Rob Andrew quitte la RFU : le départ d’une figure

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    Rob Andrew quitte la RFU : le départ d’une figure
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Après dix ans de bon et loyaux services, l’ancien ouvreur laisse sa place à Nigel Melville. Rob Andrew restera comme le créateur du fameux accord entre la RFU et les clubs d’Elite. Un pas décisif.

C’est une page qui se tourne à la fédération anglaise. Rob Andrew tire sa révérence après dix ans de présence au sommet de l’Institution. Il occupait la fonction de Directeur du Rugby professionnel après avoir été recruté en 2006 comme Directeur du Rugby d’Elite. Rob Andrew est une figure du rugby anglais depuis les années 80. Il fut d’abord un joueur international de premier plan, un demi d’ouverture rigoureux riche de 71 sélections (85-95) dont la carrière correspondit peu ou prou à la grande renaissance du rugby anglais du début des années 90 (la période Carling), il passa même quelques mois au Stade Toulousain en 1992-1993 quand une mutation professionnelle l’amena dans la ville rose. Il n’était pas un grand génie offensif, il n’était ni costaud ni rapide, mais il savait faire avancer une équipe. Ensuite, il prit tout de suite le train du rugby professionnel en devenant manageur de Newcastle, champion dès son accession en 1998 avec l’émergence d’un certain Jonny Wilkinson. En 2006, la RFU fit appel à ses services dans un contexte déjà trouble : le XV de la Rose peinait à confirmer son titre de Champion du Monde de 2003. La fédération le plaça à un poste stratégique, au carrefour des exigences de l’équipe nationale et de celui des clubs de l’Elite, toujours prêts à entamer un bras de fer avec l’institution. Rob Andrew peut déployer ses qualités de visionnaire, d’organisateur et de conciliateur. Il fut l’architecte du fameux accord de 2007 qui prévoyait une série de récompenses financières significatives pour les clubs qui faisaient confiance aux jeunes anglais tout en créant des groupes de « joueurs d’élite » proches de l’équipe nationale et destinés à être particulièrement protégés. Il put ainsi protéger la formation anglaise. Il travaillait ces derniers temps sur une nouvelle version de cet accord qui sera bouclé dans les semaines qui viennent.

 

Pourquoi s’en va-t-il ? Aucune raison officielle n’a été évoquée. Sans doute faut-il y voir la volonté de la RFU de tourner une page pour éviter l’usure du pouvoir et marquer une nouvelle ère avec l’arrivée d’Eddie Jones. Peut-être paye-t-il les nominations de Martin Johnson (2007) et de Stuart Lancaster (2011) au poste de sélectionneur, deux initiatives qui ont fini en eau de boudin en Coupe du Monde ? Peut-être aussi lui-a-ton reproché la politique de non-sélection des joueurs exilés en France (les frères Armitage et Abendanon) ? On connaît déjà le nom de son susccesseur : il s’agit de Nigel Melville, ancien demi de mêlée international (treize sélections dans les années 80) puis entraîneur des Wasps, devenu le patron du rugby américain depuis 2006.

Jérôme Prévot
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