Les tout-puissants

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Publié le , mis à jour

Le duel entre le revenant sud-africain, Pierre Spies, et le surdoué gallois, Taulupe Faletau, constituera l’une des attractions de la demi-finale de Challenge européen entre Montpellier et Newport. Analyse des forces en présence.

La densité physique: égalité

C’est la première chose qui frappe chez ces deux joueurs : Pierre Spies et Taulepau Faletau sont deux bulldozers qui peuvent créer des brèches impressionnantes dans les défenses adversaires. Deux numéros 8 puissants, dont les vidéos des charges titanesques inondent régulièrement youtube et les réseaux sociaux. Au niveau international aussi bien qu’en club, le Sud-Africain (1,94, 104 kg, 53 sélections) et le Gallois (1,88 m, 111 kg, 58 sélections) sont de ces attaquants qui amènent toujours leur équipe dans l’avancée. Alors, avantage à qui avant le duel de samedi ? Les deux joueurs semblent très proches dans ce secteur : « En puissance pure, Faletau est très solide mais on ne peut pas dire que Spies ne l’est pas. Vous avez vu ses charges en Top 14 ces dernières semaines ? », interroge l’ancien troisième ligne centre des Bleus Thomas Lièvremont. Partons sur une égalité, donc.

La justesse technique: égalité

Au premier abord, la puissance semble être la principale force de Taulupe Faletau. Pourtant, le joueur d’origine tonguienne n’est pas qu’une force de la nature. Loin de là ! À 25 ans, il affiche une facilité et maturité techniques impressionnantes. C’est bien simple, il sait tout faire : « Au début de sa carrière, il s’est imposé par sa puissance parce que les Gallois avaient besoin d’un franchisseur. Il a donc évolué dans ce registre. Mais derrière sa mêlée, Faletau montre aussi une sacrée technique individuelle. Il pourrait aussi jouer troisième ligne ou trois-quarts centre », résume le manager de l’équipe de France des Moins de 20 ans. Pour vous faire une idée, le Gallois serait un mix parfait de Louis Picamoles et Damien Chouly... Quant à Pierre Spies, il est évidemment technique lui aussi, mais sa force dans ce secteur se trouve plutôt en touche. Sauteur et très bon contreur, il s’est déjà imposé comme un cadre de l’alignement héraultais.

Le déplacement: avantage spies

S’il est un registre dans lequel Pierre Spies brille particulièrement, c’est l’explosivité. L’ancien capitaine des Bulls est un athlète surdoué, dont l’activité est prodigieuse. Ancien lanceur de disque et de poids, il faisait aussi du sprint à l’université (son record sur 100 mètres s’établit à 10’7’’ !). S’il a pris du volume et de l’âge depuis, son rapport vitesse-masse reste impressionnant. Il est capable de déposer n’importe quel adversaire sur une de ses accélérations fulugurantes : « Spies possède un profil de troisième ligne de rupture, qui fait rebondir le jeu, qui dévore les espaces, apprécie Thomas Lièvremont. Il a ce bon feeling avec ses partenaires qui lui permet de conclure les actions et d’aller marquer. C’est peut-être le petit plus qu’il a sur Faletau. C’est vraiment un super athlète. Il a une vraie vitesse de pointe et surtout une grande fraîcheur, que les joueurs qui ont son parcours n’affichent pas d’habitude. On sent qu’il revient de loin avec ses blessures, son enthousiasme est énorme. » Même s’il reste mobile, Taulupe Faletau offre moins d’explosivité.

Le collectif: avantage faletau

C’est indéniable : en six semaines, Pierre Spies s’est imposé comme un rouage quasi-indispensable du collectif montpelliérain. Une faculté d’adaptation pas étonnante selon Thomas Lièvremont : « Quand tu es plus fort que les autres physiquement, ce qui est le cas compte tenu de sa fraîcheur actuelle, tu t’intègres naturellement. Il n’a peut-être pas encore tous les repères collectifs mais sa vitesse, sa vision du jeu et sa puissance lui donnent un tel impact qu’il n’a pas besoin de suivre les autres. C’est lui qui donne le rythme et les entraîne. L’équipe s’adapte à lui. » Néanmoins, le Sud-Africain, qui disputera son premier match de Challenge en raison d’un problème de visa qui l’avait privé du quart à Sale, n’a pas encore l’ascendant que possède Taulupe Faletau sur le jeu de son équipe. Et pour cause, le Gallois, qui partira à Bath l’an prochain, joue chez les Dragons depuis sept saisons. C’est la pierre angulaire de leur jeu, qui amène beaucoup de liant au collectif. Le MHR aura, à coup sûr, prévu de le surveiller de très, très près samedi…

Emilie Dudon
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