Lannion fait la force

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    Lannion fait la force
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Lannion - honneur Aujourd’hui, le rugby n’est représenté que par neuf clubs dans les Côtes d’Armor, preuve que la culture rugby n’a pas encore complètement conquis la Bretagne.Pour autant le club de Lannion tente à sa manière de faire exister le ballon ovale.

Lannion est une sorte de bastion du rugby breton. S’il n’a jamais évolué au-delà du niveau Honneur, le club de la ville où s’est installé le Centre national d’étude des télécommunications en 1960 a un rôle déterminant pour le rugby dans les Côtes d’Armor. Si son coprésident, Jean-Jacques Mahe, le situe à la dixième place du rugby breton, l’ASPTT Rugby Lannion est avant-tout le deuxième club référent au niveau de son département (derrière Saint-Brieuc) et domine le « pays du Trégor » qui rassemble des villes comme Perros-Guirec, Tréguier, Morlaix ou encore Guingamp. Dans une région où le rugby est tout sauf un sport de premier plan, c’est donc un rôle de précurseur et de moteur qu’occupe Lannion. Cette saison, le club lannionnais a terminé à la quatrième place de sa poule d’Honneur et rencontrera en demi-finale Lanester, qui a terminé en tête de la phase de poule. S’ils seront outsiders, les Costarmoricains auront à cœur de prouver qu’ils peuvent exister face à la meilleure formation du niveau Honneur, qui ralliera la Fédérale 3 la saison prochaine.

On dirait le Sud

Historiquement reconnu comme un club avec un fort paquet d’avants, l’ASPTT tend, depuis quelque temps, à devenir une équipe « complète ». Mais au-delà de l’aspect sportif, Lannion se veut être « un club où les gens se sentent bien », selon Philippe Le Moal, coprésident. Le capitaine de l’équipe fanion, Frédéric Péru, considère que comme la Bretagne, le club de rugby lannionnais véhicule des valeurs familiales indispensables à l’existence d’un club de rugby dans le secteur. « Tous les week-ends, on crée une histoire au présent mais également pour le futur. Aujourd’hui j’ai 34 ans et je joue avec des mecs de 19 ans, alors j’essaye tant bien que mal de leur transmettre mon vécu. Puis il ne faut pas oublier que la Bretagne a toujours eu un léger penchant pour la fête, alors je pense que le rugby ne peut que s’épanouir ici, comme il a su le faire dans le Sud de la France. »

Plus qu’un club

« Quand je suis arrivé au club, il y a quatre ans, j’ai découvert une école de rugby qui s’essoufflait. Aujourd’hui, grâce au travail des dirigeants et à l’envie de progresser des jeunes, elle tient la route que ce soit chez les plus petits ou même les jeunes. » Le discours de Thomas Le Luyer, unique employé de l’ASPTT et responsable de l’école de rugby est clair et net: Lannion est un club en perpétuelle progression, grâce notamment à la structuration de son école de rugby. S’il aspire à former des joueurs de rugby « complets », celui qui porte le numéro 9 avec l’équipe fanion est conscient des difficultés rencontrées par son club. « Aujourd’hui on garde trop peu nos jeunes. Notre bassin universitaire est trop faible et, une fois qu’ils en ont l’âge, les gars rejoignent Brest ou Rennes. Mais l’équation est simple : plus on en formera de joueurs, plus on pourra en garder. Notre travail commence à porter ses fruits et aujourd’hui nous avons de plus en plus de jeunes du club qui arrivent en seniors et tirent le reste de l’ASPTT vers le haut. » Il ne serait finalement pas vain de penser que petit à petit c’est une identité de club que sont en train de créer les 180 licenciés Lannionnais. « On fait en sorte que tout le monde se sente bien à Lannion et n’ait pas envie d’en partir. On veut créer un état d’esprit différent, afin que les gens soient attachés au club. »

Top 14 à Rennes, le rendez-vous manqué

Afin de continuer de développer la place du rugby dans son secteur, Lannion aurait en tout cas voulu s’appuyer sur les demi-finales du Top 14 qui se disputeront à Rennes les 17 et 18 juin… Une occasion manquée. La raison ? « On a eu énormément de demandes au sein du club, mais le comité n’a pas eu autant de places qu’on pouvait l’espérer (une soixantaine). À plus de deux mois des demies, on a déjà eu plus du double de demandes que de places disponibles, explique Jean-Jacques Mahe. C’est la preuve que les instances rugbystiques bretonnes ne sont pas encore bien réglées… Si on veut raisonner par l’absurde, le club de foot de Rennes a eu trois mille places pour chaque match quand le club de Vannes, club phare du rugby breton, en a eu moins d’une centaine… C’est une occasion manquée… On aurait pu créer une ferveur et développer d’autant plus le rugby en Bretagne mais c’est un pétard mouillé. » Un rendez-vous manqué mais pas une fin en soi pour un club vieux de cinquante et un ans et qui ne cesse de prendre de la place dans le paysage rugbystique breton.

Par Pierrick ILIC-RUFFINATTI

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