Mignot n’ont pas été en mesure de prendre leur revanche (21-17). Mais qu’importe. La semaine dernière, les Bressans se sont imposés sur la pelouse de Romans, laissant leurs poursuivants chambériens à dix points. En clair, les Violets sont dans le vrai. Et pour en arriver là, ils peuvent se targuer de ne pas avoir fait comme les autres.

« Refaire du Violet »

Ce projet, le manager Laurent Mignot l’évoque : « Notre objectif était de repartir sur un vrai projet local, où les partenaires et le public s’identifient à leur équipe, afin de renforcer le sentiment d’appartenance et l’identité du club. En bref, l’idée centrale est de refaire du Violet. » Pour ce faire, les dirigeants ont commencé par laisser partir à l’intersaison plusieurs joueurs étrangers « huit ou neuf », compte Mignot, « C’est bien simple, il ne nous reste plus qu’un pilier sud-africain ! Nous les avons remplacés par des jeunes joueurs locaux, issus des alentours. Entre la Bourgogne, l’Ain, et la vallée du Rhône, les joueurs ne manquent pas. » Et à ceux qui douteraient du niveau des recrues locales, la manager pointe le classement : « Nous sommes premiers de poule, que voulez-vous de plus ? ». L’effectif des Violets a également été rajeuni : « La moyenne d’âge se situe aux alentours de 24 ou 25 ans », assure Mignot. De quoi se projeter sur l’avenir…

Des structures en place

Côté structures, le club bressan n’a pas changé grand-chose. Au vrai, il faut rappeler qu’il évoluait encore en Pro D2 il y a seulement deux ans, et que l’essentiel du travail avait été fait. Le budget a sensiblement faibli : de 5,5 millions d’euros en Pro D2, il est passé à 3,9 millions l’année dernière à 3,4 millions cette année. Une fois n’est pas coutume, le club de rugby de la ville a profité de la promotion du club de foot en Ligue 2 : « Nous partageons ce stade et tout se passe pour le mieux. Nous avons eu cette année une pelouse hybride flambant neuve, qui résiste parfaitement au jeu de rugby. » À terme, une tribune sera également refaite pour augmenter la capacité de Verchère, et accueilllir un public de fidèles toujours plus nombreux : « Notre moyenne d’affluence se situe aux alentours de 5000 personnes », explique Mignot. Une affluence que bon nombre d’équipes de Pro D2, voire de Top 14, n’atteignent pas tous les week-ends…

En conclusion, on pourrait dire que Bourg-en-Bresse ne fait rien comme les autres : donner le pouvoir aux jeunes locaux plutôt que de s’en remettre à des mercenaires venus de tous horizons, se rapprocher du club de foot de la ville… Mais on ne peut pas dire que cela ne leur réussit pas ! Et Mignot de clore : « Personne ne joue cette carte en Fédérale 1. Mais pour exister dans ce rugby, il faut être atypique. »

Simon Valzer
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