• Les pires couacs européens
    Les pires couacs européens
Publié le / Modifié le
Champions Cup

Les pires couacs européens

La Coupe d’Europe, ce fut parfois l’enfer pour les clubs français. Petit retour sur quelques contre-performances terribles qui font encore mal quand on y pense.

Octobre 1996 : Trou noir pour Toulouse

Ca relève de l’incongru, de l’inexplicable. Le Stade Toulousain, trois fois champion de France en suivant face aux Wasps, une équipe qui, à ce moment-là, ne faisait pas partie des favoris de la H Cup (rétrospectivement, sa composition n’a rien de très impressionnant). D’ailleurs elle ne se qualifiera même pas pour les quarts de finale. En France, ceux qui entendent le score final à la radio pensent que le journaliste s’est trompé. 77-17, c’est tout simplement inconcevable. Et pourtant, si, sur la pelouse de Loftus Road, le stade des Queens Park rangers, tout a souri à des Londoniens enivrés d’attaques et de relances très rares dans le rugby anglais de l’époque. « Les Toulousains pensaient être les seuls dépositaires du rugby de mouvement de l’Hémisphère Nord, nous leur avons prouvé le contraire, » commenta le numéro 8 et capitaine Lawrnce Dallaglio, 24 ans. « J’ai eu l’impression de jouer contre Toulouse, » reconnut son alter ego Emile Ntamack. La composition du Stade ne fournit aucune excuse : Castaignède, Deylaud, Califano, Miorin. C’était juste un toru noir et peut-être le vrai basculement du rugby anglais vers le professionnalisme. On conserve une image terrible : cet essai que Michel Marfaing manque de peur dans l’en-but anglais et qui provoque une contre-attaque de cent mètres initiée par l’ouvreur Alex King et conclue par le centre Nick Greenstock. « Je me suis dit que m a carrière commençait mal, » remarqua Xavier Garbajosa, 19 ans, qui jouait son premier match ce jour-là. Mais huit mois plus tard, c’est bien Toulouse qui brandit une fois de plus le bouclier de Brennus.

Janvier 2002 : Agen ne voulait pas gagner

En phase de poule de Challenge Européen Agen fait ssensation en s’inclinant 59 à 10 chez les très modestes gallois de Ebbw Vale, une équipe qui avait perdu le match aller à Armandie sans inquiéter le SUALG. Les Agenais ont encaissé neuf essais et ça semble trop gros pour être vrai. Sur la pelouse, on a vu des gestes étonnants, comme si les Lot-et-Garonnais intrinsèquement meilleurs faisaient exprès de perdre pour ne pas se retrouver en quart de finale, ce qui aurait entraîné un imbroglio dans leur calendrier car ils traînaient une rencontre de championnat en retard pour cause de gel. L’ERC n’apprécia pas du tout cemanque de combativité. Elle condmna Agen à deux ans d’exclusion de toute compétition continentale, sanction réduite à un an en appel. Plus une amende de 100 000 euros et deux ans de sursis. Le SUA était alors une équipe de premier plan avec les Benetton, Crenca, Lamaison. La preuve, ils joueront et perdront la finale du championnat de France contre Biarritz.

Décembre 2004 : Bourgoin ridicule à Dublin

C’est un classique français. Il y a toujours une équipe qui ne joue pas à fond la coupe d’Europe. Cette saison-là, c’était le Bougoin entraîné par Laurent Seigne. Le CSBJ était pourtant deuxième en championnat mais il se présenta à Dublin sans grandes ambitions, avec une équipe très remaniée. En face, il y avait Brian O’Driscoll et ses copains Dempsey, Hickie, Horgan, O’Kelly alors en pleine construction de leur style offensif. D’entrée de jeu, ils trouvent la bonne carburation. Au final, ça donenra treize essais dont trois pour l’Argentin Felipe Contepomi (futur Toulonnais et Parisien) aligné au centre. Le demi d’ouverture néo-zélandais David Holwell inscrit 29 points, apogée de sa seule saison en Europe. La ligne de trois quarts dublinoise s’en donne à cœur joie. En 42 minutes, le record européen de la franchise est battu (41 points). Papé, Bonnaire, déjà valeurs sûres du rugby français comprennent que l’après-midi sera rude. Certains de leurs coéquipiers ne sont pas prêts à soutenir un rythme aussi élevé. Les Albina, Gegenbacher, Castex, Mazel, Driollet, Ruiz, Soucaze sont asphyxiés et le Leinster se lance à l’assaut du mur des cent points. Le total s’arrête à 92, contre 17. Le rugby français, volontiers donneur de leçon vis-à-vis des Celtes n’a pas grand-chose à dire. Mais on mesure vraiment que les Français n’accordent pas la même importance à la scène continentale.

Décembre 2010 : bonus amer pour Biarritz

Le BO se rend le cœur léger à Viadana, bourgade de la plaine du Pô. Les Basques sont pourtant sur une bonne série en championnat et leurs adversaires, les Aironi, sont bons derniers de la Ligue Celte. Cette franchise italienne a été contruite à la va-vite et ne semble pas de taille à résister à un poids lourd du Top 14. Les Biarrots annoncent même qu’ils viennent chercher le bonus offfensif. Le pire, c’est qu’ils vont réussir dans cette entreprise puisqu’ils marquant quatre essais pour un total de 27 points. Seul problème, les Aironi inscrivent 28 points et gagnent le premier match de leur jeune (et courte) histoire. Ironie du sort, c’est un français Julien Laharrague qui réussit un drop décisif à la 78e minute. Il n’y avait pourtant pas photo entre les deux équipes mais les Basques ont fait preuve d’une vraie nonchalance : des séquences de haut niveau et des périodes de mollesse insigne. Au final, une défaite grotesque comme une mauvaise comédie italienne, et une vraie honte qui provoquera une mise au point virulente de Serge Blanco. Et le BO se qualifia quand même pour les quarts de finale. Les Aironi, eux, disparaîtront purement et simplement un an et demi plus tard. Cette victoire restera leur plsu grand exploit, pour l’éternité.

Avril 2016

Le calvaire de Steyn et du Stade Français

Le Stade Français, champion de France sortant vit un vrai naufrage à Leicester. Les Parisiens, distancés en Top 14, avaient fait de ce match la priorité de leur fin de saison. Quelle claque ! Six essais encaissés et un festival de bourdes en tous genres. Les Parisiens encaissent un essai dès la deuxième minute sur une passe interceptée de Slimani, suivie d’un ballon rendu à l ‘adversaire par Camara hors des limites du terrain. Quelle candeur ! Burns joue rapidement la touche pour Tuilagi qui va aplatir. Le coach Gonzalo Quesada avait fait le choix de faire jouer Morne Steyn à l’ouverture plutôt que Jules Plisson. Le choix se révèle désastreux. L’ouvreur sud-africain multliplie les boulettes et les mauvais choix. L’homme aux 62 capes chez les Springboks se noie totalement. Au final, ça fait 41 à 13 avec entre autres, un essai offert à l’adversaire par une confondante naïveté défensive de l’ailier fidjien Waisea. On pourrait décrire bien d’autres actions pour détailler l’un des pires calvaires subi par un champion de France sortant, et rappeler que ce Leicester-là ne fut pas spécialement impressionnant. C’était ça la plus mauvaise nouvelle de l’après-midi.

Réagir