Le RCT s’en relèvera-t-il?

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    Le RCT s’en relèvera-t-il?
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Auteurs d’un match héroïque, les toulonnais ont laissé beaucoup d’énergie dans la bataille et perdu de vue un objectif majeur de la saison.

Mourad Boudjellal est un visionnaire. Lui qui criait à qui voulait l’entendre la semaine dernière que ce quart de finale était « déjà perdu » a finalement vu juste. Toulon a perdu. Mais franchement… le piège était trop énorme pour tomber dans le panneau du sempiternel discours du « perdu d’avance » à l’aube d’une rencontre décisive. Car oui, le RCT pouvait l’emporter. D’aucuns diraient même qu’il a dominé son adversaire, en amenant maintes fois ce dernier au point de rupture malgré un début de rencontre calamiteux au cours duquel il encaissa dix points en deux minutes… Cher, très cher. Rédhibitoire, même, au vu de l’écart final. Mais les Toulonnais n’ont pas à rougir de cette défaite, même si celle-ci vient mettre fin à leur règne de trois saisons sur la scène continentale. À la fin du match, le manager Bernard Laporte louait « l’investissement total » de ses joueurs. Difficile de donner tort au manager, tant les chiffres confirment l’impression générale laissée par le match : non contents d’avoir réalisé un quasi sans-faute en conquête (3/3 en mêlée, 8/9 en touche), les Varois ont mieux plaqué que leurs adversaires, concédé moins de pénalités (9 contre 10), battu plus de défenseurs (19 contre 13) et franchi davantage (9 contre 3). Seulement voilà, les Toulonnais ont concédé la pénalité de trop. Celle du malheureux pilier Levan Chilachava, aveuglé par la même rage qui lui avait permis de plaquer comme un troisième ligne (10 plaquages en quarante minutes).

Et maintenant ?

Passée la rage, passée la frustration, vient le temps des questions : le RCT se relèvera-t-il de cet échec ? Il faut se rendre à l’évidence : le club varois a perdu l’habitude de perdre. Et historiquement, il n’a jamais montré une grande capacité à rebondir après un échec. En 2010, la demi-finale perdue face à Clermont avait coupé les jambes à des Toulonnais qui disputaient une finale de Challenge à domicile (elle était à Marseille) face aux Cardiff Blues. Les Gallois s’étaient imposés 28-21. Deux ans plus tard, ils avaient fait un peu mieux, mais avaient connu la même fin : défaite en finale du Challenge contre Biarritz, et défaite en finale de Top 14 contre Toulouse au terme d’une partie insipide. Alors, le RCT s’en relèvera-t-il ? Club méditerranéen par excellence, on sait qu’il peut s’embraser à la moindre étincelle. En coulisses, cette défaite perturbera-t-elle un équilibre déjà précaire en raison de la transition entre Bernard Laporte et Diego Dominguez ? Réponse dans les semaines à venir.

Simon Valzer
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