Au nom du pardon

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    Au nom du pardon
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Après la piètre performance affichée dimanche dernier face à Leicester, les parisiens ont beaucoup à se faire pardonner.

« C’est le week-end le plus long que j’ai vécu avec le Stade français. » La confession est signée d’un des acteurs du triste épisode de dimanche dernier dans les Midlands face à Leicester. Pour ce quart de finale de Champions Cup, les Parisiens crevaient d’envie d’exister à nouveau. Ils rêvaient à haute voix d’une rédemption. Pour eux, le salut ne pouvait passer que par l’Europe. Mais de miracle, il n’y a pas eu. La déroute fut au rendez-vous, matérialisant définitivement une saison totalement ratée. Comme si ce destin-là ne pouvait pas être évité. Dimanche soir, dans les couloirs interminables de l’aéroport d’East-Midlands, en attendant le vol Enter Air, du nom de la compagnie polonaise affrété par le club pour les joueurs, les partenaires et les supporters, les Parisiens ont longtemps traîné leur spleen. Certains se sont réconfortés autour d’un burger, d’autres ont fait les cent pas en attendant l’embarquement, évitant autant que possible de croiser le regard des supporters dépités.

Affirmer que la honte les avait envahis relève de l’extrapolation. Mais, assurément, ils n’étaient pas fiers du comportement affiché. Dans le regard noir du président Thomas Savare, on pouvait aussi lire cette lourde déception. Jusqu’à l’instant de reprendre son véhicule stationné sur le parking du Terminal 3 de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, l’homme fort du club de la capitale n’a pas desserré la mâchoire. À peine a-t-il réussi à extirper quelques mots du fond de sa gorge au cours du vol ramenant les stadistes à Paris pour présenter ses excuses aux supporters et aux partenaires présents et les remercier de leur « soutien sincère quelles que soient les circonstances ». Plus que la défaite, c’est la manière que Thomas Savare n’a pas appréciée. « On est déçu de la défaite et du contenu », a-t-il commenté, avant d’ajouter qu’il attendait une réaction forte dès dimanche contre Montpellier.

« Pas à l’abri de prendre encore quarante points »

Seulement voilà, la mobilisation pour la fin de saison s’annonce complexe. Au cours des six prochaines journées, le Stade français n’a plus grand-chose à espérer, ni à craindre. « Jouer contre Montpellier, une machine en pleine confiance, la semaine prochaine, ce sera un premier challenge, assurait dimanche soir Gonzalo Quesada. On va d’abord essayer de retrouver nos forces, nos ressources. Et faire comprendre aux joueurs l’importance de ce match pour le club […] On n’a pas le droit de baisser les bras, l’avenir du club est en jeu. » Mais plus que d’avenir, c’est de l’image du Stade français dont il est question. En cas d’une trop forte démobilisation, le Stade français n’est pas à l’abri d’une nouvelle désillusion face à une équipe qui ne cesse de monter en puissance. « Paris n’est pas à l’abri de prendre encore quarante points, juge un joueur qui préfère évidemment rester discret. J’espère simplement qu’on va montrer de l’orgueil et un peu de fierté pour se relever. » Des propos exempts de toute ambiguïté. Plus que de projet de jeu, plus que d’ambitions, il est désormais question d’amour-propre pour les Parisiens. L’an passé, on a longtemps vanté l’état d’esprit irréprochable d’un groupe construit de galère en galère. Justement, ça tombe bien, la galère, Parisse et ses partenaires y sont de nouveau. Et dimanche, face à Montpellier, on en saura un peu plus sur le caractère de cette équipe.

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