Privée d’organisation du mondial ?

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    Privée d’organisation du mondial ?
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Le Ministre des Sports Sud-Africain a tapé sur la table. Il a interdit quatre sports d’organisation d’événements internationaux, dont le rugby.

La question des quotas raciaux n’en finit pas d’empoisonner la vie du sport sud-africain. Cette semaine, Fikile Mbabula, le ministre des Sports, a annoncé que quatre sports se verraient interdire l’organisation d’événements sportifs majeurs tant qu’ils ne feront pas jouer d’avantage de joueurs noirs. Il s’agit du cricket, de l’athlétisme, du netball et du rugby. Pour la Saru, le coup est sévère car elle voulait se porter candidate à l’organisation du Mondial 2023 (clôture des candidatures en juin). Depuis la fin du régime d’Apartheid et l’élection de Nelson Mandela, tous les gouvernements sud-africains ont fait de l’intégration des noirs dans les équipes de haut niveau une priorité. Le rugby, sport emblématique de la communauté blanche, a toujours été particulièrement visé et accusé de traîner les pieds même si deux des trois derniers sélectionneurs étaient des métis (De Villiers et Coetzee).

7 joueurs « non blancs »

C’est pourquoi, en 2015, les Springboks et les équipes de Super Rugby devaient aligner sept joueurs « non blancs » sur leurs feuilles de match. Cette proportion doit passer à cinquante pour cent en 2019. Mbabula a expliqué qu’il réviserait cette interdiction après la saison prochaine en fonction des progrès accomplis ou pas. Évidemment, la Saru a réagi par la voix de son directeur exécutif Jurie Roux. Celui-ci a joué la carte de l’apaisement, conscient que le rapport de force n’est pas en sa faveur. « Nous comprenons la demande du ministre. La question de la transformation de notre sport est notre chantier le plus important, mais nous avons dû assumer une refonte complète de notre sport ces deux ou trois dernières années. Nous avons rempli onze des treize engagements que nous devions respecter vis-à-vis de notre gouvernement et je pense que nous irons encore plus loin en 2016. Nous espérons bien que cette suspension sera levée lors de notre prochaine rencontre avec le ministre et son équipe. »

Vingt et un ans après la fin de l’Apartheid, cette question est devenue une question récurrente, une surenchère même pour certains partis politiques. L’un d’entre eux, l’ANA a même attaqué la Saru devant les tribunaux pour « discrimination ». Il se trouve bien des voix pour rappeler qu’en théorie, une sélection devrait quand même se faire au mérite, mais elles ont bien du mal à se faire entendre. En tout cas, cette affaire du Mondial 2013 risque d’être le feuilleton de ces prochaines semaines.

Jérôme Prévot
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