Marjorie Mayans : « Rio : j'en rêve »

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    Marjorie Mayans : « Rio : j'en rêve »
Publié le , mis à jour

 La jeune centre internationale de 25 ans , Marjorie Mayans, s'est confiée pour nous sur ses débuts dans le monde du rugby et son ascension dans le rugby à XV et à VII. Aujourd'hui plus qu'une chose en tête : Les JO de Rio.  

 

A quel âge as-tu débuté dans le rugby ?

 

"Vers l'âge de 9/10 ans. Avant je faisais du tennis et la tempête de 1999 avait ravagé le court de tennis où j'allais en banlieue parisienne. Je me suis donc rendue à l'entraînement de rugby de mon petit frère à Noisy-le-Sec. J'ai tout de suite adoré et j'ai demandé à mon père si je pouvais essayer. N'y voyant aucun inconvénient, c'est comme cela que j'ai débuté avec les garçons dans le club de Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis. J'y ai joué pendant 2/3 ans puis j'ai déménagé à Tournefeuille. Il était évident que je voulais continuer à jouer. La seule question que je me posais était si je postulais au Stade Toulousain ou à Tournefeuille. Mon choix s'est vite tourné vers Tournefeuille. C'est vrai qu'ils étaient assez surpris de voir une fille avec les cheveux jusqu'au bas des fesses débarqué en minimes mais j''y suis tout de même restée 1 an. Pour cause d'un deuxième déménagement, je suis arrivée au club de St-Orens à l'âge de 14 ans, et j'y suis encore aujourd'hui."

 

 

Comment s'est faite ton évolution au sein du club haut-garonnais ?

 

"Cette année je n'ai fais que 3 matchs avec Blagnac en début de saison. Avec les échéances importantes qui approchent pour les Jeux, je n'ai pas pu accorder tellement de temps au club. Aujourd'hui j'ai deux semaines de vacances, mais j'ai besoin de récupérer et ensuite partir sur une préparation physique autonome. Je pense que pour cela, je ne peux pas me permettre de faire du contact aux entraînements ou aux matchs. Malgré tout je reste très attachée à ce club, je vais aller les voir avec plaisir pour la demie face à Lille et aujourd'hui une journée cohésion est organisée je vais donc m'y rendre. Je suis très contente pour elles, le club tourne très bien. Elles ont battus Lille deux fois cette saison, une équipe avec un très bon niveau. Mon avenir personnele d'ailleurs, je le vois encore à Blagnac même si je pense signer un contrat à 7 l'année prochaine"

 

Et puis il y a eu l'équipe de France...

 

"Oui j'ai eu ma première sélection à 7 en 2009 et à XV en 2010."

 

Comment as-tu géré d'ailleurs la transition entre les deux ?

 

"La transition entre les deux a été assez compliqué. Lorsque j'ai appris ma première sélection à 7, sincèrement, j'ai pleuré. J'avais peur de l'échec puisque j'étais une pure quinziste. C'est vrai qu'à 7, on voit toujours la vitesse et c’est loin d'être ma qualité. De plus, physiquement, comparé aux septistes je suis un cran en dessous et à l'époque ça ne me plaisait pas spécialement. Et puis finalement ma première sélection s'est très bien passée mais ça été long. Après aujourd'hui je me rends compte que c'est un jeu tellement distrayant, on n'a pas toutes les pauses qu'on a au XV, on a pas le temps de s'ennuyer. De plus, le fait de toucher le ballon plus souvent est plus agréable."

 

 Aujourd'hui, tu as une préférence ?

 

"Plus maintenant, je prends autant de plaisir à jouer dans les deux compétitions. Il est vrai qu'en ce moment je me consacre au rugby à 7 car j'ai les JO en ligne de mire. Mais l'année d'après, il y a la coupe du monde à XV aussi."

 

 

On a pu encore cette année, constater ta puissance, surtout au niveau de tes plaquages...

 

"C'est vrai que j'ai toujours aimé plaquer. C'est le point fort sur lequel je m'appuie. Et ça fait du spectacle et je sais que les gens aiment bien ça. Ça me fait rire quand je vois ces vidéos de condensé de tous mes meilleurs plaquages. Mais j'adore défendre, et ça me met tout de suite dedans quand je réussis un plaquage."

 

 

Et cette tournée en Amérique du Nord ? 

 

"On visait le podium, mais nous avons fini quatrièmes. On a fait malgré tout de bons résultats, notamment à Langford où on bat les Canadiennes, une des nations fortes du rugby féminin à 7. On peut ainsi dire qu'on a réussi au moins un de nos objectifs c'est à dire battre une nation forte du rugby à 7 parmi le trio de tête composé du Canada de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Ça a dont été une vraie source de satisfaction."

 

 

Qu'est ce qui vous a manqué pour ce podium alors ?

 

"On perd en demi contre les Blacks en prolongation qui plus est. On a manqué de lucidité sur la fin, on fait un en-avant sur la ligne des 5mètres. Pour le coup ça c'est joué à des détails. Ça reste décevant c'est sûr puisqu'on laisse échapper la place de troisièmes face aux Australiennes puisqu'on perd d'un essai, mais il reste Clermont fin mai. On va jouer sur nos terres et devant notre public. Je pense que ça va être un grand tournoi et en espérant que tout va bien se passer"

 

 

Et puis il y a les Jeux Olympiques qui approchent, comment tu appréhendes cette aventure ?

 

"Déjà il faut que j'y sois (rires). Mais au niveau de la préparation, je sais qu'on est censé avoir deux semaines de préparation à Tignes et ensuite 10 jours en Martinique. Tignes pour l'altitude, Martinique pour la chaleur. Ensuite on est censé arrivé à Rio à peine une semaine avant. Les poules ne sont pas encore faites, elles se feront en fonction du classement IRB de la saison. Ça va se passer sous trois jours, avec un rythme de deux matchs par jour. Personnellement, je rêve de vivre cette aventure et je me prépare tous les jours pour ça. Ça serait en effet une chance inouïe de pouvoir aller à Rio. L'olympisme c’est le rêve de tous sportifs. Certes, j'ai eu la chance de participer à une coupe du monde en France, mais participer à ces Jeux ça serait génial. De plus, on a eu l'occasion de s'entraîner à l'INSEP puisque maintenant on fait parti de la famille olympique. Et rien que ça c'est super."

 

 En dehors du rugby, comment ta vie se construit ?

 

"Je suis étudiante en deuxième année de master de sciences politiques. Mais sincèrement cette année a été très compliqué. J'ai essayé de valider mon premier semestre. Je passe mes examens en rentrant de tournoi. Réviser en tournoi c'est jamais facile. Cette année le niveau est tel que je n'arrive pas à gérer et l'équipe de France et les études. J'ai réussi à le faire jusqu'au master 1 déjà. J'espère avoir le master 2 l'année prochaine car cette année, je veux être à fond pour les JO"

 

Propos recueillis par Jessica Fiscal. 

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