«Certains joueurs n’ont pas été au niveau»

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    «Certains joueurs n’ont pas été au niveau»
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Gonzalo Quesada, l’entraîneur du Stade Français, revient sur la claque que son équipe a reçu dimanche à Leicester.

Quel bilan faites-vous de cette défaite ?

À la mi-temps, j’étais partagé. J’avais l’impression que nous étions bien en place en défense et que sur nos lancements, nous n’étions pas trop mal. Par contre, on prend un essai sur ce premier ballon un peu stupide. Et puis, il y a ces deux essais sur interception. Bref, on avait pris le risque de choisir le vent contre nous en première mi-temps, ça ne nous a pas aidé. Mais je crois qu’on ne méritait pas d’être mené 24 à 6. J’ai le sentiment que Leicester a été opportuniste et réaliste. Et malgré un bon début de seconde période avec un essai inscrit rapidement, on a vite perdu nos repères. J’ai senti l’équipe sans structure. Individuellement et collectivement, on n’y était plus. C’est dommage car sur ce match, je n’ai pas trouvé un gros écart. Leicester a surtout profité de nos erreurs. Je pense à cet essai où Waiséa se serre en défense alors que c’est un truc qu’on apprend à ne pas faire en moins de 12 ans. À ce niveau-là, ce n’est pas possible. Et surtout, ça rend stérile tous nos efforts en attaque.

Comment expliquez-vous les défaillances individuelles ?

Je n’en sais rien, mais je l’ai dit à la fin du match, certains joueurs n’ont pas été au niveau. Sans toutes ces conneries, nous aurions été dans le match. On s’est donc dit ce qu’on avait à se dire dans le vestiaire. Comme d’habitude. Mais aujourd’hui, c’est notre réalité. Il y a des joueurs qui ont su hisser leur niveau de jeu et d’autres ont été beaucoup moins présents. Sur ce match, il nous fallait vingt-trois mecs à leur meilleur niveau et un peu de chance. On n’a rien eu de tout ça. Il n’y a rien à dire. C’est dans la continuité de notre saison. On fera les bilans plus tard car il faut vite basculer en Top 14 et essayer de s’éloigner de cette douzième place.

Ce match n’est-il pas finalement le reflet de votre saison ?

Je suis assez d’accord. On y a cru pendant plusieurs minutes car la défense était en place, les mecs se replaçaient comme il fallait, on réussissait à mettre Leicester à la faute. Sur nos deux premiers lancements, on prend bien la ligne d’avantage et on obtient les pénalités. Mais après, on prend des essais de cadets (il souffle). On a fait les mêmes erreurs qu’on a pu faire tout au long de la saison. Peut-être qu’avec un peu plus de confiance Djibril (Camara, N.D.L.R.) n’aurait pas fait cette erreur en début de mach ? Peut-être que Morné (Steyn) n’aurait pas été intercepté ?

Justement regrettez-vous le choix de Morné Steyn pour débuter la rencontre ?

Morné a joué cinquante minutes, Jules (Plisson) trente. Certes, Morné a eu un peu plus de temps, mais les deux ont bien préparé le match durant toute la semaine. Les deux savaient qu’on jouerait le match à deux ouvreurs. J’aurais pu regretter mon choix si l’équipe avait changé de visage quand nous avons « coaché », mais ça n’a pas été le cas. Seul Willem Alberts, à son entrée, a fait la différence.

Mais comment avez-vous jugé la performance de Morné Steyn ?

Assez loin de ce qu’il peut faire ! Il a été loin de son niveau et loin de ce qu’on attendait de lui. Mais il n’a pas été le seul. Dans ces cas-là, c’est souvent l’ouvreur qui paie les pots cassés. Malheureusement, Jules n’a pas non plus été en mesure de changer le match.

Cette défaite est-elle de nature à remettre en cause votre projet ?

Même si nous avions perdu de cinq points, j’aurai fait mon auto-critique et remis plein de chose en question. Aujourd’hui, je ne sais pas si c’est mon autorité ou mon projet qui pose problème. Tout le monde est responsable. Une partie (de ces responsabilités) vient du staff, une partie des joueurs, une partie du club. De tout en haut à tout en bas. L’ensemble du club doit se remettre en question. À commencer par moi et mon staff. Je mets d’ailleurs beaucoup de pression sur Pierre (Arnald) et Thomas (Savare) pour qu’on travaille sur l’ensemble du projet du club. Mais on n’a pas attendu cette défaite pour réagir.

Comment trouver la motivation pour conclure correctement la saison ?

Ça va être compliqué. Jouer contre Montpellier, une machine en pleine confiance, la semaine prochaine, ce sera un premier challenge. On va d’abord de retrouver nos forces, nos ressources. Et faire comprendre aux joueurs l’importance de ce match pour le club. On savait que cette Coupe d’Europe, dans notre situation, avec notre effectif, comme pour d’autres équipes, on pouvait en payer le prix fort. On n’a pas le droit de baisser les bras, l’avenir du club est en jeu.

Arnaud Beurdeley
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