La rose a refleuri

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    La rose a refleuri
Publié le , mis à jour

Fort de son grand chelem dans le tournoi ou de la réussite de ses sélections, le rugby anglais est désormais redoutable dans les compétitions de clubs. Pour preuve, la présence de neuf de ses douze représentants en quarts de finale européens. Fruit d’une mutation assumée et efficace.

Et dire que certains s’inquiétaient pour la santé du rugby derrière le cataclysme de sa Coupe du monde… Oui, il est vrai, le XV de la Rose a vécu l’enfer voilà seulement six mois en n’atteignant même pas les phases finales de la reine des compétitions internationales. Devant son public, la sélection de Stuart Lancaster s’est effondrée devant le pays de Galles puis l’Australie. Un naufrage annoncé ? Non, tout l’inverse. Ce fut simplement un accident, terrible certes, mais qui n’enlève rien à la qualité et l’efficacité de la restructuration de ce sport outre-Manche. Quand la France, surtout son équipe nationale, s’enfonce dans une médiocrité qui n’a d’autre source que l’absurdité de son organisation, le rugby anglais se réinvente. Et ceci depuis de longues années, tel qu’en attestaient les quatre deuxièmes places d’affilée dans le Tournoi des 6 Nations entre 2012 et 2015, lorsque les Bleus ne faisaient jamais mieux que quatrièmes. Alors oui, l’échec retentissant de « la bande à PSA » au Mondial était prévisible et logique. La faute à un système verrouillé et incapable de se renouveler.

De son côté, le XV de la Rose, derrière le traumatisme, s’est relevé de la plus belle des manières. Guidé par son nouveau commandant en chef, l’Australien Eddie Jones, il a tout simplement réalisé le grand chelem lors du dernier Tournoi. La récompense d’une refondation magnifiée notamment par le succès de sa formation. La meilleure démonstration ? Depuis sa création en 2008, elle a été présente à sept reprises (sur huit) dans le dernier carré du Mondial des moins de 20 ans (championne en 2013 et 2014, finaliste en 2008, 2009, 2011 et 2015) pendant que les Bleuets ont juste été demi-finalistes deux fois (2011, 2015). Et au Stade de France, il y a trois semaines, elle s’est imposée grâce à ses « gamins » Maro Itoje, Jack Clifford, George Ford, Owen Farrell, Jake Nowell ou Anthony Watson…

La puissance financière des clubs retrouvée

Mais, attention, la réussite anglaise ne se résume pas (ou plus) à ses sélections. Longtemps en sommeil, quand les franchises irlandaises, Toulon et Clermont se partageaient le devant de la scène européenne, les clubs sont aussi de retour au premier plan. Et de quelle manière ! Poussés par une nouvelle puissance économique sans faille - et des règlements qui lui permettent d’en profiter comme celui offrant le loisir de recruter deux joueurs hors Salary Cap - ils sont neuf à être au rendez-vous des quarts de finale continentaux. Champions Cup et Challenge Cup confondus. Neuf sur douze représentants de Premiership. Un chiffre ahurissant, comparé au « cinq sur quatorze » des engagés français. Et quand on sait que, grâce à des finances majuscules, nos meilleurs ennemis parviennent dorénavant à conserver tous leurs meilleurs éléments, à attirer eux aussi des stars sudistes et surtout à venir draguer les Bleus confirmés (Louis Picamoles s’est engagé à Northampton pour la saison prochaine) et nos belles promesses (Christopher-Éric Tolofua a signé aux Saracens pour 2017)… Il y a franchement de quoi s’inquiéter, mais sûrement pas pour les Anglais.

Jérémy Fadat
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